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Sinner, en souffrance et en deux temps, en finale

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L'Italien Jannik Sinner réagit pendant son match contre Andrey Rublev, lors du Masters de tennis d'Italie, à Rome, le jeudi 14 mai 2026. (Photo AP/Andrew Medichini (Andrew Medichini)

ROME – Jannik Sinner et ses tifosi ont tremblé pendant une interminable demi-finale disputée sur deux jours, mais il sera bien en finale du Masters 1000 de Rome dimanche où il peut mettre fin à la disette du tennis italien qui attend depuis 50 ans un successeur à Adriano Panatta au Foro Italico.

Entre vendredi soir et samedi après-midi, l’extra-terrestre Sinner, 24 ans, est redevenu humain.

Le no 1 mondial qui collectionne les victoires, titres et records, qui écoeure ses adversaires avant même d’entrer sur le court, qui a étendu son empire (et son emprise) jusque sur la terre battue en l’absence de Carlos Alcaraz, blessé, est passé par tous les états contre Daniil Medvedev qu’il a fini par faire capituler 6-2, 5-7, 6-4.

Il a d’abord surclassé Medvedev lors du premier set, ne laissant au no 9 mondial que deux points lors des quatre premiers jeux, avant d’empocher la manche sans mal.

L’Italien a ensuite connu un terrible passage à vide dans la deuxième manche. Il a été mené 3-0, avant de revenir à la hauteur de son adversaire, mais toujours en montrant un visage inhabituel, en panne de service, avec des mauvais choix tactiques et une flopée de fautes directes.

Pire, il a semblé au bord de la rupture sur le plan physique.

33e victoire consécutive

À l’issue des échanges les plus longs, il s’est appuyé longuement sur sa raquette, courbé en deux, pour reprendre son souffle. À un changement de côté, Sinner qui a enchaîné les trois Masters 1000 sur terre battue (Monte-Carlo, Madrid, Rome) depuis avril, a plusieurs fois grimacé de douleurs.

Pour se sortir d’affaires, le natif du Haut-Adige, qui contrôle toujours ses émotions, même lors de ses plus grands succès, a tenté de trouver de l’énergie dans le public du Campo Centrale. Il a célébré certains points en serrant le point et en haranguant la foule.

Cela n’a pas suffi : il a capitulé au douzième jeu et perdu son troisième set depuis le début de sa série-record de 33 victoires consécutives en Masters 1000 à Paris en octobre dernier.

Dans la manche décisive, Sinner a repris des couleurs et pris le service de son adversaire dès le troisième jeu. Ses supporters ont tremblé à 3-2 avec l’intervention du staff médical du tournoi, au changement de côté pour soigner sa cuisse droite, mais c’est ensuite la météo qui l’a contrarié alors qu’il menait 4-2. Une violente averse a interrompu la rencontre.

C’est sous un soleil éclatant que Sinner et Medvedev se sont retrouvés samedi, pour moins de vingt minutes, le temps pour chacun de remporter ses jeux de services et pour Sinner de s’imposer à sa troisième balle de match sur un revers croisé gagnant.

« Presque pas dormi »

« Je suis très content, car enfin ce match très long est terminé. Je n’ai presque pas dormi de la nuit. Je suis content aussi de me retrouver comme l’an dernier en finale, ce tournoi est déjà réussi pour moi », a-t-il assuré.

Ce succès, remporté après deux heures et 37 minutes de jeu, pourrait laisser des traces à dix jours de Roland-Garros (24 juin-7 juin), le seul Grand Chelem qui manque à son palmarès et son objectif de l’année.

S’il s’impose dimanche et s’offre un 29e titre, un cinquième cette année après Indian Wells, Miami, Monte-Carlo et Madrid, il deviendra le deuxième joueur de l’histoire après le Serbe Novak Djokovic à avoir remporté les neuf Masters 1000 au calendrier. Il deviendrait définitivement le plus grand joueur de l’histoire du tennis italien, en succédant à Panatta.

Son prochain adversaire, Casper Ruud (25e), n’avait lui eu aucun mal à décrocher son billet pour la finale dès samedi. Il a assommé 6-1, 6-1 un autre Italien Luciano Darderi (20e), passé complétement au travers du match le plus important de sa jeune carrière à cause de la fatigue.

Il y a tout juste un an, Sinner avait balayé Ruud en quarts de finale (6-0, 6-1).

« Cela sera un tout autre match, car il joue à tout autre niveau cette année », a prévenu Sinner.