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Il n’y a pas de petits pays

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Aron Gunnarsson et Christiano Ronaldo

S'il y a une chose que l'on peut retenir de l'Euro 2016 jusqu'à maintenant, c'est qu'il n'y a pas de petites équipes.

Les soi-disant novices du tournoi sont capables d'arracher des points et de rendre la vie difficile à des pays habitués aux grands rendez-vous.

Qui aurait osé prédire que l'Islande allait arracher un nul de 1-1 au Portugal? À leur première apparition à l'Euro, les Islandais ont affiché une belle image, celle d'une équipe solidaire, regroupée.

Et que dire de l'Albanie, qui a tenu la France en échec pendant 90 minutes avant de s'incliner 2-0 devant le pays hôte du tournoi.

L'Islande, l'Albanie, le Pays de Galles et l'Irlande du Nord ont beau n'en être qu'à leur première présence à l'Euro, ils parviennent à obtenir des résultats parfois plus qu'appréciables.

Tous les participants, sans exception, se doivent donc de demeurer concentrés et vigilants, tout en se montrant sous leur meilleur jour.

L'Espagne, même si elle a dominé la République tchèque, ne s'est imposée que dans les dernières minutes de jeu en marquant le seul but de la rencontre à la 87e minute.

Pendant que leurs rivaux directs ont déjà arraché des points, le Portugal et la Belgique se retrouvent quant à eux sous pression à l'aube de leur deuxième match.

La Belgique doit se replacer

Depuis le début de la compétition, je garde un œil attentif sur la Belgique.

Pour des raisons évidentes d'abord puisque mon coéquipier de l'Impact Laurent Ciman est un membre de la défense belge, mais aussi parce que cette équipe, menée par une génération à la fois talentueuse et prometteuse, doit aboutir à quelque chose.

Je ne qualifierais pas de surprise la défaite de 2-0 des Belges face aux Italiens, car ces derniers savent toujours comment jouer les trouble-fêtes dans un rendez-vous international de cette envergure.

Bien dirigée par son entraîneur Antonio Conte, l'Italie a excellé sur le plan tactique. Mon ami Laurent a néanmoins su tirer son épingle du jeu samedi en effectuant quelques bonnes interventions et quelques bonnes relances. Il a joué un match solide.

Employé comme latéral droit, Laurent ne se retrouvait toutefois pas à sa position naturelle de défenseur central. Il a très bien fait à son premier match à l'Euro face à une Italie fidèle à sa réputation.

Je le dis souvent, il vaut mieux ne jamais négliger les Italiens dans de gros tournois. Ceux-ci trouvent toujours une façon d'arracher les résultats et de se faufiler au sein du groupe de tête.

Moins en vue en raison notamment de l'absence en attaque de gros noms offensifs à la Totti, à la Del Piero, à la Pirlo, des joueurs capables de débloquer n'importe quelle situation, l'Italie n'est pas pour autant à écarter du portrait. Au contraire. Les Italiens ont ce savoir-faire sous pression dans les grands moments.

Bien sûr, il y a aussi l'Allemagne à considérer comme principal prétendant aux grands honneurs. L'entraîneur Joachim Löw peut envoyer n'importe lequel de ces joueurs sur le terrain, on sent que l'Allemagne a le pouvoir de dominer n'importe quel adversaire croisant son chemin.

L'Espagne, de la façon dont elle joue depuis le début du tournoi, me rappelle quant à elle l'Espagne de 2010 et 2012, championne de la Coupe du monde et de l'Euro. N'eût été du gardien tchèque Petr Cech, l'Espagne aurait sans doute retraité au vestiaire avec une priorité de 3-0 à la mi-temps.

Reste qu'aucun de ces prétendants n'a encore offert de performance évocatrice. Personne ne s'est encore affiché comme LE favori.

Le tournoi est encore jeune.

Une Copa America divertissante

Alors que l'Euro bat son plein depuis une semaine en France, la Copa America nous offre quant à elle d'excellents flashs depuis quelques semaines plus près de chez nous, aux États-Unis.

Si le jeu d'échecs, l'organisation et l'exécution rapide sont à l'honneur à l'Euro, la Copa Ameirca nous propose pour sa part un spectacle offensif très divertissant.

On y voit entre autres des joueurs avec beaucoup de flair capables de marquer des buts à couper le souffle. Je n'ai qu'à penser à celui que mon coéquipier Johan Venegas a marqué pour le Costa Rica face à la Colombie. Ou encore à celui du Mexicain Jesus Manuel Corono, qui a driblé à travers cinq ou six rivaux avant de propulser le ballon dans le filet.

Ce n'est pas pour rien que les clubs européens vont souvent piger en Amérique du Sud pour se dénicher un « numéro 10 », un joueur capable de faire la différence offensivement.

Or, aussi créatifs soient-ils, les Brésiliens n'ont toutefois pu échapper à une élimination dès la phase de groupes. Pendant que ce cador tente de digérer cet échec inattendu, d'autres pays habitués à des résultats plus modestes, notamment le Pérou et l'Équateur, ont su poursuivre leur route.

Participant à la compétition à titre d'invités, les représentants de la CONCACAF, les États-Unis et le Mexique, ont eux aussi atteint les quarts de finale. Ils prouvent ainsi qu'ils sont capables de se mesurer aux grands pays de l'Amérique du Sud.

Nul doute cependant que l'Argentine demeure l'équipe à battre. Ils ont tout, l'étiquette, le profil, l'historique et... Lionel Messi.

Même si ce dernier était blessé au début du tournoi et qu'il n'a pas pris part au premier match des siens avant d'obtenir progressivement des minutes de jeu, l'Argentine a facilement navigué à travers la première phase du tournoi.

Rien n'est joué par contre. L'Équateur a su se démarquer au cours des dernières années, tout comme la Colombie d'ailleurs. Quand on atteint le deuxième tour, tout est possible.

*Propos recueillis par RDS.ca