TURIN, Italie - Après avoir régné sans partage sur 2025, Jannik Sinner et Carlos Alcaraz peuvent se croiser une dernière fois cette année lors du Masters ATP de Turin qui débute dimanche avec en jeu ni plus ni moins que la place de no 1 mondial.
Sinner et Alcaraz n’ont pas perdu de temps et se sont déjà expliqués depuis leur arrivée à l’Inalpi Arena, théâtre des finales ATP depuis 2021.
Devant 4000 spectateurs survoltés, en direct à la télévision italienne, ils ont disputé vendredi un set d’entraînement d’une grande intensité.
Ils se sont séparés tout sourire après un égoportrait qu’Alcaraz a publié ensuite sur ses réseaux sociaux, accompagné de deux émojis, deux épées croisées et le chiffre 1.
Car cette cinquième édition italienne du « tournoi des maîtres » pourrait aussi être renommée « Bataille pour le trône mondial ».
Repassé en tête du classement ATP après son sacre à Paris, son cinquième titre de l’année, Sinner, 24 ans, remet 1500 points en jeu à Turin, ceux glanés il y a un à la faveur de sa démonstration: avec cinq victoires en cinq matchs sans perdre un seul set.
Eliminé dès la phase de poules l’an dernier, Alcaraz, 22 ans, n’était, lui, reparti de Turin qu’avec 200 points dans ses valises.
« Une saison incroyable »
Or les deux joueurs qui se sont partagé les quatre titres du Grand Chelem cette année (Australie et Wimbledon pour Sinner, Roland-Garros et US Open pour Alcaraz) ne sont séparés actuellement que par 250 points.
« C’est l’un des tournois les plus importants de l’année par le simple fait que la place de no 1 mondial s’y joue », a reconnu Sinner qui affiche un bilan de 51 victoires et six défaites cette saison.
Avant de dédramatiser cette semaine: « Si je gagne (le tournoi) tant mieux, sinon, cela restera une saison incroyable », a estimé le natif du Haut-Adige, la région germanophone du nord-est de l’Italie.
C’est aussi l’occasion pour Sinner, sur ses terres et sa surface de prédilection (dur indoor, où il en est à 26 victoires de suite) de rééquilibrer un peu le bilan de son duel avec Alcaraz.
L’Espagnol a pris le large dans leurs confrontations avec dix victoires, contre cinq pour Sinner qui a perdu quatre de leurs cinq duels cette année.
« Quand les gens imaginent notre rivalité, notre lutte pour la première place mondiale, ils pensent qu’on doit se détester, mais en fait, notre rivalité est très saine, on se ressemble », a souligné « Carlitos » qui a remporté huit titres en 2025, avec un bilan de 67 victoires et huit défaites, la dernière dès son entrée en lice à Paris.
Une certitude: s’ils devaient se retrouver en demi-finale samedi ou en finale dimanche, il s’agira de leur dernier affrontement de la saison.
En attendant le 8e qualifié
Contrairement à Alcaraz, Sinner a en effet décidé de faire une croix sur le Final 8 de la Coupe Davis qu’il a remportée avec l’Italie en 2023 et 2024.
Sa décision, après une saison éprouvante physiquement comme émotionnellement avec sa suspension de trois mois après des contrôles positifs à un anabolisant et ses abandons à Cincinnati et Shanghai, a été très mal accueillie par ses compatriotes d’autant que la phase finale aura lieu cette année à Bologne.
Si les deux patrons du circuit sont clairement identifiés, le « troisième homme » est un jeunot de... 38 ans: Novak Djokovic qui va retrouver, après son forfait de 2024, un tournoi qu’il a remporté sept fois, un record.
« Djoko », dans le groupe baptisé Jimmy Connors avec Alcaraz, l’Américain Taylor Fritz et l’Australien Alex De Minaur, peut arriver à Turin avec un 101e titre ATP en poche s’il s’impose samedi à Athènes.
Dans l’autre groupe, Björn Borg, l’Allemand Alexander Zverev, double vainqueur de l’épreuve mais bien loin du duo de tête pour un no 3 mondial, et l’Américain Ben Shelton donneront la réplique à Sinner.
Le dernier invité du groupe pourrait être italien si Lorenzo Musetti bat Djokovic en finale à Athènes, ou dans le cas contraire canadien, Félix Auger-Aliassime.






