C'est maintenant officiel, je participerai à mes premiers Jeux olympiques dans deux semaines!

Mais comme ce seront mes premiers et derniers Jeux, je tenterai évidemment le tout pour le tout. J'ai l'intention de connaître une bonne qualification pour ensuite offrir tout un spectacle en finale.

Les épreuves de bosses seront présentées dans les premiers jours des Jeux et c'est tant mieux. Mes coéquipiers et moi aurons l'occasion de vivre l'aventure olympique à fond, car nous serons en mesure de nous amuser et d'encourager nos compatriotes après notre compétition.

Parlant de mes coéquipiers, les bons résultats de Jennifer Heil et Alexandre Bilodeau sur le circuit de la Coupe du monde cette saison nous motivent énormément. Je m'inspire beaucoup d'Alexandre, qui en met toujours plein la vue avec ses sauts!

De mon côté, je continue de miser sur ma technique et ma vitesse, mes deux points forts. Puisque je n'essaierai pas les sauts les plus difficiles, je dois également m'assurer que les atterrissages soient parfaits. Cela a l'air bien simple à première vue, mais cela demeure un exercice compliqué. La preuve, c'est que je n'ai pas nécessairement obtenu des résultats probants sur le circuit de la Coupe du monde cette saison.

Cependant, je sais que la médaille d'or demeure très accessible, car les juges récompensent une bonne technique, ma marque de commerce depuis le début de ma carrière. Bref, j'arriverai aux Jeux gonflé à bloc.

En parfaite santé

Comme vous l'avez peut-être remarqué, je n'ai pas participé à la dernière Coupe du monde de Lake Placid, car je savais que ma place dans la sélection canadienne était virtuellement assurée.

Je devais terminer parmi les 10 premiers pour améliorer mon sort, mais lorsque j'ai vu Maxime Gingras sortir de piste pendant les qualifications, j'ai su que cela y était.

Pour être honnête, la piste de Lake Placid ne met pas du tout en valeur mes forces, car elle est extrêmement carrée. Cela veut dire que tout le monde - tant les filles que les gars - arrive à la même vitesse dans les sauts. Et comme ce genre de pistes est généralement très dur sur les articulations, j'ai préféré passer mon tour, d'autant plus que je m'étais déplacé une vertèbre. Dans les faits, j'ai pris une pause parce que je savais que le top 10 m'était difficilement accessible et, car j'avais tout simplement besoin de repos.

Chose certaine, je devrais être à 100 pour cent lorsque les Jeux se mettront en branle. Je suis aussi ennuyé par une blessure à un ménisque, mais c'est plus inconfortable que souffrant.

Une piste à notre goût

Comme je l'ai mentionné précédemment, mon niveau de confiance est présentement très élevé, même si je n'ai pas encore skié comme je l'aurais voulu cette année.

C'est qu'en contexte de qualifications olympiques, tu ne veux pas rater ton coup, tu n'oses pas prendre autant de risques. Bref, tu ne vises pas la victoire, mais plutôt une cinquième place. Et quand tu skies de cette façon, tu termines finalement douzième! C'est généralement quand tu essaies de gagner que tu y arrives…

Je suis confiant, car je sais que les juges sont prêts à me donner des points lorsque je réussis une bonne descente, comme cela a été le cas à Deer Valley en janvier dernier.

Mais plus important encore, nous aurons l'occasion de façonner la piste de Cypress Mountain comme nous le souhaitons, puisque nous serons sur place plusieurs jours à l'avance. C'est que pendant toute la saison de la Coupe du monde, nous n'avions que deux petites journées d'entraînement, un délai trop court pour avoir droit à une bonne piste.

Plus tu skies dans une piste, plus les bosses deviennent rapides, ce qui donne la possibilité de réussir de belles choses. Il n'y a rien de plus difficile que de changer une piste « raide ». Avec seulement deux jours d'entraînement, c'est tout simplement mission impossible.

*Propos recueillis par Francis Paquin