Le Paris SG a arraché sa première victoire en Ligue 1 à Brest (1-0) dimanche, au terme d’une soirée chargée en émotions avec le vibrant hommage du club finistérien pour son ancien entraîneur Éric Roy, décédé en juin.
Il aura donc fallu attendre la quatrième journée du championnat pour voir le Paris Saint-Germain, double champion d’Europe et favori à sa succession sur la scène nationale, remporter sa première victoire.
Une anomalie qui freine pour l’instant le club de la capitale au classement, où il figure seulement en septième position avec cinq points, soit la moitié du leader lillois, et le même total que sa victime du soir, Brest.
Paris a peut-être été revigoré par sa démonstration de force lors de son entrée en lice en Ligue des champions, qu’il ambitionne de remporter pour la troisième fois consécutive, face au Slovan Bratislava (6-1) en milieu de semaine.
C’est en tout cas avec beaucoup d’envie et de vitesse dans le jeu que les Parisiens ont démarré cette rencontre.
Il n’a fallu que cinq minutes à Ferran Torres pour ouvrir le score après un joli mouvement qu’il avait initié, avec Ousmane Dembélé en passeur décisif et une frappe assez molle en conclusion qu’Egil Selvik semblait en mesure d’arrêter.
Auteur d’un triplé mercredi, l’Espagnol, arrivé cet été, a poursuivi sur sa belle lancée, tout comme l’international français, qui avait marqué deux buts et donné autant de passes décisives au cours de ce match.
C’est encore Dembélé qui a provoqué un nouveau frisson au stade Francis-Le Blé, puis Khvicha Kvaratskhelia (9e, 22e). Après de premières prestations timides, l’actuel Ballon d’or a retrouvé l’entière possession de ses moyens : il a montré des accélérations fulgurantes et son sens du collectif et du dribble exceptionnels.
Après ce bon début de match, Paris a progressivement baissé de rythme, jusqu’à se faire franchement peur dès la 50e minute, quand Nuno Mendes a offert un but tout fait à Kamory Doumbia, dont la frappe a heurté un poteau, et un peu plus tard quand Warren Zaïre-Emery, positionné en latéral droit après la sortie sur blessure d’Achraf Hakimi (39e), a perdu un ballon dangereux (61e).
Les joueurs de Luis Enrique ont bien cru se donner de l’air en voyant Bradley Locko marquer contre son camp, mais l’arbitre du match a finalement sifflé une faute peu évidente de Warren Zaïre-Emery (52e).
Le meilleur parisien de la deuxième période a sans doute été le gardien Matveï Safonov, auteur de deux arrêts somptueux pour détourner une frappe de Doumbia (57e) puis une frappe de Pathé Mboup (87e), peut-être hors-jeu à cette occasion.
Hommage au « King » Éric
Si cette rencontre a fini avec la joie des Parisiens, elle avait débuté avec la tristesse de toute une ville.
En amont du coup d’envoi, Brest a rendu un hommage poignant à son « King » Éric Roy, présent partout au stade Francis-Le Blé, des t-shirts vêtus par des milliers de partisans aux banderoles - « repose en paix Éric Roy », « éternel Brestois », « l’élégance d’un homme se mesure à l’empreinte qu’il laisse » - aux fleurs déposées en son honneur.
Tous, des supporters aux joueurs, des Brestois aux Parisiens, ont dit au revoir à un personnage incontournable du soccer français, qui a mené le club finistérien des bas-fonds de la Ligue 1 à la Ligue des champions tout en étant atteint d’un cancer du pancréas, en dépit d’un budget limité. Bien plus que du soccer.
Lille enchaîne face à Troyes
Toujours invaincu en Ligue 1, Lille a décroché sa troisième victoire de la saison, face à Troyes (2-0) et a pris les commandes devant Monaco et Rennes.
« Être fort chez nous, c’est quelque chose que l’on doit absolument améliorer » : cinq jours après le revers en Ligue des Champions face au Betis Séville (3-2), Davide Ancelotti voulait rebondir face au promu troyen et que ses joueurs décrochent leur premier succès de la saison au stade Pierre-Mauroy.
Ils y sont parvenus grâce à un but sublime de Tiago Santos (18e), avant de gérer leur avance face à des Troyens entreprenants mais imprécis, dans une rencontre qui a perdu en intensité au retour des vestiaires mais ponctuée d’un but d’Ethan Mbappé (90+3e).
Les Lillois ont cru ouvrir le score dès la deuxième minute grâce à Hakon Haraldsson, après un bon travail d’Ayase Ueda, tout en puissance dans la surface. Le but a finalement été refusé en raison d’une position de hors-jeu de l’Islandais, après intervention de la VAR.
Mais alors que l’assistance vidéo ne peut pas être utilisée pour vérifier la validité d’un but après que le coup d’envoi a été donné selon les lois du jeu, l’arbitre de la rencontre Romain Lissorgue a d’abord sifflé la reprise du jeu avant de stopper les 22 acteurs quelques secondes plus tard pour finalement invalider le but.
Pas tellement perturbés par cette situation, les Dogues ont continué d’occuper le camp des Aubois. Et au terme d’une nouvelle phase de possession dans la moitié de terrain adverse, Tiago Santos a enroulé une superbe frappe dans la lucarne opposée de Patrick Beach pour ouvrir le score (18e).
Les joueurs de Davide Ancelotti ont même cru prendre le large avec un but contre leur camp des Troyens après un centre de Basar Önal (21e), mais l’ailier turc était hors-jeu.
Menés, les joueurs de Stéphane Dumont ne se sont pas laissés abattre et se sont procurés plusieurs coups de pieds arrêtés autour de la surface lilloise. Mais ils ont souvent manqué de justesse dans leurs centres comme dans leurs frappes, ou ont trouvé sur leur route une charnière centrale Alexsandro-Nathan Ngoy très appliquée après ses erreurs face au Betis mardi.
Après quelques bonnes situations pour Ueda (27e, 39e, 40e) et une frappe trop enlevée de Jérémy Le Douaron juste avant la pause, la rencontre a été beaucoup moins animée au retour des vestiaires.
À l’heure de jeu, Davide Ancelotti a choisi de densifier son entre-jeu en remplaçant Haraldsson par la recrue Maurits Kjaergaard. Mais s’il a joué un cran plus bas, le milieu danois a aussi été un des acteurs majeurs du réveil des Dogues, plus entreprenants dans les 20 dernières minutes.
Après avoir manqué de justesse dans le dernier geste, l’ancien joueur de Leipzig a offert une passe décisive à Mbappé, qui a célébré son but en s’excusant pour son carton rouge reçu après un mauvais geste face au Betis en Ligue des Champions.
Une manière de tourner définitivement la page de la défaite de mardi.






