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Combattre la solitude pour relever de grands défis

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Alexis Galarneau lors de la première ronde de jeu au tournoi de tennis Open Banque Nationale le 9 août 2022 à Montréal. (Paul Chiasson | La Presse canadienne)

Pour une 16e année, la journée Bell Cause est de retour pour encourager la discussion autour des enjeux reliés à la santé mentale.

Dans le monde du sport, la santé mentale est mise à rude épreuve et le sujet demeure souvent tabou, même encore aujourd’hui.

Notre collègue Olivier Larue a abordé la question avec un des ambassadeurs de l’Initiative « Pause Santé mentale » de Tennis Canada, Alexis Galarneau.

Âgé de 26 ans, Galarneau tente de faire sa place sur le circuit de tennis professionnel depuis une dizaine d’années. Au fil des ans, il a découvert à quel point le sport professionnel peut être drainant mentalement, surtout quand on est mal en point physiquement.

« Lorsque j’ai eu ma première grosse blessure, je pense que j’avais 18 ou 19 ans, j’étais aux États-Unis seul, sans ma famille. J’ai dû me faire opérer pour une hernie sportive. Déjà ça, c’était un gros “ challenge ” pour moi. Cette période-là était plus dure, je me demandais si j’allais être capable de revenir à 100 %. Il y a plusieurs questions, plusieurs pensées envahissantes qui nous viennent », a raconté celui qui occupe le 214e échelon du classement de l’ATP.

Quand il pense aux moments plus difficiles de sa carrière, le mot solitude revient régulièrement.

« D’être loin de la maison pour des périodes de cinq ou six, même 10 semaines parfois, c’est difficile, reconnaît-il. Ça te remet en question à savoir pourquoi tu fais ça réellement. Est-ce que ça vaut vraiment la peine? »

Galarneau a développé différents outils pour faire face à ces périodes plus ardues. La méditation l’aide beaucoup. Il veut maintenant utiliser son rôle d’ambassadeur de la « Pause Santé mentale » pour aider les autres athlètes de Tennis Canada à affronter les défis du sport professionnel... et ils sont nombreux.

« Je pense qu’on parle plus que jamais de santé mentale, mais en même temps, j’ai l’impression que c’est l’époque où il y a le plus de défis pour les athlètes, avance-t-il. Comment vois-tu cette réalité-là? »

« Plus que jamais les distractions sont nombreuses pour les joueurs de tennis et les athlètes en général avec les réseaux sociaux et les parieurs, avec les attentes. Le fait qu’il y a aussi plus d’argent dans le sport professionnel, ça amène une pression additionnelle. »

Le Lavalois n’est pas le premier à évoquer la situation des réseaux sociaux. Elina Svitolina a notamment reçu des messages d’une extrême violence de parieurs frustrés, après sa défaite à Montréal l’été dernier. Galarneau aussi a vécu cette réalité dès un très jeune âge.

« Je pense que ça date de mes premiers tournois professionnels, quand j’avais 16 ou même 15 ans. Après avoir perdu un match en Challenger, je me souviens avoir reçu trois ou quatre messages haineux, dont certains insultaient ma famille. Ceux-là faisaient plus quelque chose, se souvient-il. J’essaie de limiter ma présence sur les réseaux sociaux pour éviter des situations comme ça. C’est juste du négatif. »

Le calendrier plus chargé que jamais du tennis professionnel force aussi les athlètes à faire des compromis.

« Même si parfois, notre cerveau de compétiteur voudrait jouer une autre semaine parce qu’on sent que ça pourrait débloquer, il faut aussi écouter son corps, écouter les signes que le corps nous donne », a réalisé celui qui a atteint un sommet en 2024 pour le classement avec une 153e position.

Le sport professionnel vient donc avec son lot de défis, mais il ne faut pas non plus oublier les beaux moments. En juillet dernier, Galarneau a remporté son premier match sur un tableau principal de l’ATP à Toronto, une récompense qui souligne sa persévérance et sa résilience.

« Je ressens beaucoup de fierté pour le fait que j’ai surmonté plusieurs “ challenges ”. Des “ challenges ” que je croyais qu’ils allaient être plus difficiles, et qui l’ont été, mais que lorsqu’on regarde dans le rétroviseur, on réalise que c’était seulement un petit bump dans mon parcours. De voir que je n’ai pas lâché, que j’ai continué à m’accrocher... pour moi et pour ma famille, c’est une soirée dont on va se rappeler. »