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Le Sénégal et le Maroc en finale de la Coupe d’Afrique des Nations

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Sadio Mané (Themba Hadebe/AP)

Favori du tournoi avec l’hôte marocain, le Sénégal, grâce à un but de Sadio Mané, s’est qualifié pour la finale de la CAN-2025 en battant l’Egypte de Mohamed Salah 1-0, dans une demie fermée mercredi à Tanger.

Les Lions de la Teranga affronteront le Maroc lors de la finale, dimanche à Rabat, sans leur capitaine Kalidou Koulibaly, suspendu et sorti sur blessure.

Dans un match qu’ils ont dominé de la tête et des épaules sans jamais se montrer dangereux, face à une Egypte incompréhensiblement inoffensive, la lumière est venue de Sadio Mané.

A l’affût d’un tir de Lamine Camara contré par la défense, Mané, sans se poser de question, a contrôlé le ballon repris du pied droit aux abords de la surface et surpris Mohamed El-Shenawy au ras du poteau gauche (1-0, 78e).

Dans le duel qui l’opposait à Mohamed Salah, son ex-partenaire à Liverpool, c’est la star sénégalaise qui l’a emporté, pour donner à son pays une chance de remporter une seconde CAN, après 2021. Le Sénégal va disputer sa troisième finale en quatre éditions.

Quant à Salah, 33 ans même si l’Égypte est qualifiée pour le Mondial-2026, il ne remportera certainement jamais une compétition majeure avec sa sélection.

Les Lions de la Teranga, favoris annoncés de la compétition, y avancent irrémédiablement. Sans briller, sans jamais trembler non plus.

Le cauchemar de Koulibaly

Tout se serait d’ailleurs déroulé sans accroc pour le Sénégal si Kalidou Koulibaly, son capitaine, n’avait pas vécu un match cauchemardesque.

Les Sénégalais monopolisaient le ballon, obligeant l’Égypte à s’arc-bouter en défense, Iliman Ndiaye, sur son côté gauche, commençait à martyriser ses défenseurs par ses dribbles et ses accélérations.

Mais sur une action typique du jeu égyptien l’après-midi a très vite viré au mauvais rêve pour Koulibaly.

Après une des rares récupérations égyptiennes, Emam Ashour a alerté en profondeur Omar Marmoush, obligeant le défenseur d’Al-Hilal à faire une faute suffisamment sévère pour qu’il écope d’un carton jaune (16e).

Déjà averti en quarts face au Mali, Kouibaly, également suspendu lors du huitième face au Soudan, aurait alors quoiqu’il en soit, manqué la finale pour deux cartons jaunes reçus.

Quelques minutes plus tard, le « roc » sénégalais s’est assis dépité sur la pelouse du Grand stade Tanger, touché à l’adducteur gauche.

Salah, Marmoush muets

Il a bien essayé de continuer un peu, mais a dû se rendre à l’évidence: à la 23e minute, incapable de courir, il a cédé sa place à Mamadou Sarr, le défenseur central de Strasbourg et son brassard de capitaine à Idrissa Gueye, l’un des trois autres mousquetaires trentenaires de l’équipe.

La perte de son capitaine n’a pas perturbé le Sénégal qui a continué, sans lui, à accaparer le ballon et harceler la défense égyptienne. Sans réussite ni grand danger toutefois, pour El Shenawy, 37 ans, le gardien vétéran.

En première période, les Lions ont également perdu un second joueur pour la finale lorsque Habib Diarra, lui aussi averti en quarts face au Mali, a écopé à son tour d’un carton jaune après que les deux bancs soient montés en tension sans que l’on ne sache vraiment pourquoi (42e).

Les Sénégalais sont pourtant revenus des vestiaires avec les mêmes intentions de jeu cantonnant Mohamed Salah et ses partenaires plus apathiques que jamais, dans leur camp, ne permettant jamais au capitaine égyptien et à Marmoush, l’autre flèche de l’attaque, de les piquer comme ils ont l’habitude de le faire.

Longtemps, le plan de jeu a été stérile. Longtemps, et puis Sadio Mané est entré en scène.

Le Maroc bat le Nigeria aux tirs au but

Les super favoris du Maroc ont battu les Super Eagles du Nigeria (0-0, 4 t.a.b. à 2) en demi-finale et ne sont plus qu’à un match de remporter enfin leur deuxième Coupe d’Afrique, devant leur public de Rabat en folie.

Les Lions de l’Atlas se mesureront à ceux du Sénégal, vainqueurs de l’Egypte (1-0), dimanche dans le même stade Prince Moulay Adbellah pour coiffer à nouveau la couronne après laquelle ils courent depuis 1976.

Il a fallu les tirs au but et les arrêts de Yassine Bounou sur les frappes de Samuel Chukwueze et Bruno Onyemaechi pour décrocher une deuxième finale après celle perdue en 2004 contre la Tunisie (2-1). En 1976, le Maroc avait remporté sa seule CAN en terminant premier d’une poule finale à quatre.

Contrairement à 1988, où ils avaient perdu leur demi-finale à domicile contre le Cameroun (1-0), futur vainqueur, les Lions de l’Atlas n’ont pas laissé passer leur chance cette fois-ci.

Les hommes de Walid Regragui ont dépensé beaucoup d’énergie dans leur pressing et contre pressing pour venir à bout des Nigérians. Cette dépense, plus la demi-heure supplémentaire, pourrait peser dans leurs jambes contre le Sénégal, qui lui a remporté sa première CAN en 2022 et sait ce que c’est que d’attendre longtemps un titre.

Diaz muet

Le match a été intense et serré, et les stars attendues ont plus brillé par leurs braises que leurs étincelles.

Côté nigérian, Victor Osimhen et Ademola Lookman se sont démenés pour assurer le premier rideau mais n’ont pas pesé offensivement.

Côté marocain, Achraf Hakimi a couru comme toujours mais n’a pas fait de différences en attaque, il a juste envoyé un coup franc un rien au-dessus de la barre (35). Et il a transformé avec autorité son tir au but, lui qui avait réussi celui décisif pour battre l’Espagne (0-0, 3 t.a.b. à 0) en 8e de finale du Mondial 2022.

Pour la première fois du tournoi, la star Brahim Diaz n’a pas marqué. Le joueur du Real Madrid, remplacé au bout de 100 minutes de jeu, a été bien tenu par Calvin Bassey (averti et suspendu pour la petite finale) et Bruno Onyemaechi sur le côté gauche de la défense des Super Eagles.

Pour la première fois du tournoi le Nigeria n’a pas marqué. Finaliste en 2024, battu par la Côte d’Ivoire (2-1), l’équipe du Français Eric Chelle avait pourtant joué le jeu le plus séduisant depuis le début du tournoi, mais on ne l’a pas reconnue mercredi.

Les héros du Qatar

Wilfred Ndidi, suspendu et relayé par Raphael Onyedika, n’était pas là pour réguler le trafic au milieu de terrain.

Plus ouverte que celle très fermée opposant le Sénégal à l’Egypte (1-0), cette demi-finale a dispensé son lot d’occasion de chaque côté, avec une domination du pays hôte.

Dès la troisième minute, il a fallu un énorme tacle de Semi Ajayi pour arrêter Ismaël Saibari qui filait vers le but (3) après un oublie de la défense blanche et verte.

Puis dans la même minute Ayoub El Kaabi d’une tête décroisée et Brahim Diaz (29) ont menacé le but nigérian. Le gardien Stanley Nwabali s’est aussi couché deux fois pour sortir des frappes d’Abdessamad Ezzalzouli (52, 83).

Le Nigeria a été dangereux par une frappe puissante de Lookman sur laquelle Yassine “Bono” s’est bien détendu (14), puis Osimhen n’a pas pu exploiter à fond une perte de balle dangereuse (33).

Dominateur en seconde période, le Maroc avait moins de jus pendant la prolongation où le Nigeria a eu les meilleurs opportunités. Mais les héros du Qatar ont eu le dernier mot, le gardien Bono et Youssef En-Nesyri, héros buteur du quart de finale contre le Portugal (1-0).

Maintenant le Maroc a une autre page d’histoire à écrire.