Soccer
soccerOpens in new window

Un an plus tard, Biello a fait valoir son point

Publié le 

LAVAL – Alessandro Biello veut gagner tous les matchs. Mais il ne s’en cache pas : le dernier de la saison du FC Supra du Québec, dimanche à Halifax, aura une signification particulière pour lui. « C’est comme si les planètes s’alignaient un peu pour moi. »

Le milieu de terrain de 20 ans a joué ses matchs locaux au Wanderers Grounds l’année dernière, alors qu’il y avait été envoyé en prêt par le CF Montréal. Mais ici, « jouer » est un bien grand mot. Sur 21 parties, il n’avait passé que 351 minutes sur le terrain. Son plan d’aller rehausser sa valeur aux yeux de son club formateur avait échoué. À la fin de la saison, son contrat avec l’Impact n’a pas été renouvelé.

« Ça n’a pas été une année facile pour moi, confiait Biello vendredi dans une entrevue à RDS près du Stade Boréale. L’année passée, je croyais que je méritais plus. Je me battais à l’entraînement, je faisais bien et quand je rentrais, j’apportais quelque chose à l’équipe. Mais on ne m’a pas donné de vraie chance. »

« Ce n’était pas facile mentalement. Je revenais à la maison et je me demandais comment ils pouvaient ne pas me donner l’opportunité de leur montrer. »

Biello est conscient que le milieu de terrain de Halifax était bien garni et qu’il était en compétition avec des joueurs bien plus expérimentés que lui. « Mais ce n’est pas que je voulais être partant. Je voulais juste une chance et je ne l’ai pas vraiment eue. »

En signant avec le Supra, le jeune international canadien savait qu’il aurait un accès plus direct vers le terrain. Il ne rentrait toutefois pas à la maison pour faire acte de présence. « Je voulais montrer que je peux jouer dans cette ligue », précise-t-il.

Dans une saison qui lui a jusqu’ici permis de mettre 1615 minutes de jeu à son compteur, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Biello mène tous les milieux de terrain de la PLC avec 8,1 actions défensives par tranches de 90 minutes. Toutes positions confondues, son nom est au sommet des palmarès dans la colonne des interceptions (1er), des tacles (3e) et des récupérations (6e) par 90 minutes. Il est l’un des trois milieux de la ligue, parmi ceux qui ont joué un minimum de 1000 minutes, à avoir complété plus de 90% de ses passes.

« Pour moi, c’est un des meilleurs joueurs dans la ligue en “6″, tranche son coéquipier et ami Sean Rea. C’est un gars, quand il n’est pas là, tu sais qu’il nous manque. Les gens qui nous regardent ne verront peut-être pas tout le travail qu’il faut, mais quand t’es un joueur de foot qui joue avec lui, tu vois comment il est important pour récupérer le ballon et le faire circuler. Pour moi, c’est un joueur non-négociable que tu dois avoir sur le terrain. »

Dompter la bête

L’ironie, c’est qu’après une année où il avait si désespérément voulu voir ce terrain, la saison 2026 en aura été une au cours de laquelle Biello s’en sera lui-même disqualifié.

Le fils de la légende de l’Impact Mauro Biello est un joueur passionné, bouillant, volcanique. C’est à la fois sa plus grande qualité et son plus grand défi. « C’est le plus grand compétiteur que j’ai vu de ma vie! », s’emporte Rea avec des yeux admiratifs.

Biello peine parfois à contrôler cette bête intérieure qui peut en faire un joueur si redoutable. « Des fois, je me fais dérailler du jeu ou de ce que je dois faire parce qu’il y a les émotions et tout », confesse-t-il.

À la fin du quatrième match de la saison, une défaite à domicile contre Calgary, Biello s’est vu montrer un carton rouge pour avoir injurié un officiel. Il prétend à ce jour qu’il n’a pas dit exactement ce qu’on lui reproche, mais il reconnaît qu’il a dépassé les limites de l’acceptable. Ses excès lui ont valu une suspension de quatre matchs.

Puisque son retour au jeu a coïncidé avec le début de la pause de la Coupe du monde, il a pratiquement passé deux mois sans jouer.

« Mon père et même mon oncle [Nick De Santis] m’en parlent souvent. Il y a une ligne et il faut être capable de vivre sur cette ligne. Pour moi, même à l’Académie [de l’Impact], c’était quelque chose que je devais améliorer. Avec moi-même, avec les arbitres, avec mes coéquipiers. Je crois qu’au fil des années, je me suis amélioré. »

« Quand tu es jeune, tu fais des erreurs, c’est normal, dédramatise Rea. J’en ai fait, tout le monde en fait. Alors je ne trouve pas que c’est la fin du monde. C’est vrai que des fois, tu vis des choses et tu dois apprendre à t’ajuster. Mais je ne dirais pas que ça a été un gros truc avec lui. On regarde ses performances, je ne pense pas que ça l’a trop affecté. »

« Depuis l’erreur contre Cavalry, je me vois comme un gars plus calme, juge Biello. Je veux rester émotif parce que je trouve que j’ai cette capacité d’être un leader, d’apporter de l’énergie et de la voix au groupe. C’est juste de trouver l’équilibre. »

Avec une victoire à Halifax, Biello pourrait avoir l’occasion de montrer ce qu’il a dans le ventre dans le plus beau des contextes, dans des matchs de séries. C’est ça, plus que toute autre chose, qu’il espère garder de son match contre son ancienne équipe.