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EAST RUTHERFORD, N.J. – Insuffisances des latéraux, défense vulnérable et manque de créativité : il n’a fallu qu’un match dans la Coupe du monde, un nul arraché samedi au Maroc (1-1), pour que le Brésil de Carlo Ancelotti confirme les craintes quant à sa capacité à décrocher aux États-Unis un sixième titre mondial.
Tant le sélectionneur que son attaquant vedette Vinicius fils, auteur de l’égalisation, ont reconnu que la Seleçao devait absolument s’améliorer si elle voulait avoir une chance de soulever la coupe qui lui échappe depuis 2002.
Toutefois, après cette entrée en lice contre le demi-finaliste de l’édition 2022, Ancelotti insiste sur la nécessité de garder la tête froide, d’autant que le prochain match, contre le plus modeste Haïti le 20 juin, devrait permettre à ses joueurs de se relancer.
« On ne peut imaginer que l’équipe sera parfaite dès le premier match. Une Coupe du monde ne se gagne pas au premier match », a relevé le sélectionneur italien du Brésil. Mais ce premier match a mis en évidence les trois points faibles que la Seleçao doit absolument améliorer si elle veut aller loin – voire au bout – dans la compétition.
Carence de latéraux
Déjà en mars, Ancelotti avait reconnu que le Brésil ne pouvait plus s’appuyer sur des latéraux offensifs d’exception, comme Roberto Carlos ou Carlos Alberto, qui avaient contribué à forger durant des décennies le jeu de la Seleçao.
Wesley, le latéral droit de l’AS Rome, a le profil, mais il s’est blessé juste avant le Mondial. Et le Brésil ne peut plus compter que sur deux latéraux de métier, Douglas et Alex Sandro qui jouent à gauche.
À droite, Ancelotti doit faire confiance à Danilo, qui joue en défense centrale à Flamengo, et à deux autres gauchers, Bremer et Ibanez dont le profil est clairement défensif.
Ibanez était titulaire contre le Maroc, mais son rendement n’a pas satisfait Ancelotti qui l’a remplacé par Danilo dès le début de la seconde période.
« Nous devons nous adapter aux joueurs dont nous disposons », a commenté Vinicius fils.
Fissures dans la défense
Depuis qu’Ancelotti l’a prise en mains il y a un an, la Seleçao a encaissé 12 buts en 13 matchs et son gardien s’est incliné au moins une fois lors des six dernières rencontres.
Samedi, Brahim Diaz a profité d’une mauvaise relance de Lucas Paqueta et d’un marquage laxiste en milieu de terrain pour prendre à défaut la charnière composée de Marquinhos et Gabriel et glisser une passe à Ismael Saibari qui a ouvert le score.
Ces manquements en défense sont surprenants mais réversibles puisque la qualité intrinsèque des milieux défensifs du Brésil est reconnue : Casemiro a réussi une grande saison avec Manchester United et Bruno Guimaraes s’est montré indispensable à Newcastle.
« Nous aurions pu mieux contrôler le match, a déploré Casemiro. Nous avons trop souvent perdu le ballon dans l’entre-jeu. »
Un milieu sans imagination
Depuis la campagne de qualification pour la Coupe du monde 2022 au Qatar, la Seleçao est clairement dépendante de Neymar.
Or celui-ci est blessé depuis la mi-mai et loin de son meilleur niveau depuis des années. Si bien que l’animation offensive revient à Lucas Paqueta. Or ce poids est manifestement lourd à porter pour le milieu de Flamengo.
Samedi, Vinicius fils a pris sur lui cette responsabilité avec un certain bonheur. Mais son rôle en sélection est à la finition plus qu’à la création, afin de pouvoir profiter pleinement de ses qualités premières, la vitesse et la percussion.
« Nous aurions dû créer plus de jeu, a reconnu le milieu de terrain Fabinho. Je pense qu’en mettant plus d’intensité (en seconde période) nous avons réussi à nous créer plus d’occasions et d’espaces. »





