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Le monopole des bottes jaunes

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Arnaud Gaudet

Quiconque assiste à une compétition de surf des neiges alpin constatera une chose bien particulière : peu importe leur pays, la quasi-totalité des athlètes chausse le même modèle de bottes, couleur jaune moutarde.

Cette domination de la compagnie suisse Mountain Slope ne s’explique pas par son gros budget de commandite, mais bien parce que ce sont les planchistes qui ont adopté en masse le modèle Point .951 World Cup. Non plus parce qu’elles offrent la plus récente technologie, mais parce qu’elle est la meilleure pour les athlètes.

« C’est une botte des années 1980-1990 et c’était le meilleur design de botte. La compagnie a fait faillite, elle n’a plus été en production pendant 20 ans et les bottes (d’occasion) se vendaient comme de l’or », explique Arnaud Gaudet, médaillé de bronze, samedi, au slalom géant en parallèle de Val Saint-Côme.

Benjamin Karl, double champion olympique et gagnant à l’épreuve du lendemain à la station de Lanaudière, confirme les propos de Gaudet. Plusieurs planchistes étaient prêts à payer une fortune pour mettre la main sur la première génération de bottes avant que le modèle ne soit relancé au milieu des années 2010.

« J’avais une paire qui avait 20 ans et elle valait 3500 € (5 530 $ canadiens). C’était incroyable! Ensuite, le nouveau modèle a été développé et les prix des anciennes sont tombés. Les nouvelles bottes sont très bonnes! Je pense même que 100 % des hommes dans le circuit les portent », avance l’Autrichien de 40 ans, désormais connu pour avoir célébré torse nu dans la neige à Milan-Cortina.

Aujourd’hui, le prix d’une paire de bottes neuves se détaille à environ 800 € (1 265 $ canadiens).

« Il y a dix ans, il y avait plusieurs modèles dans le circuit, mais tout le monde a changé pour ce modèle, car c’est le meilleur », poursuit Karl, qui a agi à titre de consultant auprès de Mountain Slope dans le développement de la version 2.0. Il préfère toutefois utiliser le mot « partenariat » plutôt que « commandite » à propos de son lien avec le fabricant.

Aurélie Moisan dévale elle aussi les pentes avec des bottes jaunes aux pieds, appréciées pour leur rigidité en torsion et en flexion, sans oublier la possibilité de changer la tension des ressorts selon les parcours et les conditions de piste.

« Tout le monde a les mêmes bottes et c’est pas mal la meilleure. Il n’y a pas tant de marques de bottes. Ce sont juste les meilleures », reconnaît l’olympienne.

Est-ce que le monopole des bottes jaunes durera encore longtemps? Disons qu’il faudrait une grande percée technologique pour que les choses commencent à changer.