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Mystère et suspense autour de Manchester City

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Erling Haaland (Photo Ian Hodgson/AP Photo) (Ian Hodgson)

L’hypothèse d’une condamnation de Manchester City pour de multiples infractions financières continue de faire couler beaucoup d’encre samedi, une affaire tentaculaire aux ramifications géopolitiques qui fait trembler tout l’écosystème de la Premier League.

Le géant du nord-ouest de l’Angleterre, passé sous pavillon émirati en 2008, a été reconnu coupable de 114 des 115 actes d’accusations qui le visent pour la période 2009-2018, selon les révélations faites vendredi par The Athletic.

Le club s’est retranché derrière ses communications passées, en attendant la procédure d’appel, et la Premier League a opté pour le silence radio, ce qui offre un contraste saisissant avec le déluge de commentaires et de réactions qui a déferlé sur le sol anglais.

« Les supporters doivent savoir que les règles sont appliquées de manière juste et cohérente », a déclaré la ministre en charge des Sports, Lisa Nandy, sur BBC 5 Live. Mais, en attendant le verdict définitif, « c’est très déstabilisant pour les supporters et j’espère que cela pourra être résolu aussi rapidement que possible ».

Manchester City est soupçonné d’avoir contourné les règlements pour doper les finances du club de manière illégale, via des commanditaires liés au propriétaire, et d’avoir versé des compléments de salaires non déclarés, entre autres. La Premier League a lancé la procédure en février 2023.

Spectre de sanctions

Le spectre des sanctions possibles comprend des pénalités financières, une interdiction de recruter, un retrait de points avec un risque de relégation en division inférieure, voire une exclusion du championnat.

« Tout ce que je dirais, c’est que l’argent ne suffit pas, il faudrait, malheureusement, quelque chose de plus radical que ça », a reconnu David Bernstein, un ancien président du club, sur Times Radio.

« La sanction ne doit pas seulement être sévère, elle doit aussi durer dans le temps », a ajouté le journaliste sportif Henry Winter auprès de l’AFP. Il évoque par exemple un retrait immédiat de 50 points, ce qui conduirait le club en 2e division, et « une sorte de handicap de 20 points au début des deux saisons suivantes », quand il reviendra en Premier League.

La question des titres gagnés par Manchester City durant la période incriminée (huit titres nationaux, dont trois en championnat) soulève aussi de multiples questions. « Manchester United a été tout près de remporter le championnat lors de deux de ces saisons, Liverpool également. Ils pourraient donc avoir une demande de compensation si l’appel de Manchester City échoue », dit-il.

« Affaire nationale et internationale »

Le contentieux pourrait aussi venir des clubs relégués à cette époque-là, ou encore de ceux qui ont manqué une qualification européenne. Tous pourraient inonder les tribunaux et réclamer des dommages et intérêts astronomiques.

« Si vous additionnez toutes ces réclamations, sur neuf ans, et ce uniquement en Premier League, vous voyez que le potentiel pour que tout cela devienne incontrôlable est immense », a déclaré Christian Purslow, un ancien dirigeant de Liverpool et Aston Villa, sur Radio 4.

Une condamnation de Manchester City pourrait aussi déboucher sur des poursuites judiciaires à titre individuel du côté de la direction, fait en outre remarquer Henry Winter dans son entretien à l’AFP.

Dans tous les cas, cette affaire peut avoir des « répercussions considérables » et pas uniquement dans le monde du football, ajoute-t-il. « Cela a un impact sur l’économie de Manchester, sur les enjeux dans le nord-ouest, et sur des éléments géopolitiques entre le Royaume-Uni et les Émirats arabes unis, qui dans les faits sont les propriétaires de Manchester City. (...) C’est une affaire nationale et internationale, et elle va durer encore un bon moment. »

Meneurs avant l’actuelle trêve internationale, les Citizens se déplaceront à la reprise le 11 octobre sur la pelouse de Liverpool, un de leurs plus féroces rivaux, où l’accueil promet d’être chaud.

En attendant, leur président s’est voulu rassurant. « Voici ce que j’ai dit à ma famille : la procédure engagée par la Premier League est encore loin d’être terminée, et notre confiance ainsi que notre détermination à démontrer l’innocence du club sont aussi fortes qu’au début de cette affaire », a affirmé Khaldoon Al Mubarak dans une lettre adressée aux supporters.