Cela fait deux ans que nous n'avons pas la chance de vivre notre passion à plein chez nous au Canada lors de nos deux Omniums Banque Nationale, épreuves moteur pour développer le tennis au pays.
Après de si belles prestations de nos jeunes Denis Shapovalov et Félix Auger Aliassime à Wimbledon, je me pourléchais bien égoïstement les babines, sachant que cela fait très certainement partie des possibilités qu'un jour ces deux-là fassent le spectacle du début du tournoi jusqu'à la fin. Alors, pourquoi pas cette année?
Sauf que, sur le central de l'Université York au Nord de Toronto, franchement un peu trop rapide cette année, ni « FAA » ni « Shapo » ont été en mesure de nous faire vibrer. C'est certain que plus ils avancent au classement, plus les attentes sont grandes et avec cela vient son lot de stress. Lorsque Billie Jean King lance cette phrase pleine de sens en 1973 : « La pression est un privilège », elle s'apprête à affronter le macho dans tous les azimuts, Bobby Riggs. Pour cette championne aux 39 titres Grand Chelem, il n'y avait pas plus grande cause que de se servir de cette fenêtre médiatique grâce à une victoire, pour éventuellement mettre au monde le circuit professionnel chez les dames.
Si trop de pression peut faire craquer une coquille d'œuf, comme ce qui est arrivé à Novak Djokovic aux Jeux olympiques de Tokyo, juste la bonne quantité bien contrôlée peut transformer le carbone en diamant. Mais cela prend du temps, quelques fois beaucoup de temps pour développer des clés efficaces pour savoir garder la tête hors de l'eau, voire pouvoir compter sur un minimum de constance dans tous les aspects du jeu, pour survivre à la tempête lorsque que celle-ci fait rage. À ce point de vue, je comprends votre frustration chers amis, mais dites-vous qu'au début de la vingtaine, Roger Federer et Novak Djokovic étaient bien loin des grands champions qu'ils sont finalement devenus...
Alors soyons patients tandis que Félix et Denis travaillent très fort dans le but d'être constant dans l'excellence pour espérer un jour faire partie de la grande élite. L'air est rare au sommet de l'Everest et plusieurs se cassent les dents en tentant de dompter la montagne. Soyez assurés que de part et d'autre, on cherche ardemment à trouver les solutions qui s'imposent.
Qu'en est-il de Pospisil et Schnur?
Un petit mot sur Vasek Pospisil qui perd d'entrée devant le talentueux contre-attaquant américain Tommy Paul. Notre Canadien est merveilleux en fluidité au service, en enchainement à la volée, sur certains coups droits, ça c'est de l'acquis. Le problème c'est que cette année, en raison du peu de tennis qu'il a joué, il ne fait pas que courir après la balle, il courre surtout après la forme. On ajoute à cela la canicule et le haut degré d'humidité, l'arène se transforme littéralement en fosse aux lions pour notre cher Vasek. Il n'est pas le seul alors que Taylor Fritz a tellement peiné dans cette moite chaleur, qu'il a souffert de folles palpitations cardiaques.
Cela vaut aussi la peine de mentionner la belle prestation du canadien Brayden Schnur, qui a beaucoup souffert durant la folie de la COVID-19, alors qu'avancer au classement devenait impossible. Redescendu à la 247e place mondiale après avoir goûté au top-100, Schnur va chercher de grosses victoires en qualifications face à Marcos Giron (66e) et Daniel Elahi Galan (115e). Il prouve finalement qu'à 26 ans, tout est encore possible pour se faire une place éventuellement dans les grands tableaux.
D'entrée, le très chaud Sud-Africain Lloyd Harris l'attend. Je vous rappelle que Harris vient d'indiquer la porte de sortie à Rafael Nadal à Washington et qu'il est en pleine progression. Après avoir commencé l'année au 90e rang, il est maintenant 49e. D'ailleurs, à Dubaï cette année, le meilleur Sud-Africain sur le circuit passe des qualifications jusqu'à la demi-finale. Il est efficace au service, il est grand mais bouge bien et est super cool mentalement. Harris brise quatre fois Schnur et pourtant le service est le meilleur coup de notre Canadien. Peu importe, Brayden est relancé et en bout de ligne, c'est bien cela le rôle de notre tournoi: donner de l'espoir aux oubliés, leur permettre de se mesurer à la crème de la crème et de continuer de rêver tout en travaillant sur les faiblesses exposées...





