Jeux olympiques

Les athlètes russes de retour : le Canada « consterné »

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ARCHIVES - Le secrétaire d'État aux Sports, Adam van Koeverden, s'exprime lors d'une conférence de presse à Vancouver, le vendredi 1er mai 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Ethan Cairns (ETHAN CAIRNS)

Le Canada s’oppose à l’assouplissement par le Comité international olympique (CIO) de la suspension des athlètes russes.

Cette mesure, annoncée mardi, s’appliquerait aux Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles, ouvrant ainsi la voie à la participation des athlètes russes. Toutefois, le CIO précise qu’il décidera ultérieurement s’ils pourront concourir avec le drapeau et l’hymne russes.

« Je suis consterné par la décision du CIO », a écrit le secrétaire d’État aux Sports, Adam van Koeverden, ancien athlète olympique.

« La Russie et le Bélarus ne devraient pas être représentés dans les compétitions sportives internationales tant que l’invasion illégale et injustifiable de l’Ukraine par la Russie se poursuit », a-t-il ajouté.

Il a précisé que le Canada n’autoriserait aucun athlète russe à participer à des événements sportifs nationaux financés par Ottawa.

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a suggéré que la décision du CIO pourrait «risquer de normaliser la guerre d’agression illégale menée par la Russie contre l’Ukraine».

Le comité exécutif du CIO a recommandé la suspension de la Russie et du Bélarus à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 et de l’autorisation accordée par le Bélarus à la Russie d’utiliser son territoire comme base militaire.

Plusieurs autres instances dirigeantes du sport international, dont la FIFA, ont emboîté le pas, tandis que certaines ont autorisé les athlètes russes à concourir uniquement à titre individuel neutre, sans drapeau russe.

Certaines fédérations ont depuis levé ces restrictions, notamment World Aquatics, qui a autorisé les athlètes russes à participer aux compétitions de natation en avril.

Depuis octobre 2023, le CIO vérifiait les liens des athlètes russes et bélarusses avec les services militaires et de sécurité, et autorisait certains à concourir en tant qu’«athlètes neutres individuels» sous une bannière générique. Une vingtaine d’athlètes ont ainsi participé aux Jeux olympiques d’hiver d’Italie en février.

Depuis cette semaine, cette vérification n’est plus requise, le CIO ayant provisoirement levé les restrictions.

«Nous ne voulons pas tenir les athlètes responsables des actions de leurs gouvernements », a déclaré la présidente du CIO, Kirsty Coventry, lors d’une conférence de presse en ligne cette semaine.

Double médaillée d’or olympique en natation pour le Zimbabwe, Coventry a déclaré qu’il s’agissait d’une décision juste et a ajouté : « Je ne serais pas là si j’avais dû en payer le prix lorsque mon pays traversait des moments difficiles et était sous sanctions .»

Le Zimbabwe a fait l’objet de sanctions dans les années 2000 de la part de pays comme le Canada, qui invoquaient de graves violations des droits de l’homme et des violences politiques sous l’ancien président Robert Mugabe.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a salué cette décision mercredi.

« C’est une étape importante vers le rétablissement des droits légitimes de nos athlètes à participer aux compétitions internationales », a-t-il déclaré.

Le CIO a précisé que les représentants du gouvernement russe restent interdits d’accès aux épreuves olympiques.

Les directives du CIO visant à réintégrer les Russes dans les compétitions internationales ne sont pas contraignantes pour les instances dirigeantes des différents sports.

Le Canada n’est pas le seul à critiquer la décision du CIO. Jeudi, l’Estonie a demandé à l’Union européenne de retirer son financement au CIO en raison de la décision concernant la Russie, et la Norvège, le Royaume-Uni, la Lettonie et la Suède ont également exprimé leur opposition.

D’autres pays ont accueilli favorablement cette décision, y voyant un geste d’apaisement. Le Conseil olympique d’Asie (OCA), qui représente le Mouvement olympique asiatique, a déclaré mardi dans un communiqué se féliciter de la décision du CIO.

« L’OCA partage la conviction du CIO que la participation des athlètes aux compétitions internationales ne devrait pas être entravée par les guerres ou les conflits qui secouent leur pays d’origine », indique le communiqué.

En février, le président de la FIFA, Gianni Infantino, avait déclaré que la FIFA pourrait envisager de lever l’interdiction de participation imposée à la Russie – le pays n’étant pas autorisé à participer aux qualifications pour la Coupe du monde 2022 ni 2026. La FIFA a annoncé cette semaine qu’elle analyserait la décision du CIO avant de se prononcer.