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Daniel Jacob, les listes et « l’ouverture d’esprit » du Canadien

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MONTRÉAL – Quand le Canadien a dû remplacer Jean-François Houle en catastrophe il y a deux ans, les noms de plusieurs entraîneurs québécois ou francophones ont meublé les spéculations quant à l’identité de son éventuel successeur. Ce sont à peu près les mêmes noms qui ont refait surface dans le dernier mois, après l’annonce du départ de Pascal Vincent.

Celui de Daniel Jacob n’apparaissait pas sur une tonne de listes.

Jacob a une feuille de route bien garnie. Il a été adjoint pendant quatre saisons dans la LHJMQ avant de monter avec Joël Bouchard dans la Ligue américaine. Il a été le bras droit de Bouchard pendant trois ans à Laval, puis l’a suivi à San Diego et Syracuse. Il y a deux ans, il était rentré au Québec et épaulait depuis Vincent avec le club-école du Canadien.

Sa réputation est aussi impeccable. Il est reconnu comme un excellent communicateur et un travailleur acharné, des traits qu’il a lui-même utilisés pour se décrire lundi à sa première prise de parole depuis l’annonce de son embauche comme entraîneur-chef du Rocket.

Certains entraîneurs vont avoir de belles et longues carrières assumées dans un rôle d’adjoint. D’autres vont faire leur chemin avec certaines ambitions sans jamais décrocher la promotion espérée.

Après l’avoir vu apprendre son métier dans un rôle d’assistant pendant onze années, peut-être que certains auront commis l’erreur de mettre Jacob dans une case. Ceux-là auront fait fausse route.

« C’est comme les joueurs, a suggéré l’homme de 45 ans. Des fois, on va étiqueter un peu les joueurs et ça va leur nuire, mais d’un autre côté il faut être ouvert d’esprit et je pense que c’est ce que le Canadien démontre présentement. Veux, veux pas, je vais être à ma sixième année avec l’organisation. À un moment donné, c’est de bien faire les choses, de traiter les gens avec respect autour de toi. Et je pense que le timing était bon. L’organisation me connaît et je connais organisation, je connais les joueurs. Je pense que le fit était bon de ce côté-là.

Jacob dit avoir développé « depuis quelques années » le désir d’être un jour entraîneur-chef. Il avait d’ailleurs été rencontré il y a deux ans avant que le Canadien n’arrête son choix sur Vincent.

« Ça s’était super bien passé et je pense que [l’annonce d’aujourd’hui] c’est un peu la continuité. Quand Pascal est parti, on a jasé. C’était très organique et me voici devant vous aujourd’hui. »

« Tu ne peux pas réussir sans cette passion » Daniel Jacob rencontre les médias à la suite de sa nomination à titre d'entraîneur-chef du Rocket de Laval.

Celui qui était en charge des défenseurs du Rocket voit sa prochaine mission ainsi : il se trouve devant une toile sur laquelle Vincent et lui ont dessiné leur projet – ses grandes lignes comme ses menus détails – depuis deux ans. Il pourra maintenant y ajouter sa couleur. « C’est d’amener ma touche à moi, mais de rester moi-même. »

Il existe un mythe persistant dans le monde du hockey selon lequel un entraîneur-chef est ce personnage un peu plus autoritaire sur qui repose le poids des décisions difficiles. L’adjoint, dans ce cliché, est le bon gars qui, avec une bonne paire de gants blancs, va aller s’assurer que le groupe vit bien avec ces décisions.

Jacob explique que ses supérieurs lui ont donné beaucoup de latitude dans sa carrière et qu’il n’aura pas à devenir quelqu’un qu’il n’est pas pour passer ses messages. Les joueurs qui l’ont connu dans ses fonctions antérieures le reconnaîtront dans ses nouvelles responsabilités.

« Un coach, ce n’est pas nécessairement un changeur de lignes. C’est quelqu’un qui va gérer des individus, qui va gérer des émotions, qui va gérer des égos. Pascal a été tellement généreux ces deux dernières années, il m’a laissé beaucoup de place. Je te dirais que j’embarque là-dedans et je reste moi-même. À part signer la feuille de match, il n’y a pas grand-chose qui va changer. Je demeure moi-même avec ma façon d’enseigner, ma façon d’être détaillé, d’être travaillant et puis on va de l’avant. »

Diplômé de l’Université McGill, Jacob se considère comme un enseignant qui tient à ce que ses élèves comprennent le « pourquoi » derrière ses consignes.

« Je crois fermement que les joueurs ont besoin de savoir qu’à chaque jour, ils auront la même personne devant eux. C’est cette constance qui permet de garder les canaux de communication bien ouverts. J’ai travaillé avec d’excellents entraîneurs desquels je peux garder un paquet de petits trucs. Mais ultimement, je suis qui je suis. Vous aurez toujours l’heure juste avec moi. »

Jacob a confirmé que Martin Laperrière, adjoint à Laval depuis la saison 2021-2022, restera à ses côtés derrière le banc. « Il n’y avait aucun doute dans mon esprit que Martin prendrait ma place à la défense. » Ilia Ejov, qui a pris la place de Marco Marciano la saison dernière, restera en poste, tout comme l’entraîneur vidéo Charles Juneau.

« Pour le reste, c’est sûr et certain que je vais avoir mon mot à dire, mais je pense qu’on va faire ça en équipe comme on a toujours fait. C’est de trouver la bonne personne avec les bonnes valeurs pour venir nous appuyer là-dedans. »