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Des surprises… mais pas comme ça!

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Ça restera sans doute l'une des surprises de cette Coupe du Monde. Mais, franchement, il aura fallu se coller une heure et demie d'une daube immangeable pour y arriver. Et sans doute 55 des pires minutes de ce Mondial. Au bout du compte, le Costa Rica l'emporte sur l'Uruguay (3-1), sans qu'aucune des deux équipes n'ait vraiment prétendu vouloir jouer au football. Ni montré qu'elle savait comment faire…

Campbell confirme

C'est assurément un gigantesque résultat pour les «Ticos», qui confirment un excellent parcours de qualification (en particulier face aux États-Unis et au Mexique) et étaient facilement mis à l'écart de ce Groupe D (je reconnais volontiers ne leur avoir donné aucune chance dans ce groupe…). Sans doute pas - pas encore, au moins - à la hauteur de ce qu'ils avaient réussi en 90 (qualifiés dans un groupe avec Brésil, Écosse et Suède), mais certainement un résultat marquant dans l'histoire d'une sélection nationale. L'approche est assez rudimentaire, essentiellement défensive, et ne permet aucune erreur (comme cette faute qui conduit au penalty uruguayen). On aura cependant vu le potentiel du jeune Joel Campbell, déjà sous contrat avec Arsenal, mais prêté cette saison à l'Olympiakos et qui a su, au cours de la saison, montrer de belles choses, en particulier en Ligue des Champions. Il est fort possible qu'on le voie très bientôt en Premier League.

L'Uruguay très décevant

De l'Uruguay, on ne retiendra pas grand-chose, à part la confirmation qu'elle n'est plus tout à fait la même qu'il y a quatre ans. Lente, prévisible, et manquant terriblement de créativité, elle ne s'est créé de bonnes occasions que sur balles arrêtées, et s'est montrée tellement assurée de son succès qu'elle n'a jamais envisagé de changer de rythme, de se montrer plus aventureuse, plus joueuse, face à un adversaire assez nettement limité. Avec le probable retour de Suarez pour les deux matches à venir, et des adversaires de plus haut niveau, elle sera capable de monter son niveau de jeu. mais peut-être déjà trop tard.

L'Italie, plus intelligente

L'affiche du jour, n'en déplaise aux partisans des six autres nations en lice, demeurait Angleterre - Italie. Une première mi-temps exactement comme on l'attendait: une Angleterre qui cherche à attaquer, vite, parfois un peu n'importe comment, mais avec l'idée de jouer en contres en de se mettre rapidement en position de frappe (Sterling, Welbeck, Sturridge)… Une Italie qui cherche des attaques placées, avec un trio d'organisateurs (De Rossi, Pirlo, Verratti) et un autre continuellement en mouvement (Marchisio, Candreva, Balotelli). Les deux systèmes vont très vite devenir impossibles à anticiper, la porte est ouverte à des attaques diverses et inattendues…

Le «grid football» a ses unités spéciales. Qui fonctionnent sur des phases arrêtées très précises. Par exemple, le placement… Le corner qui amène le premier but italien est de la même nature. Une petite combinaison qui va vers Pirlo…

… sa feinte est une merveille. Comme s'il avait posé le ballon, idéalement, dans la course de Marchisio. La différence est qu'il ne touche jamais au ballon, mais sa feinte a le même effet qu'un ballon parfaitement placé pour la frappe. Marchisio a l'équivalent d'un terrain d'entraînement pour placer son ballon, armer sa frappe. Au ras du poteau de Hart.

La réaction anglaise est tout aussi plaisante. Un contre, bien fait, bien mené. Sterling qui ouvre intelligemment vers Rooney, décalé à gauche. Un centre parfaitement dosé (enfin un bon centre…), derrière la défense et exactement dans la course de Sturridge pour une reprise en demi-volée face au but.

L'Angleterre n'aura pas su mettre cette égalisation à profit. En fait, elle n'a jamais réussi à prendre le contrôle du match. Son entame de deuxième mi-temps est mièvre, tiède et ouvre la porte au deuxième but italien. Un simple développement sur la droite, Candreva se libère du marquage et adresse un magnifique centre sur Balotelli, rabattu de la tête. Et voilà…

Le reste sera assez simpliste - preuve que l'Angleterre manque encore de profondeur et que l'Italie a ce qu'il faut, merci… Le coup franc de Pirlo sur la barre évitant aux Anglais une défaite plus radicale. Mais tout à fait logique.

Un dernier point à soulever sur ce match: l'absence de Buffon (blessé à une cheville à l'entraînement) a été parfaitement compensée par Sirigu. Il y a quatre ans, Buffon s'était blessé au premier match et son forfait avait été un coup terrible pour l'Italie. Sirigu a été excellent sur ce premier match et a grandement contribué à la prise de confiance de la défense italienne (avec Paletta et Darmian, pas vraiment des premiers choix attendus). Si l'absence de Buffon devait durer, l'Italie sait désormais qu'elle possède une solution de premier ordre…

Séduisante Colombie….

La Colombie nous a fait plaisir. Elle joue sur ses qualités (essentiellement offensives) et tente de limiter ses points faibles (en défense). Elle y est parvenue, pas si facilement, face à la Grèce, en montrant de belles facettes offensives. Son «credo» dans la semaine précédant le tournoi était «on peut, même sans Falcao». Réussi. Même en débutant le match en laissant deux de ses meilleurs buteurs (Bacca et Martinez) sur le banc. Mais en présentant une organisation offensive extrêmement agréable à voir, à commencer par le lien James Rodriguez - Cuadrado, les deux se comprenant parfaitement et jouant en sachant tous deux que l'un bonifie l'autre. Avec Teo Gutierrez en pointe (voire Jackson Martinez ou Bacca), la Colombie semble pouvoir gagner le Groupe C et aller même plus loin. Elle a été aidée par une Grèce qui n'a pas vraiment su varier son jeu (ce qui est généralement utile lorsqu'on se base sur un système défensif et que l'on est mené après cinq minutes…). Les Grecs ont voulu sortir, attaquer (surtout en première mi-temps) et se sont même créé un bon nombre d'occasions (deux frappes de Kone en première et surtout cette tête sur la barre de Gekas, face à un but abandonné en deuxième, qui aurait remis la Grèce dans le match). Mais leur problème majeur aura été une lenteur catastrophique dans leurs phases d'attaque, permettant à la Colombie de revenir et de défendre en nombre. Les meilleures occasions grecques auront pourtant été sur longues balles ou attaques rapides…

Pour achever la journée, la Cote-d'Ivoire a gagné - arraché? - un match un peu allumé face au Japon. Les deux ont eu leur phase, leur moment de domination, mais il est vrai que l'entrée en jeu de Drogba a transformé la dynamique du match et peu à peu poussé le Japon (qui menait 1-0) sur une défensive qu'il n'était pas capable de tenir (deux buts encaissés «au cordeau» sur des centres derrière la défense et repris aussitôt de la tête…). Les deux groupes sont maintenant grand ouverts, la Colombie et l'Italie étant les principaux bénéficiaires du jour. Et peuvent même maintenant envisager une qualification dès le deuxième match…