MONTRÉAL — Pour la première fois depuis 2014, Justine Dufour-Lapointe amorce une saison olympique en ayant autre chose que les Jeux en tête.
En 2026, la skieuse de 31 ans tentera non seulement de remporter un troisième titre sur le Freeride World Tour, mais aussi de devenir la première championne du monde de l’histoire dans sa nouvelle discipline.
C’est donc « très excitée » et l’esprit « très en paix » qu’elle aborde cette nouvelle saison.
« Je m’attendais à ce que ça me fasse de la peine, mais au contraire. Je suis tellement heureuse et épanouie dans ce que je fais maintenant, » a confié Dufour-Lapointe lors d’un entretien avec La Presse Canadienne, jeudi à Montréal, à quelques jours de son départ pour l’Europe.
« Je suis même heureuse de ne pas être là-dedans présentement et de pouvoir le vivre d’un peu plus loin. Nous avons une pause olympique nous aussi et j’en profiterai pour être analyste en ski acrobatique ici au Québec. C’est une opportunité qui m’emballe, j’ai hâte. »
Dufour-Lapointe pourrait néanmoins renouer avec les Jeux olympiques en 2030, puisque le ski de ‘freeride’ pourrait bien y faire son apparition, dans les Alpes françaises.
« Il y a clairement une opportunité (pour les JO), a indiqué la Québécoise. C’est un sport qui est plaisant à regarder, c’est magnifique. On skie sur une montagne vierge qui n’a jamais été touchée et qui a été protégée pendant 30 jours. C’est vraiment l’apogée pour les skieurs, mais aussi pour les amateurs. »
La première étape pour faire son entrée aux Jeux en tant que sport était de tenir des Championnats du monde, de concert avec la Fédération internationale de ski, et c’est ce qui surviendra en 2026, à Andorre, du 1er au 6 février.
« C’est certain que c’est gros pour moi, car j’ai la chance de pouvoir devenir la première à décrocher un titre de championne du monde dans deux disciplines distinctes (après le ski de bosses en 2015) », a expliqué Dufour-Lapointe.
« Ça va également permettre à notre sport d’atteindre un autre niveau. C’était non seulement un passage obligé pour être considéré par les Olympiques, mais ça va aussi permettre d’avoir plus de visibilité. Le Freeride World Tour n’est pas très connu encore, surtout en Amérique, donc ça va nous permettre de rejoindre beaucoup plus de monde. »
Dufour-Lapointe est la seule Québécoise sur le circuit actuellement et elle espère que les Championnats du monde (et peut-être les Jeux olympiques à compter de 2030) permettront à la prochaine génération de s’initier à ce sport.
« Ça me fait chaud au cœur de savoir que ça va peut-être inspirer des jeunes d’ici, a-t-elle dit. Le Freeride World Tour, c’est une bibitte en soi. Le fait d’avoir des Championnats du monde et peut-être des Olympiques, ça va démocratiser la discipline. »
Une nouvelle figure sur le circuit?
Dufour-Lapointe a été sacrée championne lors de ses deux participations au Freeride World Tour, en 2023 et 2025, mais n’allez pas croire que ces deux titres feront en sorte qu’elle va se reposer sur ses lauriers, loin de là.
La skieuse a comme objectif de réaliser un ‘cork 7’ cette saison, une figure qui n’a jamais été réussie encore sur le circuit.
Cette figure combine un saut, une rotation de 720 degrés (deux tours complets) et une désynchronisation arrière. Elle l’avait pratiquée pendant des années en vue des Jeux de Pékin (2022), mais la faire en ‘freeride’ est une toute autre histoire.
« Mon but est de repousser mes limites et c’est pour ça que je vais la tenter cette année, je ne sais pas quand ni comment je vais pouvoir la faire, mais je travaille fort à l’entraînement pour être prête lorsque l’occasion se présentera », a expliqué Dufour-Lapointe.
« C’est un gros défi d’amener une nouvelle figure dans un sport aussi imprévisible, mais je veux marquer l’histoire du sport, a-t-elle ajouté. Le temps file, les filles poussent de plus en plus et je veux faire partie de cette vague de femmes qui amènent le sport à un autre niveau. »




