MADRID, Espagne - Pas guéri, ce Real Madrid! L'équipe merengue a lourdement rechuté samedi à Eibar (3-0) en Championnat d'Espagne, premier revers du nouvel entraîneur Santiago Solari, avec une prestation médiocre de Sergio Ramos au lendemain de révélations sur un contrôle antidopage anormal subi en 2017.

Dans le petit stade d'Ipurua, le modeste club basque a décroché à sa 11e tentative la première victoire de son histoire face au grand Real, au budget seize fois supérieur, grâce à Gonzalo Escalante (16e), Sergi Enrich (52e) et Kike Garcia (57e). 

Cette lourde défaite lors de la 13e journée de Liga est une douche froide pour les Madrilènes, qui croyaient avoir retrouvé la santé depuis la nomination de Solari fin octobre (quatre succès en quatre matches).

Mais ce coup de froid, le cinquième revers du Real cette saison en Liga, interrompt sa remontée au classement, où l'équipe merengue (6e, 20 pts) pourrait laisser s'échapper en tête le FC Barcelone (1er, 24 pts) ou l'Atlético Madrid (3e, 23 pts), opposés en soirée.

Et la journée a été particulièrement difficile pour le capitaine merengue Ramos : mis en cause vendredi dans des documents des Football Leaks pour avoir été blanchi par l'UEFA après un contrôle à un puissant corticoïde au soir de la victoire en Ligue des champions en mai 2017, il a été très à la peine samedi, essuyant ponctuellement quelques sifflets du public.

« Je n'ai jamais enfreint aucun règlement et j'ai passé 250 à 300 contrôles antidopage, donc je suis tranquille », a-t-il réagi après la rencontre, accusant les médias à l'origine de ces révélations d'avoir publié des « mensonges ». 

« Évidemment, je prendrai avec mon équipe juridique des mesures contre ce genre de personnes qui essaient de souiller mon statut et ma carrière professionnelle », a-t-il ajouté.

Peut-être perturbé par la controverse, Ramos a été trop attentiste sur le terrain face au jeu intense et direct des attaquants basques.

Sur l'ouverture du score, une splendide contre-attaque d'Eibar, le capitaine était monté et n'a pu qu'observer de loin son partenaire Dani Ceballos tenter de dégager sur Escalante, buteur chanceux (16e).

Ramos est également trop lent pour contrer le tir de Sergi Enrich (52e) après un ballon chipé par l'excellent défenseur Marc Cucurella, prêté par le Barça et impliqué aussi sur le troisième but avec un centre repris à bout portant par Kike Garcia (57e).

L'effet Solari est retombé

Bref, le défenseur merengue a sombré avec ses partenaires et même son apport offensif, avec une tête très au-dessus (42e), n'a pas sauvé son bilan.

En attendant, à l'image de son capitaine, le Real est un bateau qui s'est remis à tanguer.

L'effet Solari est brutalement retombé alors même que l'ancien technicien de la réserve, d'abord nommé pour un intérim en remplacement de Julen Lopetegui, venait de convaincre ses dirigeants de le confirmer sur le banc jusqu'en 2021.

Rien n'a fonctionné pour l'entraîneur argentin: Gareth Bale a été très maladroit, malgré un bon coup franc (34e), et une occasion en or de Karim Benzema a été sauvée in extremis par un défenseur sur sa ligne (11e).

Quant au gardien madrilène Thibaut Courtois, il a évité que l'addition soit plus lourde en détournant sur son poteau une demi-volée limpide de Kike Garcia (3e) ou en s'interposant devant Fabian Orellana (62e).

« Ce n'est pas le moment de chercher des coupables », a dédramatisé Solari, resté souriant en conférence de presse et se disant sûr de « remédier » aux lacunes observées samedi. En attendant, il jouera gros dès mardi sur le terrain de l'AS Rome en Ligue des champions, où l'équipe triple tenante du titre tentera de décrocher son billet pour les huitièmes.