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Sans directeur sportif, la pression est maintenant sur Razzaghi

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LAVAL – La répétition des mêmes frustrations a eu raison de la patience de Rocco Placentino. Le premier à écoper a été le directeur sportif Mateo Cabanettes. Mais rien ne dit qu’il sera le dernier.

Placentino nous reçoit dans les quartiers généraux du FC Supra du Québec mercredi matin. Dans des circonstances normales, il aurait été à Hamilton avec le reste de l’équipe. Il a plutôt décider de rester en ville pour gérer les remous provoqués par sa plus récente décision. La veille, le Supra avait annoncé le congédiement de Cabanettes, seulement dix mois après son embauche.

Celui qui occupait également les fonctions de directeur des opérations paye le prix pour les nombreux points qui ont bêtement glissé entre les mains du Supra dernièrement.

Le 28 juillet à Calgary, l’équipe toute québécoise de la Première Ligue Canadienne (PLC) s’en allait faire match nul contre l’une des puissances de la ligue avant de concéder dans les arrêts de jeu. Une semaine plus tard, le même adversaire a privé le Supra d’une victoire à domicile en marquant à la 88e minute.

Dans le match retour de son quart de finale du Championnat, le Supra s’est qualifié pour la suite même s’il a accordé trois buts en deuxième demie à l’Atlético Ottawa. Dans le match suivant entre les deux rivaux, une avance de 1-0 du Supra s’est transformée en une défaite de 2-1 à cause de buts encaissés aux 83e et 90e minutes.

Comme pour ajouter du poids aux arguments du président, quelques heures après son entretien avec RDS, son équipe a pris un but à la 77e minute pour s’incliner 3-2 devant le Forge FC.

« Oui, on est une équipe d’expansion, mais on est cinquième au classement. Si on ne perd pas au moins dix points, comme ça nous est arrivé, dans les 10, 15, 20 dernières minutes, on est en troisième place », calcule Placentino.

« C’est ça mon point. Si on était une équipe poche comme Pacific, on va se dire la vérité, ça serait différent. C’est la première année, on savait que ça serait peut-être notre situation. Mais ce n’est pas ça. »

Plutôt que de remercier son entraîneur, Placentino a ciblé l’échelon supérieur. De son point de vue, Cabanettes avait la responsabilité de s’assurer que la vision et le message de la direction technique, chapeautée par le conseiller exécutif Nick De Santis et lui-même, fassent leur chemin vers le personnel d’entraîneurs supervisé par Nick Razzaghi. Il ne le faisait pas avec une poigne assez ferme ou avec les mots adéquats.

« Oui, ce n’était pas [Cabanettes] le coach, mais c’est lui qui doit avoir une influence sur les situations qui arrivent et où on doit être meilleurs. [...] Il y a des problèmes qu’on ne pouvait pas fixer et je pensais que c’était la meilleure chose à faire aujourd’hui pour garder nos ambitions intactes pour le futur. »

Désormais, le lien entre les patrons et le banc se fera sans intermédiaire. « On est capable de finaliser la saison entre nous pour voir quel impact Nick [De Santis] et moi pouvons avoir sur le côté sportif pour les douze derniers matchs. »

« Un message pour tout le monde »

Placentino n’a pas posé ce geste de gaieté de cœur. Cabanettes et lui se connaissent depuis « presque huit ans ». Ils ont bâti ensemble le volet semi-professionnel au CS Saint-Laurent. Ils ont vécu ensemble la naissance du Supra.

« Mais il voulait s’occuper de la direction sportive et j’ai toujours dit que ça venait avec des risques. C’est ça le monde du sport. Est-ce que c’est une décision facile à prendre pour moi? C’est sûr que non. Ce n’est pas dans mon ADN de travailler comme ça. Mais c’est un autre monde maintenant. On est dans le pro et on doit toujours penser au Supra de demain. »

Pour Placentino, le coup de semonce envoyé cette semaine est « un message pour tout le monde ». Loin de transmettre un vote de confiance à Razzaghi, il affirme que la pression repose maintenant sur les épaules de son entraîneur et lui enjoint à être assez « intelligent » pour utiliser « les outils qu’il a autour de lui ».

« Est-ce que je suis satisfait? Non, répond Placentino, sans filtre, lorsqu’on lui demande d’évaluer le travail de son entraîneur. Mais je suis fier. »

« Nick est un gars qui travaille 24/7 pour le Supra, il veut ça pour sa carrière. On lui donne une opportunité. C’est pour ça qu’il est encore là. Mais aujourd’hui, il doit dealer avec la pression. Tu as perdu ton directeur sportif. Qu’est-ce que ça veut dire pour toi? »

—  Rocco Placentino

Doit-il craindre pour son poste d’ici la fin de la saison?

« Match par match, répond le fondateur du Supra. On veut que son poste soit safe. On veut se rendre en finale, on veut faire les séries. Mais si on ne le fait pas, c’était à cause de quoi? On est tous en évaluation d’ici la fin de la saison. »