LAVAL – Le départ de Marie-Yasmine Alidou des Thorns de Portland a été officialisé dans un communiqué où on apprend que le club a décidé de ne pas exercer l’option incluse à son contrat pour la saison 2027. Mais la nouvelle acquisition des Roses de Montréal est claire sur ce point : la séparation a été « très mutuelle ».
Après un peu plus d’un an aux États-Unis, dans l’un des plus importants championnats de la planète, Alidou sentait qu’il était temps de changer d’air. Le fait qu’elle ait pu le faire en revenant jouer dans sa ville natale ajoute du romantisme à sa décision. « C’est un honneur parce qu’avant, ce n’était pas possible de revenir à la maison, faisait-elle remarquer mercredi lors d’une rencontre au Stade Boréale. À ce stade-ci de ma carrière, je trouve que c’est une chance. Je suis vraiment contente. »
Mais ce que voulait surtout la Montréalaise, qui à 31 ans se considère au sommet de son art, c’était retrouver le terrain avec régularité afin de gober des minutes et monter en puissance en prévision d’une destination précise.
« Il y a une Coupe du monde l’année prochaine », note-t-elle avec assurance. Et c’est en Super Ligue du Nord (SLN) qu’elle jugeait pouvoir profiter des meilleures conditions pour étoffer sa candidature.
À Portland, Alidou n’est jamais arrivée à s’imposer comme une incontournable dans le XI partant. À son naturel dans un poste de milieu créatrice, on l’y a toujours fait jouer comme ailière. Les conditions pour une adaptation douce à sa nouvelle ligue étaient imparfaites. Cette saison, elle a été titulaire pour les quatre premiers matchs au calendrier, mais a commencé six des huit suivants sur le banc.
Les circonstances de son transfert aux Roses restent vagues. On sait que la directrice sportive Marinette Pichon l’avait contactée pour jauger son intérêt lors de la naissance du projet il y a deux ans. « Je n’étais pas prête à ce moment-là », admet celle qui évoluait alors au géant portugais Benfica.
Ce qui n’est pas clair, c’est comment les deux partis en sont venus à reprendre contact. « J’ai eu un peu d’échos, c’est comme ça que ça a commencé... », raconte Alidou du bout des lèvres. Ses agents, dit-elle, se sont occupé du reste.
Ce qu’Alidou n’hésite pas à dire, en revanche, c’est qu’elle a demandé l’avis de la sélectionneuse de l’équipe nationale, Casey Stoney, avant de prendre sa décision.
« On s’est beaucoup parlé à propos de ce transfert et j’ai reçu son appui total, le sien et celui du staff. Ils sont heureux que j’aie trouvé une situation qui me comble et de savoir que je recommencerai à avoir des minutes de qualité. Ses conseils m’ont beaucoup aidée à faire mon choix. »
Son plan est donc simple : dominer en SLN et s’afficher comme un choix indiscutable quand Stoney nommera l’équipe qu’elle dirigera au Brésil l’été prochain.
Un ajout qui fait peur
Si le plan fonctionne, les Roses en seront évidemment les autres grandes bénéficiaires.
L’équipe dirigée par Robert Rositoiu comptait déjà sur des joueuses d’expérience sur la scène internationale. Des joueuses, aussi, qui ont connu le haut niveau en Europe avant de rentrer au pays. Et cet assemblage produit des résultats probants depuis le début de la saison.
L’attaquante Elyse Bennett, une trouvaille de l’entre-saison, est à égalité au premier rang des buteuses de la ligue avec sept réussites. La cocapitaine Tanya Boychuk suit juste derrière avec cinq buts. Evelyn Badu (quatre buts, une passe décisive) et Lisa Pechersky (deux buts, quatre passes décisives) sont deux autres nouvelles recrues qui font fureur.
Collectivement, les Roses cartonnent avec déjà 22 buts en seulement 11 parties. L’an dernier, elles en avaient marqué 30 dans un calendrier de 25 rencontres.
L’insertion d’Alidou dans cette équation fait peur. Il y a trois ans, à Benfica, la Québécoise a enfilé un total de 26 buts, dont neuf en onze matchs de Ligue des champions. Avec l’équipe nationale canadienne, elle revendique six buts et deux passes décisives en 22 apparitions.
Dans le système de Rositoiu, elle pourra s’exprimer dans le poste de « numéro 10 » dans lequel elle est si confortable.
« C’est une joueuse très, très technique qui va créer avec pas grand-chose, anticipe la cocapitaine Mégane Sauvé. On va lui donner le ballon dans des petits espaces, entre les lignes, puis elle va créer et donner des passes clés. Dans les deux dernières années, par exemple quand Lisa s’est blessée, on s’est retrouvées avec moins de joueuses créatrices de son profil et on avait de la difficulté à marquer à cause de ça. Je pense que Mimi a ce petit edge-là. Je veux dire, c’est quelqu’un qui a un flair devant le filet pour donner les passes ou les terminer. »
« Je le vois déjà, se satisfait Rositoiu. C’est quelqu’un qui est capable de changer de rythme, de ralentir pour mieux accélérer, de temporiser quand il le faut. Et évidemment, elle a cette capacité de dernière action, autant le tir, autant le dribble pour déséquilibrer la dernière ligne, autant la dernière passe. C’est beau d’avoir quelqu’un avec tous ces outils. »
« [Robert et moi], on a pas mal parlé avant mon arrivée et il m’a dit qu’avec le foot que je suis capable de jouer, j’allais vraiment me plaire ici, révèle Alidou. J’avais regardé quelques matchs aussi avant et je voyais déjà les espaces que je pourrais utiliser sur le terrain dans la formation avec laquelle on joue. J’ai vraiment hâte de commencer. »
Inadmissible avant l’ouverture officielle de la fenêtre des transferts, Alidou pourra jouer son premier match avec les Roses le 23 juillet, à domicile, contre l’AFC Toronto.





