SAINTE-JULIE – Les ouvertures pour la relève du Rocket de Laval n’abondent pas à Montréal. Est-ce que David Reinbacher et Florian Xhekaj pourront bousculer le portrait pressenti?
Avant tout, il faudrait que la malchance abandonne Reinbacher afin qu’il puisse rattraper le temps de développement qui lui a été subtilisé par sa blessure au genou gauche qui a provoqué de l’inflammation jusqu’au dernier match du printemps 2025.
« Il a été un peu malchanceux, on ne contrôle pas les blessures. Mais, depuis son retour, j’ai vu presque tous les matchs et il a été excellent », a répondu d’entrée de jeu Alex Burrows, consultant au développement des joueurs.
« Sa fluidité sur patins, il bouge vraiment bien et il a la tête haute. Il fait de bons jeux et il a un bon lancer. L’ensemble est là, c’est juste d’avoir plus de répétitions au niveau professionnel. Il est encore jeune et chaque jeune se développe à un rythme différent. Il a de très beaux atouts, un défenseur droitier de sa stature peut être très utile à l’organisation à long terme. On n’est pas pressés dans son cas, ça prendra le temps que ça prendra. Il a eu une belle progression et espérons qu’il pourra rester en santé pour jouer plus de matchs », a poursuivi Burrows.
La persévérance, ce fut la clé du succès menant à de longues carrières dans la LNH pour Burrows et Francis Bouillon.
D’après les dires de Bouillon, Reinbacher affiche le dévouement souhaité.
« Ça n’a pas été facile dans les dernières années avec ses blessures. Même quand il est revenu l’an passé, on voyait qu’il était un peu en arrière avec le Rocket, mais il a un grand potentiel et il est déjà sur la glace à Brossard (à s’entraîner avec des joueurs de l’organisation). Il veut s’améliorer, il a le bon état d’esprit. Ce n’est que du positif », a noté Bouillon.
Avec une brigade défensive composée de Lane Hutson, Noah Dobson, Mike Matheson, Kaiden Guhle, Alexandre Carrier, Jayden Struble et Arber Xhekaj, Reinbacher se situe présentement au huitième rang dans la hiérarchie.
Son potentiel élevé devrait lui permettre de modifier cet ordre à moyen terme tandis que les blessures, souvent inévitables, pourraient accélérer son ascension. N’empêche que la facilité de le céder avec le club-école, sans le soumettre au ballottage, le destine à passer plus de temps à Laval cette saison.
La hiérarchie, Florian Xhekaj s’en moque
Bousculer la hiérarchie, c’est en quelque sorte la spécialité de Florian Xhekaj. Il détient cette confiance en ses moyens pour s’imposer.
La saison dernière, il était plus réaliste d’imaginer qu’il ne se taillerait pas un poste avec le Rocket. En fin de compte, il a été la plus belle révélation de ce jeune groupe qui a cartonné sous les ordres de Pascal Vincent.
De plus, il a prouvé qu’il était en mesure de jouer au poste de centre au niveau professionnel. Il a conclu sa campagne avec 24 buts et 11 aides en 69 rencontres dans lesquelles il a parsemé 175 minutes au cachot.
« Je l’ai adoré la saison dernière. À 20 ans, de jouer de cette façon dans la LAH, il a connu toute une saison. Dans un rôle un peu plus défensif, comme centre du quatrième trio, il a été en mesure de marquer plusieurs buts », a vanté Burrows.
« Il possède un très bon lancer, mais c’est son esprit compétitif qui, je crois, va lui permettre de se rendre dans la LNH. Il aime la game et il est un bon joueur d’équipe qui défend ses coéquipiers. J’aime son moule et j’aime la personne. Il est encore jeune, il peut se développer davantage physiquement et avoir plus de répétitions au niveau professionnel. Il est sur la bonne voie », a-t-il poursuivi avec une étincelle dans les yeux.
Burrows a justement réussi à se démarquer dans la LNH grâce à un moule axé sur des qualités similaires sans une charpente aussi imposante.
« Il a très bien répondu particulièrement à son âge. Il n’avait pas froid aux yeux, je trouve ça inspirant. Il amène ses coéquipiers dans la bataille et ce, à chaque match. Ça augure bien pour l’avenir », a exposé le consultant au développement.
Hutson et Demidov, des cas exceptionnels
Pour cet article plus voué au développement, on aurait pu élaborer sur Lane Hutson et Ivan Demidov. Ces deux jeunes joyaux peuvent encore polir des facettes de leur arsenal, mais ils ont déjà prouvé l’unicité de leur talent.
Alors que peut-on apprendre à Hutson qui a étonné même pour résister au jeu physique.
« Lane a démontré de très belles choses. C’est l’expérience, tu apprends avec le bagage. Tu apprends aussi en parlant aux autres joueurs et en voyant des choses sur la glace et à travers la LNH. Avec les séries, on a énormément appris comme équipe, il reste juste à progresser et élever la barre », a répondu Bouillon à propos de cet élève surdoué qui ne fait pas souvent répéter les professeurs.
Quant à Demidov, Bouillon ne cache qu’il est, lui aussi, épaté par ses habiletés.
« Énormément! Il faut lui donner du temps et ne pas lui imposer trop de pression. Oui, il doit peaufiner des éléments dans son jeu, mais c’est normal à son âge. Son talent est assez spectaculaire. »
Pour revenir à l’analogie avec le milieu scolaire, Joshua Roy se classe probablement parmi les élèves très doués qui ont besoin de se faire rappeler de travailler un peu plus fort.
La différence avec l’école, c’est qu’on arrive plus vite à la croisée des chemins dans le sport professionnel.
« Josh, on l’aide beaucoup. Le groupe d’entraîneurs passe du temps chaque jour avec les joueurs. Il a beaucoup d’habiletés, ses touches sont exceptionnelles. Son talent offensif, sa vision, son calme, on sait tous qu’il a ces qualités. On veut parfois qu’il soit plus combatif, qu’il amène un peu plus d’énergie dans ses présences. Il est sur la bonne voie, il est encore jeune et il apprend à jouer au niveau professionnel. On espère qu’il aura connu un gros été et qu’il sera prêt à prendre une place », a conclu Burrows.





