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L’arbitre somalien refoulé ne pourra vivre le rêve de sa vie

Publié le 

Omar Artan (Visionhaus/Visionhaus/Getty Images)

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L’arbitre somalien Omar Artan, refoulé samedi à son arrivée aux États-Unis, a déclaré mardi au New York Times qu’il ignorait les raisons pour lesquelles il avait été interdit d’entrée, déplorant que « le plus grand rêve de (sa) vie » ait volé en éclats.

« Je suis très, très déçu », a-t-il dit dans un entretien téléphonique accordé au quotidien américain depuis Istanbul, la ville où il a été renvoyé après s’être vu refuser l’entrée sur le territoire des États-Unis. « Je ne suis qu’un arbitre qui tentait de vivre son rêve, le plus grand rêve de ma vie, participer à la Coupe du monde. »

Agé de 34 ans, Omar Artan, qui a été désigné arbitre de l’année par la Confédération africaine de foot en 2025, devait être le premier arbitre somalien à officier lors d’une phase finale de Coupe du monde.

« J’avais les bons documents, j’avais tout, j’avais le bon visa », a-t-il affirmé au New York Times, ajoutant avoir montré aux agents de l’immigration des documents de la Fifa ainsi que des photos de sa carrière.

Omar Artan a dit avoir été interrogé pendant onze heures avant d’être emmené vers une cellule de rétention où il a été détenu pendant plusieurs heures avant d’être embarqué à bord d’un vol retour pour Istanbul sans que les agents ne l’aient informé des raisons pour lesquelles il était interdit d’entrée sur le territoire américain.

« Je pense qu’ils ont un problème avec mon pays », a-t-il indiqué, précisant qu’il serait de retour mercredi à Mogadiscio. La Somalie est l’un des nombreux pays dont les citoyens sont frappés d’une interdiction de voyage aux États-Unis par l’administration de Donald Trump.

Contactée par l’AFP, la police aux frontières américaines (CBP) a expliqué que « le 6 juin, un ressortissant somalien est arrivé à l’aéroport international de Miami en provenance de l’aéroport international d’Istanbul (...). Au cours des formalités, le voyageur a été soumis à une inspection supplémentaire, une étape de routine ».

« A l’issue de l’inspection, le voyageur, un arbitre de la Coupe du monde, a été jugé inadmissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents et s’est vu refuser l’entrée sur le territoire », a ajouté l’agence dépendant de la Sécurité intérieure des États-Unis.

Indignation en Somalie

La Somalie a réagi avec indignation mardi après que son arbitre Omar Artan, pourtant désigné meilleur arbitre africain l’an dernier, a été refoulé samedi à son entrée aux États-Unis, la Fifa ayant ensuite annoncé qu’il n’officierait pas durant la Coupe du monde de football qui débute jeudi.

Le pays de la corne de l’Afrique est l’un des nombreux États dont les citoyens sont frappés d’une interdiction de voyage aux États-Unis par l’administration de Donald Trump. Fin novembre 2025, le président américain l’avait qualifié de « pays pourri » et fait part de son intention de mettre fin au statut spécial protégeant les ressortissants somaliens d’une expulsion.

Mardi, le ministère de la Jeunesse et des Sports somalien a défendu « l’intégrité » d’Omar Artan, l’assurant de son « soutien indéfectible ». 

Omar Artan a été refoulé samedi à son arrivée à l’aéroport international de Miami (Floride). La police aux frontières américaine (CBP) a expliqué à l’AFP qu’il avait été jugé « inadmissible en raison de problèmes liés à la vérification de ses antécédents » et que l’arbitre s’était dès lors « vu refuser l’entrée sur le territoire ».

Dans un entretien téléphonique accordé mardi au New York Times depuis Istanbul, où il a été renvoyé, l’arbitre somalien, âgé de 34 ans, a indiqué qu’il ignorait les raisons pour lesquelles il avait été interdit d’entrée sur le territoire des États-Unis.

« J’avais les bons documents, j’avais tout, j’avais le bon visa », a-t-il dit, faisant part de sa déception: « Je ne suis qu’un arbitre qui tentait de vivre son rêve, le plus grand rêve de ma vie, participer à la Coupe du monde. »

Omar Artan a raconté avoir été interrogé pendant onze heures avant d’être emmené vers une cellule de rétention où il a été détenu pendant plusieurs heures puis embarqué à bord d’un vol retour pour Istanbul.

Titulaire du statut Fifa depuis 2018, Artan, qui officie dans le championnat somalien, était le premier arbitre somalien retenu pour une phase finale de Coupe du monde. 

Mais la Fifa a indiqué lundi à l’AFP qu’il ne pourrait ni  s’entraîner ni officier lors de la Coupe du monde 2026, après s’être vu refuser l’entrée aux États-Unis. « C’est le gouvernement du pays hôte qui détermine en dernier ressort qui reçoit un visa et qui est admis sur son territoire », a justifié l’instance dans un communiqué.

Les raisons du refoulement d’Omar Artan, qui a notamment arbitré en Coupe d’Afrique des nation (CAN), ne sont pas connues mais Andrew Giuliani, responsable à la Maison blanche de l’organisation de la Coupe du monde, a tenté mardi de justifier son exclusion. « Je ne peux pas entrer dans les détails mais ce que je peux vous dire, c’est que c’était pour une très bonne raison », a-t-il assuré.

« Jeté en pâture »

« Omar Abdulkadir Artan disposait d’un visa en règle », avait assuré lundi à l’AFP Ciise Aden Abshir, haut conseiller auprès du ministère somalien de la Jeunesse et des Sports et ancien capitaine de l’équipe nationale somalienne, appelant « la communauté du football (à) le soutenir en cette période difficile »

Son éviction a provoqué un tollé unanime en Somalie, pays pauvre et instable, où d’intenses combats ont opposé la semaine dernière des forces gouvernementales et de l’opposition, aggravant la crise politique qui y sévit depuis des décennies.

Le pays est aux prises depuis près de 20 ans avec l’insurrection des islamistes shebab, liés à Al-Quaïda, qui contrôlent de vastes pans du territoire.

« Il ne représente pas seulement la Somalie, mais les aspirations de millions d’Africains qui croient que l’excellence doit être reconnue mondialement », a lancé sur X l’ex-Premier ministre et opposant Hassan Ali Khaire. « Omar, l’Afrique et le monde te soutiennent », a-t-il ajouté.

Il est « particulièrement préoccupant qu’un professionnel de son calibre semble avoir perdu cette opportunité historique non pas en raison de sa conduite, de ses qualifications ou de ses accomplissements, mais à cause des circonstances liées à son pays d’origine », a estimé le député de l’opposition Abdirahman Abdishakur, également sur X.

M. Abdishakur faisait référence aux nombreux assauts verbaux de Donald Trump contre la Somalie et la communauté somalienne vivant aux États-Unis, particulièrement à Minneapolis, grande ville du Minnesota, où les Américano-Somaliens dénonçaient en début d’année les violences exercées à leur encontre par la police de l’immigration (ICE).

L’ancien ministre Abdirashid Hashi a de son côté lancé un réquisitoire violent contre la Fifa, qui aurait dû « soutenir son arbitre » au lieu de le « jeter en pâture sans chercher d’alternatives ».

La Fifa a déclaré pour sa part qu’elle ne pouvait pas intervenir dans les procédures d’immigration des pays hôtes.