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Pegula se bat pour les bourses, mais rate les matchs des Sabres

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L'Américaine Jessica Pegula effectue un ertour contre la Suissesse Rebeka Masarova lors de leur match à l'Omnium de tennis d'Italie, à Rome, le dimanche 10 mai 2026. (Photo AP/Andrew Medichini) (Andrew Medichini)

Les appels au boycottage des numéros un mondiaux Aryna Sabalenka et Jannik Sinner ont retenu l’attention.

En coulisses, c’est Jessica Pegula, finaliste des Internationaux des États-Unis en 2024, qui a coordonné la mobilisation des meilleurs joueurs de tennis dans leur contestation des tournois du Grand Chelem concernant la part des recettes consacrée aux bourses.

C’était naturel pour Pegula, qui a grandi dans une famille de dirigeants sportifs: ses parents sont propriétaires des Bills de Buffalo Bills (NFL) et des Sabres de Buffalo Sabres (LNH), qui affrontent présentement le Canadien de Montréal en demi-finale de l’Association Est.

« Je pense que ça me vient peut-être naturellement, simplement parce que j’ai l’impression d’avoir endossé un certain rôle de leader dans ce domaine », a évoqué Pegula.

Cette année déjà, Pegula, no 5 mondiale, a été désignée pour diriger un nouveau groupe de travail de 13 personnes chargé de proposer des changements au calendrier du tennis féminin, aux règles d’attribution des points de classement et aux conditions de participation à certains tournois. Elle s’attaque maintenant à la question des bourses remises aux joueurs.

« Je n’ai pas peur d’aller voir n’importe quel type de joueur et de lui dire: ‘Hé, ça t’intéresse ou pas?’, a déclaré Pegula. Certains joueurs s’en moquent, parfois ça ne les préoccupe pas. Parfois, ils me répondent: ‘Oui, bien sûr, je suis partant à 100 %’. J’ai contacté des joueurs, tant chez les hommes que chez les femmes. »

Sabalenka a déclaré la semaine dernière que les joueurs devraient envisager un boycottage pour obtenir une part plus importante des recettes des tournois, tandis que Sinner a évoqué un manque de respect.

« En fin de compte, ce sont les joueurs qui ont le plus de poids, a évoqué Pegula. C’est bien de voir Aryna et Jannik prendre position. Je sais que beaucoup d’autres joueurs partagent ce sentiment. Mais le fait que les deux numéros 1 mondiaux s’expriment aussi ouvertement sur le sujet, c’est un peu ce qu’il faut pour qu’on les écoute. »

La part des joueurs a baissé à Paris

Alors que dans la NFL et la LNH, les athlètes empochent environ 50 % des recettes, dans la plupart des tournois de tennis, ce chiffre n’atteint même pas la moitié. Les prochains Internationaux de France consacreront moins de 14,9 % de leurs recettes aux joueurs — contre 15,5 % en 2024, selon un communiqué de protestation publié la semaine dernière par les joueurs.

Les organisateurs de Roland-Garros ont annoncé le mois dernier qu’ils augmenteront la cagnotte totale d’environ 10 %, pour un montant total de 61,7 millions d’euros (99,3 millions $Can), soit une hausse de 5,3 millions d’euros par rapport à l’année dernière. Mais les joueurs ont déclaré que les chiffres sous-jacents racontaient une tout autre histoire.

« C’est fou. C’est une différence insensée. Évidemment, ce sont des sports différents. Ils sont gérés différemment, a déclaré Pegula, comparant le tennis à la NFL. Mais le tennis est un sport très traditionnel. Je pense que c’est l’une des choses qui doivent changer. Parfois, le changement est une bonne chose. Parfois, cela signifie se battre pour obtenir des choses. »

Ce même groupe de joueurs a envoyé il y a un an une lettre aux dirigeants des quatre tournois du Grand Chelem pour réclamer une augmentation des bourses et un plus grand poids dans la prise de décision. Wimbledon a augmenté sa cagnotte totale pour 2025 de 7 %, les Internationaux des États-Unis de 20 % et ceux d’Australie, en janvier dernier, de 16 %.

Pourtant, les joueurs affirment que les tournois du Grand Chelem ne s’alignent pas sur le taux de 22 % pratiqué lors des tournois réguliers de l’ATP et de la WTA.

« Les tournois du Grand Chelem s’en sont en quelque sorte tirés en ne payant pas beaucoup, car notre sport est très individuel, a souligné Pegula. Il est difficile de rassembler les joueurs. Nous ne touchons pas un salaire qui nous permet, contrairement aux footballeurs ou aux basketteurs, de nous permettre de ne pas jouer. »

Les organisateurs des Internationaux de France, qui commenceront dans moins de deux semaines, n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

Wimbledon doit annoncer le montant de ses bourses le mois prochain, et Pegula a indiqué que les joueurs n’avaient pas reçu de réponse de la part du All England Club.

« Nous allons simplement continuer de discuter entre nous », a-t-elle dit.

L’un des principaux problèmes affectant la gouvernance du tennis est qu’il existe sept instances organisatrices: les quatre tournois du Grand Chelem, l’ATP, la WTA et la Fédération internationale de tennis.

« Ce qui rend les choses si difficiles, c’est que notre sport est extrêmement fragmenté. Il est difficile de mettre tout le monde d’accord, a expliqué Pegula. C’est pourquoi le fait que les 10 meilleurs joueurs et joueuses se soient réellement unis est si important. J’espère que cela attirera l’attention des tournois du Grand Chelem. »

Pegula se qualifie à Rome

Avant de se rendre à Paris, Pegula a perfectionné son jeu sur la terre battue à l’Omnium d’Italie, où elle a atteint les quarts de finale en battant Anastasia Potapova 7-6 (6), 6-2, lundi. Elle avait écrasé Rebeka Masarova 6-0, 6-0 au tour précédent.

Pegula affrontera ensuite la triple championne du tournoi, Iga Swiatek, ou la détentrice de quatre titres du Grand Chelem en carrière, Naomi Osaka.

Le parcours des Sabres retient l’attention

Entre ses matchs et ses activités de militante pour la parité des bourses, Pegula a eu du mal à suivre le parcours des Sabres en séries éliminatoires pour la première fois en 15 ans en raison du décalage horaire entre les États-Unis et l’Europe.

Le Canadien a battu les Sabres 6-2 lors du troisième match au Centre Bell dimanche soir, prenant ainsi une avance de 2-1 dans leur série de deuxième tour dans l’Association Est.

« Mon Dieu, je suis tellement déçue de ne pas avoir pu voir un seul match, a admis Pegula. Je donnerais n’importe quoi pour assister à un match des séries éliminatoires... J’adore ça. C’est ce que je préfère. »