LAVAL - C’est le genre de défaite qui peut faire dérailler une saison.
À la mi-juillet, le FC Supra du Québec subissait une correction de 5-1 dans son stade contre Vancouver FC. Une performance désorganisée et indisciplinée qui a incité l’entraîneur-chef Nick Razzaghi à présenter ses excuses aux spectateurs qui s’étaient déplacés pour assister à ce triste spectacle.
Le bel élan que s’était donné la jeune équipe d’expansion à ses premiers pas dans la Première Ligue Canadienne (PLC) semblait s’essouffler. Avec une séquence de trois matchs en huit jours à l’étranger comme prochaine étape à son calendrier, les risques d’implosion étaient élevés.
La réponse devant cet imposant obstacle a été spectaculaire.
Le Supra a gagné deux des trois escales qui l’ont transporté aux extrémités du pays. Il a comblé un déficit de deux buts pour prendre trois points à Halifax, puis a marqué deux buts sans riposte pour saisir le même butin sur l’île de Victoria. Entre les deux, une défaite serrée à Calgary contre l’une des puissances de la ligue.
En conséquence, le Supra visera une troisième victoire en quatre matchs samedi quand il recevra le Cavalry FC au Stade Boréale (à suivre en webdiffusion dès 20 h sur le RDS.ca).
« Je pense qu’après ce match [contre Vancouver], tout le monde se regardait dans le miroir, que ça soit les joueurs, le club, le staff. On a eu une bonne discussion en tant que groupe, puis le message qui s’est dit, c’est qu’il fallait se relever, il fallait répondre, relate le capitaine David Choinière. Des défaites comme ça, c’est inacceptable. Mais on voulait vraiment répondre de la bonne façon. On a entamé le voyage en mission. »
Cette mission a été accomplie. Même dans la défaite, le Supra a rempli son réservoir de confiance. Il a tenu tête au géant albertain pendant plus de 90 minutes, dominant la possession et générant plus de tirs et plus de tirs cadrés. Un but encaissé à la 93e minute l’a empêché d’emmagasiner un point qu’il n’aurait pas volé.
« Malgré le résultat, je pense que le groupe a vraiment fait face au défi, se réjouit Choinière. On sait que Calgary, c’est une très bonne équipe à la maison. Si je ne me trompe pas, dans les deux dernières années, ils ont juste perdu deux matchs chez eux. Mais on est allés là-bas, on les a mis en difficulté. Le bilan de ce match-là, c’était vraiment que du positif. C’était quasiment un match référence pour nous en tant qu’équipe. »
Razzaghi partage cet avis. Le coach a particulièrement apprécié la façon dont ses joueurs ont résisté à l’assaut final du Cavalry, qui s’est créé onze coups de pieds de coin et qui a balancé une multitude de ballons dans la surface avant de finalement crier victoire.
« On s’est dit : “On est là, on défend comme des hommes” et on a décidé de ne rien changer à notre approche. J’en retire des petites leçons pour la prochaine fois, des petits trucs où l’expérience m’a peut-être manqué. »
« Mais si on peut jouer comme ça à tous les matchs, la plupart du temps, on va gagner. »
Aux portes des éliminatoires
Le Supra a profité de son retour à la maison pour tenir son bilan de mi-saison.
Après 14 matchs, l’équipe mise sur pied par le président Rocco Placentino et son directeur sportif Mateo Cabanettes occupe le cinquième rang du classement avec 17 points. Elle possède en plus des matchs en main sur les équipes qu’elle pourchasse comme celles qui la talonnent.
Ils étaient nombreux à douter de la faisabilité du projet en début de saison, mais son objectif de participer aux matchs éliminatoires dès sa première années d’existence est toujours à sa portée. Seulement quatre points le séparent de l’Atlético Ottawa, la quatrième et dernière équipe provisoirement qualifiée.
Sur le plan individuel, le Supra compte dans ses rangs deux des joueurs les plus spectaculaires du circuit. Loïc Kwemi domine la course pour le Soulier d’or avec huit buts tandis que Sea Rea, avec quatre buts et quatre passes décisives, est parmi les candidats pour le titre de joueur par excellence.
Razzaghi ne veut pas perdre de vue les cibles ambitieuses que le club s’est fixé et est clairement réticent à distribuer les tapes dans le dos. « Par contre, se permet-il d’apprécier, objectivement, pour une équipe d’expansion, le simple fait d’être dans la discussion pour les séries, c’est du jamais vu. Même gagner un match en Championnat canadien, c’est du jamais vu. Normalement, c’est deux saisons en difficulté et la troisième, on commence à voir des résultats. Ottawa c’était pareil, Vancouver c’était pareil. »
« Le fait qu’on se batte pour les séries alors qu’aucune équipe d’expansion avant nous n’a fini plus haut que le septième rang, c’est positif. Et dans le jeu, ce n’est pas parfait, mais on avance. »
« On réalise qu’on n’est pas exactement où on veut être à ce stade-ci de la saison, juge sévèrement Choinière. Mais il faut prendre en considération qu’on est une équipe de première année. On apprend toujours à se connaître. Mais je pense que si on regarde nos trois derniers matchs, on s’en va vraiment dans la bonne direction. Si on arrive à construire là-dessus, je ne vois que du positif pour la deuxième partie de saison. »





