Soccer

Des responsables du soccer iranien renvoyés du Canada avant un match

Mis à jour le 

Publié le 

Des silhouettes se découpent sur un écran vidéo lors du lancement de la tournée du trophée de la Coupe du monde de la FIFA, à Vancouver, le 10 avril 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Darryl Dyck (DARRYL DYCK)

OTTAWA — La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a déclaré qu’elle avait «cru comprendre» que l’autorisation d’entrer au Canada de responsables iraniens du soccer avait été révoquée avant le Congrès de la FIFA à Vancouver.

«Ce n’est pas une information dont je dispose personnellement, mais d’après ce que j’ai compris, il y a eu une révocation de l’autorisation. Ce n’était pas intentionnel, mais je laisse à la ministre le soin de s’exprimer à ce sujet», a indiqué Mme Anand lorsqu’on l’a interrogée sur la situation alors qu’elle se rendait à la période de questions.

Tasnim, une agence de presse iranienne liée au Corps des gardiens de la révolution islamique, a souligné que le président de la Fédération iranienne de football, Mehdi Taj, et deux autres responsables iraniens s’étaient vu refuser l’entrée en raison d’un «comportement inapproprié des agents d’immigration» à l’aéroport Pearson de Toronto.

Le site d’information en ligne Iran International a été le premier à rapporter que M. Taj s’était vu accorder un visa lundi et qu’il avait été expulsé du Canada mardi en fin de soirée en raison de ses liens avec le Corps des gardiens de la révolution islamique, une entité classée comme terroriste au Canada.

La porte-parole conservatrice en matière d’immigration, Michelle Rempel Garner, a attribué à cette information le refus d’entrée au Canada de M. Taj et s’est demandé s’il aurait pu entrer au Canada sans cela.

«Comment cet homme a-t-il pu monter dans un avion? C’est un responsable du régime iranien, comme le prouvent clairement les documents. Je pense qu’une simple recherche sur Google leur aurait permis de le savoir», a mentionné Mme Rempel Garner après la période de questions.

«Il s’agit donc soit d’une incompétence flagrante, soit de quelque chose de pire. Et le gouvernement va devoir rendre des comptes à ce sujet, car de nombreux membres de la diaspora sont persécutés par des responsables du régime», a-t-elle ajouté.

Mme Rempel Garner s’est dite «stupéfaite» que M. Taj ait réussi à entrer au Canada et ne comprend pas pourquoi la ministre de l’Immigration ne s’est pas exprimée publiquement sur la situation.

Examinées au cas par cas

Dans une réponse envoyée par courriel, le bureau de la ministre de l’Immigration, Lena Diab, a indiqué que toutes les demandes de visa étaient examinées au cas par cas par des agents qualifiés.

«Bien que nous ne puissions pas commenter les cas individuels en raison des lois sur la protection de la vie privée, le gouvernement a été clair et cohérent : les responsables du Corps des gardiens de la révolution islamique sont inadmissibles au Canada et n’ont pas leur place dans notre pays», a déclaré Taous Ait, attachée de presse de Mme Diab.

«Nous avons pris des mesures pour demander des comptes au Corps des gardiens de la révolution islamique et nous continuerons à le faire, tout en protégeant la sécurité des Canadiens et en préservant l’intégrité de notre système d’immigration», a-t-elle précisé.

Interrogé au sujet de M. Taj lors d’une conférence de presse à Toronto mercredi, le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, a averti qu’il ne pouvait pas s’exprimer sur des cas spécifiques en raison de la législation sur la protection de la vie privée, mais que les personnes ayant des liens avec des organisations terroristes n’étaient pas les bienvenues au Canada.

«Les membres du Corps des gardiens de la révolution islamique ne sont pas admissibles au Canada, ils ne sont pas les bienvenus au Canada. Il y en a un certain nombre que, comme vous le savez, nous essayons d’expulser, et nous les ferons expulser rapidement. Mais ne nous y trompons pas: les membres du Corps des gardiens de la révolution islamique ne sont pas admissibles, et ils ne sont pas les bienvenus ici au Canada», a soutenu M. Anandasangaree.

La Presse Canadienne a contacté l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et la Fédération iranienne de football pour obtenir leurs commentaires.

Plusieurs demandes jugées inadmissibles

Les données de l’ASFC montrent qu’au 5 mars, environ 17 800 demandes de visa avaient été examinées pour inadmissibilité en raison de liens avec le régime iranien.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a annulé 239 visas et 174 enquêtes ont été ouvertes par l’ASFC. Parmi les dossiers clos, 79 concernaient des personnes pour lesquelles il n’a pas été établi de liens avec le régime iranien susceptibles de les rendre inadmissibles.

Trente-deux personnes ont été jugées inadmissibles par l’ASFC en raison de leurs liens avec le régime iranien. L’agence indique que 20 de ces dossiers seront transmis à sa division de l’immigration pour faire l’objet d’une audience.

Trois personnes ayant fait l’objet d’audiences menées à terme ont été jugées inadmissibles et ont reçu des ordonnances d’expulsion. Une seule a été renvoyée.

Cinq personnes n’ont pas été déclarées inadmissibles et l’ASFC indique qu’elle fait appel de quatre de ces décisions.

– Avec des informations de Dylan Robertson à Ottawa et de Kathryn Mannie à Toronto

David Baxter, La Presse Canadienne