Les Roses lancent leur camp d'entraînement à Laval

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Les Roses de Montréal

L'attente fut très longue, mais elle en a finalement valu la peine pour les Roses de Montréal.

Pendant plusieurs mois, la directrice sportive Marinette Pichon et l'entraîneur-chef Robert Rositoiu ont vu les joueuses s'ajouter petit à petit à leur formation, mais rien ne semblait véritablement tangible.

Jusqu'à ce qu'une vingtaine d'entre elles sautent sur l'un des terrains du Complexe Multi-Sports de Laval, lundi, lors de la première journée de camp d'entraînement de l'équipe.

À environ deux mois du lancement officiel de leurs activités – et de celles de la Super Ligue du Nord (SLN), la nouvelle ligue professionnelle canadienne de soccer féminin – les Roses avaient déjà l'air bien à l'aise dans leur environnement et l'intensité était au rendez-vous.

« Nous nous sentons bien chez nous et ensemble. C'est notre premier objectif, a déclaré Rositoiu. Nous avons travaillé tellement fort depuis des mois pour tout ce que vous avez vu aujourd'hui. Il ne manquait que les joueuses. Maintenant, il faut les amener au même niveau physiquement et tactiquement. L'idée, c'est de parler le même langage. C'est ce que nous avons déjà commencé à faire. »

Ce sera évidemment l'un des grands chantiers du personnel d'entraîneurs au cours des deux prochains mois de camp, mais le travail n'a pas commencé lundi.

Depuis que Montréal a appris qu'elle aurait l'une des six équipes pour la saison inaugurale de la SLN, les choses se sont rapidement mises en marche. Annie Larouche a été nommée présidente alors que Pichon et Rositoiu ont suivi, dans leur poste respectif. Puis, après avoir dévoilé leur nom et leur image de marque, les Roses ont commencé à s'entendre avec des joueuses.

Pichon avait une vision de ce qu'elle souhaitait bâtir, mais on ne sait jamais si ça peut se matérialiser lorsque toutes les joueuses se rassemblent pour la première fois. Ce qu'elle a vu lors de cette première journée de camp lui laisse croire que le club se trouve dans une excellente position pour obtenir des succès dès sa première saison.

« Depuis que nous avons commencé à parler aux joueuses, il y avait de l'effervescence. L'organisation était déjà en attente de les rencontrer, de les voir agir et interagir avec l'ensemble du club. Quand elles sont entrées sur le terrain, c'est comme si nous avions lancé des lionnes dans l'arène. Dès les premières minutes, c'était très réconfortant parce que nous sentons qu'il y a de la qualité, de l'intensité et, surtout, de la volonté », a exprimé la directrice sportive.

Il s'agit là d'un constat rassurant pour Pichon, qui avait le mandat – comme les cinq autres directeurs sportifs de la SLN – de créer quelque chose à partir de rien. L'ancienne gloire du soccer féminin en France a opté pour une approche transparente et honnête dans les négociations de contrat avec les joueuses et, visiblement, le côté humain qu'elle a également priorisé a su porter ses fruits.

« Ce qui est intéressant dans les négociations, c'est que nous n'avons pas de comparatif. C'est difficile de dire aux joueuses de venir jouer pour notre club, pour notre ADN et nos qualités. Nous ne leur avons rien promis, sauf de vivre une belle aventure et de faire partie de cette histoire. Nous leur avons dit de nous faire confiance comme nous avons confiance en leurs qualités et qu'ensemble, nous grandirons. C'était intéressant de voir leurs interactions et leur sens de la responsabilité aujourd'hui », a-t-elle noté.

Ce n'est que le premier jour de camp, mais les thèmes d'intensité et passion ont déjà retenu l'attention. Les joueuses et les entraîneurs n'auront maintenant qu'à continuer à les développer jusqu'au premier match de la saison, à la mi-avril.

« Nous avions hâte de débuter. Il y a plusieurs joueuses, qui sont universitaires ici, qui n'avaient pas touché à un ballon ou qui n'avaient pas disputé un match depuis un moment. Nous avons mis un maximum d'intensité et c'était positif. Maintenant, c'est d'élever le niveau de cohésion entre nous. Nous avons le talent sur le terrain, nous l'avons vu aujourd'hui », a affirmé la défenseure québécoise Mégane Sauvé.

L'arrivée de la SLN a permis à Sauvé, qui s'était exilée au Portugal depuis l'été 2023, et à plusieurs de ses coéquipières de revenir au Canada pour jouer devant leur famille et amis. Les Roses ont également permis à plusieurs joueuses locales de tenter leur chance chez les professionnelles, après une carrière universitaire.

C'est notamment le cas de la jeune défenseure Mathilde Lachance, qui vient tout juste de s'entendre avec l'équipe et qui a participé à son premier entraînement professionnel, lundi.

Lachance, qui a porté les couleurs de l'Université Laval, s'était fait voir lors d'une journée de détection et elle aura l'occasion de retrouver certaines joueuses qu'elle connaissait déjà, comme Sauvé ou encore la gardienne Gabrielle Lambert.

« Quand je me suis présentée au camp de détection, je me disais que je me lançais dans le vide, que tu n'as rien si tu n'essaies pas. Après deux ans sans jouer au soccer, c'était un peu comme si je me lançais un défi. D'arriver aujourd'hui et de voir des talents que je connais et que j'ai suivis, c'est un honneur de pouvoir compétitionner à leurs côtés », a mentionné Lachance.