Le flag football a été ajouté au programme olympique des Jeux de Los Angeles en 2028. Si tout le monde se doute que les Américains y seront les favoris, qu'en est-il du Canada?
Les équipes nationales féminine et masculine amorceront ce week-end leur route vers les Jeux de Los Angeles aux Championnats continentaux des Amériques, disputés à Panama City, au Panama. Huit des 12 membres de l'équipe nationale masculine, dirigée par l'ancien entraîneur de la LCF Paul LaPolice, viennent du Québec, dont l'ex-joueur de la NFL Antony Auclair. La formation féminine, bien qu'elle soit le résultat d'une sélection nationale, provient entièrement de La Belle Province.
« C'est un concours de circonstances, mais ça a sûrement à voir avec la force de votre réseau de développement au Québec », a indiqué de Panama City le directeur général de Football Canada, Kevin McDonald, en parlant des nombreuses écoles secondaires offrant le sport aux jeunes filles dès la première secondaire.
Le tournoi réunit les meilleures équipes nationales de l'Amérique du Nord, de l'Amérique centrale, de l'Amérique du Sud et des Caraïbes. Il s'agit d'une étape importante pour les Canadiens, qui occupent actuellement le 12e rang mondial, en route vers une éventuelle qualification olympique. Les dames, entraînées par la Québécoise Rachel Lessard, viennent au sixième échelon sur la planète.
« Les cinq premiers au classement se qualifieront pour les Mondiaux de 2026, qui auront lieu à Düsseldorf, en Allemagne », a expliqué LaPolice lorsque joint lundi par La Presse Canadienne, avant de lancer le mini-camp préparatoire de deux jours des siens, au Collège Bourget de Rigaud.
La tâche des Canadiens ne sera pas facile dans ce tournoi, alors que les États-Unis, quintuples champions du monde en titre et premiers au classement mondial, ainsi que le Brésil, 17e, seront dans son groupe.
« Nous savons que nous affrontons de très bonnes équipes, a noté LaPolice. Et dans l'autre groupe, il y aura le Panama (9e) et le Mexique (3e), deux très bonnes équipes. La tâche ne sera pas facile!
« Le Mexique a un excellent programme, bien financé, qui fait appel à plusieurs joueurs qui ont joué dans des universités américaines, et certains dans la LCF, même. C'est une équipe bien dirigée, comme celle du Panama. Nous sommes toutefois très confiants envers le groupe de 12 joueurs qui vient avec nous au Panama », a-t-il ajouté.
Les Championnats continentaux permettront aux équipes du Canada d'engranger de précieux points pour améliorer leur sort au classement mondial, car le tournoi olympique ne sera pas ouvert à tous: seules six nations seront de la partie.
« C'est une première occasion importante sur la scène internationale pour nos sélections et nous visons de bonnes performances dans les tableaux », a souligné McDonald.
Par hasard
LaPolice a été récemment embauché pour diriger la formation canadienne jusqu'aux Jeux de Los Angeles. L'homme de 55 ans possède tout un CV : il a été nommé deux fois l'entraîneur-chef par excellence dans la LCF, à Winnipeg et Ottawa, et a remporté deux fois la coupe Grey. Il était depuis quelques saisons un analyste apprécié des rencontres de la LCF sur les ondes de la chaîne TSN. Il n'avait pas besoin de se lancer dans cette aventure qui est toute sauf assurée. Comment a-t-il obtenu ce poste?
« Kevin m'a appelé en janvier dernier pour me demander de faire partie du comité de sélection de l'entraîneur-chef de l'équipe nationale [masculine]. Dans le passé, lorsqu'une équipe représentait le pays aux Mondiaux, elle venait de gagner les Nationaux; il ne s'agissait pas d'une équipe d'étoiles. Avec l'admission du sport aux JO, le Canada a décidé de s'assurer de faire les choses de la bonne façon et pour la première fois, nous avons décidé d'y aller avec sélection », a d'abord raconté LaPolice.
Au fil des conversations, LaPolice s'est mis à penser que de participer aux JO serait fantastique. Il a alors demandé à McDonald ce qu'il devait faire pour être considéré.
« Il fallait que je démissionne du comité et pose ma candidature. Au départ, je n'étais pas certain. Mais j'y ai pensé davantage, j'en ai parlé à des amis. (...) Éventuellement, on croit qu'il y aura des athlètes professionnels dans cette équipe, et je sais comment diriger des professionnels. J'ai donc passé par le processus et j'ai obtenu le poste », a résumé l'ex-entraîneur de la LCF.
LaPolice veut amener cette mentalité de sport professionnel à sa formation.
« Je veux leur montrer ce qui gagne des matchs et porter leur niveau d'exécution au plus haut niveau, a-t-il dit. Il faut qu'ils apprennent ce qui donne des victoires. »
Et LaPolice sait par où commencer pour améliorer son équipe.
« Ce qu'il faut améliorer, c'est l'entraîneur-chef! Les joueurs connaissent mieux les règles du flag football que moi présentement, a-t-il admis en riant. Nous avons eu notre premier tournoi en juin, l'International Bowl, où nous avons surpris les quintuples champions du monde, les États-Unis — ç'a vraiment fait sourciller les gens cette victoire, car les États-Unis n'ont pas perdu un match en huit ans —, l'Australie et le Japon deux fois, dont en finale.
« Nous avons de bons éléments. Je pense au quart Michael O'Connor, qui a joué quatre saisons dans la LCF après avoir étudié à Penn State en vertu d'une bourse complète. Nous devons apprendre à jouer ensemble, car nous n'avons que quatre matchs d'expérience avec ce groupe. C'est pourquoi le tournoi de Panama City est une si belle opportunité », a rappelé LaPolice.
Le groupe s'est envolé mercredi vers Panama City. Le tournoi aura lieu du 12 au 14 septembre.





