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Suivez le match entre le Canada et la Bosnie-Herzégovine vendredi à 14 h 45 à RDS et sur le RDS.ca. On met la table avec un avant-match dès 13 h 30.
TORONTO — La légende du soccer canadien Christine Sinclair se souvient de l’atmosphère unique qui régnait avant la première Coupe du monde féminine organisée dans son pays.
Ce sentiment d’avoir tous les yeux d’une nation rivés sur elle ce jour-là, en 2015. Les acclamations des 53 000 spectateurs au stade du Commonwealth d’Edmonton. Et bien sûr, le trac et l’excitation avant le coup d’envoi.
« Je n’avais jamais été aussi nerveuse de ma vie, a indiqué Sinclair. Mais c’est une bonne chose. »
C’est une sensation que l’équipe masculine vivra bientôt, alors que le Canada coorganise la Coupe du monde de la FIFA avec les États-Unis et le Mexique. Le Canada débutera la compétition vendredi contre la Bosnie-Herzégovine (14 h 45 à RDS), au BMO Field, rebaptisé stade de Toronto pour l’occasion.
« J’essaie de jouer au soccer comme si je jouais dans un parc, a déclaré le milieu de terrain canadien Liam Millar. Je pense que c’est ce qui m’a beaucoup aidé à gérer mon stress et mes difficultés : l’aborder comme n’importe quel autre match. Et ne pas me laisser influencer par l’événement, mais simplement jouer mon jeu. »
Il y a 11 ans, par une belle journée ensoleillée en Alberta, Sinclair inscrivait l’unique but de la victoire de 1-0 du Canada face à la Chine, en ouverture de la Coupe du monde. Elle avait logé le ballon dans le petit filet depuis le point de penalty.
Ce but victorieux dans les arrêts de jeu a apporté un soulagement immédiat après un match intense et âprement disputé. Une rencontre marquée par un « stress et une pression différents » pour Sinclair, qui a participé à six Coupes du monde féminines au cours de sa carrière.
« Quand on joue à l’étranger, on peut se convaincre que tout le monde ne nous regarde pas, a-t-elle expliqué. C’est différent, tout simplement. Mais ce trac, honnêtement, c’est nous qui le contrôlons.
« Et c’est un privilège de ressentir cette pression. C’est un privilège d’éprouver ce stress, car ça signifie que c’est important. Ça signifie que nous y accordons de l’importance. »
L’équipe masculine canadienne, classée 30e au monde, a de bonnes chances de se qualifier pour les huitièmes de finale de ce tournoi élargi à 48 équipes. La Bosnie occupe la 65e place, tandis que la Suisse (19e) et le Qatar (55e) complètent le groupe B.
« Je pense que le 12 juin sera un moment très important et particulier pour toute notre ville, a exprimé Richie Laryea, défenseur canadien originaire de Toronto. Mais au sein du groupe, nous tentons de nous recentrer sur nous-mêmes et d’être prêts à tout donner le moment venu. »
Les deux premières équipes de chacun des 12 groupes se qualifieront pour la ronde éliminatoire, ainsi que les huit meilleures troisièmes.
Le tournoi se mettra en branle jeudi et il se poursuivra jusqu’à la finale, le 19 juillet, au MetLife Stadium.
« C’est une occasion unique, et nous voulons donner le meilleur de nous-mêmes et offrir des prestations dont notre pays pourra être fier, a déclaré Sinclair lors d’une récente entrevue. Mais c’était une sensation incroyable. Oui, c’est stressant, mais c’était vraiment génial. »
Huitième au classement mondial à l’époque, le Canada était ravi d’avoir empoché trois points face à une courageuse équipe chinoise (16e).
« On dit souvent que le premier match est le plus difficile à cause du stress et de la nervosité, a mentionné Sinclair. Gagner pour notre premier match nous a mis sur la bonne voie et a rallié tout le pays à notre cause. »
La rencontre s’est déroulée sur une pelouse synthétique récemment installée, un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre durant l’année précédant le tournoi.
Des dizaines de joueuses, menées par la vedette américaine Abby Wambach, ont porté plainte contre la FIFA, invoquant une discrimination sexiste, car la Coupe du monde masculine se joue sur gazon. L’affaire a été classée sans suite au début de 2015.
Moncton, Ottawa, Winnipeg, Vancouver et Montréal étaient les autres villes canadiennes coorganisatrices cette année-là.
Seules deux villes, Toronto et Vancouver, se partagent l’organisation des matchs de la Coupe du monde masculine au Canada, en 2026. Une surface hybride a été utilisée à Toronto, tandis que le BC Place de Vancouver dispose d’un terrain en gazon naturel pour le tournoi.
« Nous étions le seul pays candidat pour accueillir ce tournoi (en 2015), a fait valoir Sinclair. Alors, évidemment, est-ce que ç’aurait été formidable de jouer sur gazon? Bien sûr. Et évidemment, avec la Coupe du monde masculine qui approche, on sait que ce sera sur gazon. Ça n’a jamais fait de doute.
« Mais le soccer féminin a beaucoup évolué. Et je pense que tout le monde a beaucoup appris des tournois précédents. On va dans la bonne direction. »
L’équipe de Sinclair s’est inclinée 2-1 devant l’Angleterre en quarts de finale à Vancouver, en 2015. L’Angleterre a ensuite remporté la médaille de bronze, tandis que les États-Unis ont battu le Japon pour l’or.
L’équipe masculine canadienne, quant à elle, se dirigera vers l’ouest après son premier match à Toronto. La rencontre Canada-Qatar est prévue le 18 juin et le match Canada-Suisse aura lieu le 24 juin.





