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Dandjinou est prêt pour son entrée en scène; Sarault évite les projecteurs

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Le patineur de vitesse courte piste canadien William Dandjinou pose avec une sculpture d'un orignal dans le Village olympique aux Jeux de Milan-Cortina 2026, le mardi 3 février 2026, à Milan, en Italie. (AP Photo/Antonio Calanni) (Antonio Calanni)

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ASSAGO — Vingt-quatre ans après que l’expression « C’est tellement Marc Gagnon » eut résonné un peu partout à travers le Québec, la province se prépare telle à vivre un phénomène similaire avec William Dandjinou?

« Je ne sais pas s’ils vont se réinventer et avoir un meilleur slogan, parce qu’en fait, celui-là était correct, mais ce serait bien qu’il y en ait un spécifiquement pour ‘Will’ », a déclaré Marc Gagnon dans les coulisses de l’Aréna de patinage de Milan.

L’expression « C’est tellement Marc Gagnon » était née dans une publicité de Coca-Cola durant les Jeux olympiques de 2002 à Salt Lake City et elle était devenue virale.

« Ça m’avait sauté au visage quand nous étions revenus des Jeux parce que les publicités avaient commencé à jouer pendant que nous étions là-bas, a expliqué Gagnon. Je n’avais même pas vu la publicité et je n’en connaissais rien, puisque ce n’était pas quelque chose que nous avions développé ensemble.

« Mais encore aujourd’hui, je me le fais dire souvent, plus de 20 ans plus tard », a-t-il ajouté.

Gagnon est aujourd’hui l’entraîneur-chef de l’équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste. Le quintuple médaillé olympique espère voir ses protégés battre au cours des prochaines semaines à Milan la marque canadienne de six médailles dans cette discipline – une marque établie en 2002, quand Gagnon avait contribué à la récolte de la moitié de ces médailles.

Cette fois, Dandjinou est le chef de file de l’équipe canadienne chez les hommes, lui qui a remporté les deux derniers Globes de cristal sur le Circuit mondial de l’ISU.

Charismatique, articulé et avec un petit côté flamboyant, Dandjinou pourrait vite devenir la coqueluche canadienne des Jeux de Milan-Cortina.

Le Montréalais âgé de 24 ans, dont le père est d’origine ivoirienne, pourrait ainsi progresser dans son rêve de « démocratiser » le patinage de vitesse courte piste – le rendre plus populaire auprès des jeunes de tous les horizons.

À ses premiers Jeux olympiques, Dandjinou ressent déjà l’ampleur de la scène que représente l’événement sportif international le plus important au monde.

« J’ai quand même été surpris de voir que des athlètes d’autres sports voulaient prendre des photos avec nous. Ça ne m’est jamais arrivé, a mentionné Dandjinou, plus tôt cette semaine. Normalement, le patinage de vitesse, ce n’est pas nécessairement le sport le plus populaire. Mais je pense qu’avec la façon dont nous sommes présentés dans les médias et les bons résultats que nous avons obtenus, nous sommes allés chercher un peu plus de visibilité. »

Dandjinou a gagné 11 médailles en quatre étapes du Circuit mondial de l’ISU cet automne. Il en avait remporté quatre aux Championnats mondiaux le printemps dernier, décrochant au passage le titre au 1500 mètres. Dandjinou aura une cible dans le dos lors de chaque épreuve à laquelle il participera entre le 10 et le 20 février à Milan.

« À l’approche des compétitions, on me demande souvent combien de médailles je veux, mais c’est difficile à dire parce que ce sont mes premiers Jeux, a rappelé Dandjinou. Je ne peux pas dire que je serais déçu si je ne gagnais qu’une médaille, même si c’est sûr que je suis capable d’en gagner cinq. »

Et peu importe ses performances, il prévoit déjà laisser sa marque sur les Jeux à sa façon.

« J’ai peut-être quelques surprises pour vous pour rajouter un peu de visibilité, a-t-il confié. J’ai des idées créatives qui vont, je pense, se représenter dans mon habillement pendant les Jeux. »

Dandjinou pourra aussi toujours compter sur Gagnon s’il a besoin de conseils pour gérer ce qui pourrait devenir son entrée en scène dans le paysage médiatique et culturel du Québec.

Sarault, plus loin des projecteurs

À l’autre bout du spectre dans l’équipe canadienne, on retrouve d’autres patineurs courte piste qui préfèrent se tenir plus loin des micros et des caméras.

Alors qu’au départ, les 10 membres de l’équipe devaient être disponibles pour la seule disponibilité média officielle sur place à Milan avant le début des compétitions, trois patineuses ont finalement pris congé de cette responsabilité.

Parmi elles, on retrouvait la championne du Globe de cristal cet automne, Courtney Sarault. Cette dernière a remporté 14 médailles lors des quatre étapes du Circuit mondial.

La Néo-Brunswickoise âgée de 25 ans se tient toutefois plus loin des projecteurs que Dandjinou. Sarault a cependant dû surmonter d’importants obstacles physiques et psychologiques au cours du dernier cycle olympique.

Aux Jeux de Pékin en 2022, elle avait raconté avoir eu de la difficulté à simplement se présenter à la ligne de départ suivant une déception lors de l’épreuve précédente, quelques jours plus tôt. Gagnon croit que Sarault est maintenant mieux équipée pour braver la tempête à Milan-Cortina, surtout qu’elle aura elle aussi une cible dans le dos.

« Si elle avait été dans la même position (championne en titre du Globe de cristal) il y a quatre ans, je pense qu’elle aurait explosé, a admis Gagnon. Et je ne peux pas dire qu’elle ne ressent pas de stress présentement.

« Nous devons ramener ses pensées sur les choses qu’elle peut contrôler, c’est-à-dire les choses qu’elle peut faire chaque jour pour être mieux préparée, a-t-il poursuivi. Et c’est de rendre tout ça plus léger pour qu’elle laisse tomber les réflexions sur, encore une fois, toutes les choses qu’elle ne contrôle pas. »

Gagnon espère également que le fait d’avoir établi un objectif de groupe – sept médailles – enlèvera un peu de pression sur les individus.

« Elle (Sarault) ne ressent pas que c’est juste elle qui doit y participer, mais il reste qu’elle va participer aux trois épreuves individuelles et qu’elle aura donc trois chances de réussir ou non, a reconnu Gagnon. C’est une grosse commande quand même et c’est sûr que ça amène du stress. »

Les premières courses de patinage de vitesse courte piste auront lieu mardi. Les préliminaires au 500 mètres chez les dames et au 1000 mètres chez les messieurs sont à l’horaire. On remettra aussi les premières médailles de la discipline au relais mixte 2000 mètres.