William Dandjinou n’a pas patiné aux Jeux olympiques de Pékin, en 2022. Il était alors réserviste au sein de la puissante délégation canadienne. L’histoire sera tout sauf la même à Milan-Cortina.
Quand il se présentera aux JO de 2026, le Sherbrookois âgé de 24 ans sera l’un des favoris pour grimper sur la plus haute marche du podium, sur plusieurs distances.
« J’ai parcouru beaucoup de chemin en quatre ans, a-t-il raconté lors de la journée des médias organisée par le Comité olympique canadien (COC), en mai dernier. Je suis très fier de moi, mais aussi très fier de notre équipe.
« Il y a quatre ans, nous étions une équipe vraiment différente. Il y a beaucoup de jeunes qui montent et les vétérans prennent vraiment leur place de vétérans. On va vraiment dans la bonne direction en ce moment. C’est vraiment encourageant, autant pour les succès individuels que les succès en équipe. Je ne vivrais ça avec aucune autre équipe. »
Dandjinou est champion du monde en titre aux 1500 m et au relais 5000 m – en compagnie de Steven Dubois, Maxime Laoun et Félix Roussel – en plus d’avoir terminé deuxième au 1000 m, derrière Dubois. Il a ajouté le titre mondial au relais 2000 m mixte, en compagnie de Dubois, Kim Boutin et Florence Brunelle.
Lors des deux dernières saisons du Circuit mondial de l’ISU, incluant celle l’automne dernier, Dandjinou s’est adjugé le globe de cristal. Dire qu’il aura une cible dans le dos sur la patinoire du Forum Unipol, dans la banlieue d’Assago, tient de l’euphémisme. Ressent-il de la pression?
« Si on m’avait posé la question il y a six mois, j’aurais dit: ‘Définitivement pas’. Maintenant, un peu plus, admet Dandjinou. Ça vient avec le fait que je sois favori sur plusieurs distances, et que l’équipe est favorite aussi.
« C’est vrai qu’on dit que la pression, c’est un privilège. Mais si je ne ressentais pas cette pression, c’est que je ne croirais pas en mes chances de médaille. Et je n’aurais pas cette cible dans le dos si je n’avais pas eu ces résultats. Il y a une certaine gestion à faire au niveau émotionnel, mais nous sommes très bien entourés pour y faire face. Ça m’a aussi donné un petit ‘boost’ de confiance en entrant dans cette saison olympique. »
Faire ses classes
Dandjinou estime avoir fait ses classes afin de se présenter dans ce rôle de favori en Italie. Ça n’a pas toujours été acquis qu’il pourrait briller au plus haut niveau.
En partant, il détonne sur la scène mondiale avec ses 191 centimètres (six pieds deux pouces).
« On m’a toujours dit que j’étais trop grand pour le courte piste. Non seulement je ne suis pas trop grand, mais on commence à voir plusieurs patineurs de mon gabarit, dont mon coéquipier Roussel, un excellent patineur, souligne-t-il avec justesse. Je pense que ça fait partie de la ‘game’ de tenter de trouver de nouvelles façons de gagner. Je pense que j’apporte quelque chose au sport et je suis fier de ça. C’est certain que j’ai dû adapter mes techniques, mais ça fait partie de l’apprentissage. »
Cet apprentissage, il s’est fait à tous les niveaux. Après une récolte de cinq médailles pour le Québec aux Jeux du Canada de Red Deer, en 2019, il a représenté l’unifolié aux Mondiaux juniors de 2019 et 2020, perçant trois fois le top-20, faisant son entrée sur le circuit de la Coupe du monde lors de la saison 2019-20.
Aux JO de 2022, il s’est contenté du rôle de réserviste, mais il estime avoir beaucoup appris de l’expérience.
« J’ai vu que c’était tout un processus, a dit celui qui a remporté son premier titre national l’année suivante, en 2023. On a tendance à penser qu’une fois qu’on est sélectionné au niveau national, c’est terminé. Mais il reste encore plusieurs étapes avant de se qualifier pour les Olympiques. Il faut être en bonne santé mentale et physique dans chacune des étapes, il ne faut surtout pas brûler ces étapes. »
Dandjinou a été officiellement nommé pour Milan-Cortina en décembre.
Il peut désormais mettre toute sa concentration sur l’objectif de monter sur le podium sur la plus haute scène qui soit.
« C’est rare que je commence une course sans me dire que je veux la gagner, dit-il. Mais je n’avais pas les résultats pour venir m’appuyer avant l’an dernier, peut-être juste un excès de confiance!
« Il n’y a toutefois rien qui m’est dû, comme à personne dans ce sport. Si je fais un travail à la hauteur de mes capacités, ça peut mener à une médaille. Je vais arriver là avec le même désir de gagner. Mais ce désir, je ne serai pas le seul à l’avoir sur la ligne de départ », a-t-il résumé.
Les compétitions de patinage de vitesse sur courte piste auront lieu du 10 au 20 février.






