MONTRÉAL – Donner un show, marquer des buts, garder le train canadien sur sa trajectoire ascendante. C’étaient les objectifs – simples, mais assumés – de Jesse Marsch pour le retour de l’équipe nationale masculine à Montréal.
Contre une équipe australienne qui n’avait que faire d’épater la galerie, la sélection canadienne n’a pas su imposer ses conditions au Stade Saputo. Une incapacité à exécuter le dernier geste à une extrémité, une bourde défensive à l’autre et une défaite de 1-0 qui laissera un goût amer dans un groupe qui revenait de deux victoires historiques en sol européen.
La gifle est venue à la 71e minute, sur une percée en apparence inoffensive des Socceroos. Isolé près du drapeau de coin, l’attaquant Mohamed Toure a centré dans une surface largement inoccupée. Le jeune défenseur central Luc De Fougerolles, qui venait à peine d’entrer pour le vétéran Derek Cornelius, a laissé passer pour son coéquipier Niko Sigur.
Nonchalant, ce dernier s’est fait déposséder par un tacle de Nestory Irankuda, qui a ce faisant poussé le ballon derrière le gardien Maxime Crépeau.
Marsch s’est montré indulgent envers les jeunes joueurs impliqués dans la boulette. « Mais ce sont des moments comme ceux-là qui peuvent faire la différence dans les matchs plus importants et donc c’est un moment que nous devons absolument gérer. »
La réaction du Canada fut tiède, du moins avant d’entrer dans le dernier segment critique. Jacob Shaffelburg a obtenu la meilleure occasion de créer l’égalité à la 90e minute, mais sa déviation à bout portant d’un centre de Liam Millar a été repoussé par le portier Paul Izzo. Les attaquants Promise David et Tani Oluwaseyi ont aussi menacé dans les arrêts de jeu, mais sans pouvoir conclure.
Le Canada a obtenu quatre de ses huit tirs cadrés à partie de la 89e minute, mais sans pouvoir monétiser la menace. L’Australie, qui a concédé 60% de la possession, a fait mouche sur son unique tir sur la cible.
« La réponse est positive, jugeait Crépeau après le match. On l’a vu, on a poussé. On est tellement killers, on est des tueurs devant, mais ce soir, c’était une de ces soirées où il nous manquait la petite étincelle. »
« Je pense qu’on a contrôlé le match à notre façon, a renchéri Nathan Saliba. C’est dommage, on doit être un peu plus cliniques devant le but et profiter de nos bonnes occasions. Ils ont bien défendu, on savait que c’était une équipe qui défendait bien. C’est bon d’avoir une expérience comme ça. La prochaine fois qu’on affrontera un bon bloc aussi bas, on sait sur quoi travailler et on sera meilleurs. »
« C’est le message que j’avais pour les gars après le match, a dit Marsch. On doit apprendre de nos petites erreurs, mais plusieurs des idées et des choses qu’on voulait implanter aujourd’hui l’ont été avec succès. Un autre jour, l’histoire aurait pu être différente. »
Une affaire de coeur
Marsch avait eu la présence d’esprit d’inclure trois Québécois sur son onze partant. Crépeau a patrouillé entre les poteaux canadiens tandis que Saliba et Ismaël Koné formaient une paire en milieu de terrain. L’ancien du CF Montréal Joel Waterman a aussi été titularisé en défense centrale.
Crépeau, qui jouait son premier match à Montréal depuis 2019, a été chaudement applaudi dès sa première apparition devant les gradins tapissés en rouge durant la période d’échauffement. Il a été peu sollicité devant sa cage et s’en voudra sûrement d’avoir été surpris par l’éclair d’opportunisme australien.
« C’est spécial, tellement spécial, a dit l’ancien espoir de l’Impact. Beaucoup d’émotions. Deux, trois fois le motton, honnêtement. C’est ma ville, hein? C’est ma ville. »
Titularisés ensemble pour la troisième fois en équipe nationale, Saliba et Koné ont bien fait devant le rempart défensif. Les deux ont fait leur part dans le gros travail de récupération du Canada au milieu de terrain et chacun a tenté sa chance vers le but adverse.
Saliba s’est essayé sur deux longues frappes qui ont survolé la transversale tandis que Koné a tenté quelques-unes de ses incursions typiques dans la boîte, mais il a manqué de finition.
L’un des beaux moments de la soirée est survenu à la 69e minute, quand la foule de 19 616 spectateurs s’est levée d’un trait pour souligner bruyamment l’entrée dans le match de Mathieu Choinière. L’ancien joueur étoile du CF Montréal a terminé son mandat avec un tir cadré et trois occasions créées.
« C’était un beau moment de les entendre comme ça. Ils me portent dans leur cœur et moi aussi, je porte Montréal dans mon cœur. J’en ai eu la chair de poule. »
Il s’agissait du premier match de l’équipe nationale masculine à Montréal en huit ans. Elle y sera de retour au début de l’été prochain pour disputer son dernier match préparatoire avant de partir pour la Coupe du monde.
« Je crois que la plus grande source de déception des gars, c’est qu’ils savaient que la foule était en feu et ils auraient voulu lui donner des émotions, a indiqué Marsch. Ils auraient voulu lui transmettre l’énergie qui habite cette équipe présentement, qu’elle voit ce qu’on est en train d’accomplir comme équipe. J’ai presque dû les consoler, leur appeler qu’ils avaient quand même fait une bonne performance. »
Le premier ministre canadien Mark Carney et le président de la FIFA Gianni Infantino étaient présents au stade. Ils ont écouté une partie de la rencontre dans la loge du propriétaire du CF Montréal Joey Saputo.
Le Canada disputera son prochain match mardi, au New Jersey, contre la Colombie.





