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RÉSULTATS

Domination et constance, les deux mots de 2023

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Ce n'est peut-être pas la saison qu'on espérait avoir, mais la saison 2023 de Formule 1 restera tout de même une saison particulière dans l'histoire de la Formule 1, et ce, pour toutes sortes de raisons. 

Bien sûr, on s'en souviendra pour la domination outrageuse de Max Verstappen et de Red Bull, eux qui ont fracassé record après record tout au long de la saison. 

Mais derrière eux, il y a plusieurs histoires à retenir. Les difficultés de Mercedes et Ferrari. La progression soudaine et spectaculaire de McLaren, et à l'inverse, la décevante descente d'Aston Martin après un début de saison inespéré. La saison recrue réussie d'Oscar Piastri, la renaissance du vétéran Fernando Alonso. Les changements importants chez Alpine, le retour de Daniel Ricciardo, les hauts et les bas de Lance Stroll, le travail d'Alex Albon, etc.

Bref, je vous propose un petit tour d'horizon de mes étoiles et de mes déceptions de la saison. 

Verstappen, seul au monde

Personne cette saison n'aura été proche d'embêter Max Verstappen. Sergio Perez a bien tenté sa chance avec deux victoires lors des quatre premières courses de la saison, mais on a bien vu par la suite qu'il y a toujours un monde de différence entre les deux pilotes Red Bull. 

Je suis revenu longuement sur la saison de Verstappen et de Red Bull dans une de mes dernières chroniques. Les chiffres sont impressionnants et la constance que lui et son équipe ont affichée est inégalée. C'est vraiment une saison exceptionnelle pour eux.

C'est d'autant plus impressionnant, puisque derrière eux, aucune équipe n'a su afficher de la régularité au cours de la saison. Pour toutes les autres équipes, les performances ont varié grandement d'un Grand Prix à l'autre, que ce soit en raison du type de tracé, des conditions météorologiques, ou des évolutions sur les voitures.

Au chapitre des évolutions, il est difficile de passer sous le silence le progrès réalisé par McLaren. Je ne me souviens pas d'avoir vu une équipe progresser autant en une seule saison, passant de peut-être la pire écurie en début de saison, à une équipe qui amasse des podiums sur une base régulière en fin de campagne. On s'est rendu à l'évidence rapidement chez McLaren, réalisant que la monoplace 2023 était ratée avant même le début des essais hivernaux. On s'est alors mis rapidement à la recherche de solutions plutôt que de s'entêter à faire fonctionner une voiture mal née. Une décision qui a pris tout son sens en cours de saison.

Cette progression a également permis à McLaren de voir ses deux pilotes progresser. À 24 ans, on voulait voir Lando Norris atteindre un autre niveau dans son pilotage. Impossible de le faire en début de saison avec seulement trois résultats dans les points lors des huit premières courses, mais Norris a prouvé que son pilotage prenait en maturité avec une récolte de sept podiums lors des 13 dernières épreuves.

Sévère envers lui-même, Norris vous dira sans doute qu'il pouvait faire encore mieux. Ses partisans ont hâte de le voir gagner une épreuve, et le fait de voir Oscar Piastri remporter une course sprint est venu accentuer ce sentiment. Norris doit aussi être un peu plus régulier en qualifications et il s'est compliqué la vie avec plusieurs petites erreurs le samedi. Rien de majeur, mais une petite glissade est souvent assez pour vous faire perdre plusieurs positions. Tout de même, c'est une bonne saison pour le pilote britannique qui a démontré une fois de plus son grand potentiel. 

À ses côtés, Oscar Piastri aura été impressionnant à sa saison recrue. Les attentes sont élevées envers l'Australien depuis son départ médiatisé d'Alpine pour aller vers McLaren. Il a démontré que sa réputation ne tenait pas à rien, bien au contraire.

Bien sûr, il y a bon écart entre Piastri et Norris, ce qui était à prévoir étant donné que Piastri faisait ses premiers pas en Formule 1. Il reste que ça faisait longtemps qu'on avait vu une recrue performer de cette façon. Piastri est d'ailleurs devenu le premier pilote recru à obtenir au moins deux podiums depuis Lewis Hamilton en 2007.

On a aussi vu Piastri remporter une course sprint au Qatar et se démarquer lors de quelques séances de qualifications. 

McLaren compte deux jeunes pilotes plein de talent dans ses rangs. Espérons pour eux que les performances de la fin de saison sont un présage de l'avenir pour l'écurie, car avec Norris et Piastri, Zak Brown a dans ses rangs tout ce qu'il faut pour gagner. 

Alonso, comme un bon vin

Impossible de ne pas évoquer la saison de Fernando Alonso lorsqu'on pense aux meilleurs pilotes de la saison. À 42 ans maintenant, Alonso a profité d'une progression immense d'Aston Martin pendant la saison morte pour prouver que son pilotage est toujours au niveau, amassant six podiums lors des huit premières épreuves de la saison. 

Aston Martin a perdu beaucoup de rythme en deuxième moitié de saison, mais Alonso a tout de même trouvé une façon de monter sur le podium aux Pays-Bas et au Brésil. 

Un des exploits d'Alonso, c'est également sa constance incroyable en qualifications. Alonso a atteint la Q3 20 fois en 22 Grands Prix. Seuls deux autres pilotes ont réussi cet exploit, soit Max Verstappen et Charles Leclerc.

Sans tambours ni trompettes, soulignons aussi la saison d'Alex Albon, chez Williams. Sa récolte de 27 points lui a permis de terminer au 13e rang des pilotes. 

La constance, la clé de 2023

En 2023, ce qui a fait la différence entre une saison réussie et une saison difficile, autant pour les pilotes que pour les écuries, c'est la constance.

Commençons par Sergio Perez, qui n'a certainement pas été en mesure de démontrer la même régularité que son coéquipier. Alors qu'on espérait le voir mettre un peu de pression sur Verstappen dans la course au titre, Perez a lui-même admis, lors de son passage à Montréal, que pour se battre contre Verstappen, il ne fallait avoir aucun mauvais week-end.

Or, Perez en a connu beaucoup trop, particulièrement en qualifications. Neuf fois, il n'a pas atteint la Q3, ce qui n'est pas acceptable avec la qualité de voiture qu'il avait sous la main. 

Parmi les poursuivants de Red Bull, la constance aura été le talon d'Achille de Ferrari, Mercedes, McLaren et Aston Martin. Chez Ferrari et Mercedes, les performances ont varié tout au long de la saison selon les conditions et les types de circuit.

Les quatre pilotes de ces écuries ont connu de bons moments, mais impossible de faire mieux dans ces conditions. Soulignons tout de même la victoire de Carlos Sainz à Singapour, la seule course de la saison qui n'a pas été remportée par Red Bull. Charles Leclerc, lui, s'est distingué avec cinq positions de tête… sauf que le rythme de course de sa Ferrari ne lui a pas permis d'obtenir de victoires. Quant à Lewis Hamilton, sa troisième place au classement démontre bien qu'il fait toujours partie des meilleurs pilotes du plateau, même s'il n'a pas remporté d'épreuves lors des deux dernières saisons.

Manque de constance aussi chez Alpine, malgré un podium chacun pour Esteban Ocon et Pierre Gasly (et un autre pour Gasly lors d'une course sprint, en Belgique). 

Chez Haas, on a souvent démontré un bon rythme en qualifications, mais un important problème de surchauffe des pneus rendait les courses cauchemardesques. 

Finalement, terminons ce résumé avec Lance Stroll, qui lui aussi, n'aura pas été le plus constant. Il faut dire que le pilote Québécois a connu une année mouvementée avec son accident de vélo qui lui a fait manquer les essais hivernaux et sa sortie de piste en qualifications qui lui a fait rater le Grand Prix de Singapour.

Stroll a commencé la saison avec un bon rythme. Certes, ses résultats n'étaient pas comparables aux podiums amassés par Alonso, mais le Canadien était constamment dans les points et aidait l'équipe au classement. Être comparé constamment à un double champion du monde n'a rien de facile.

Stroll a toutefois connu une séquence très difficile en revenant de la pause hivernale. Visiblement perdu au volant d'une Aston Martin qui perdait en efficacité, il a été exclu des points lors de cinq courses consécutives. 

Comme toujours, ses qualifications lui compliquent grandement la tâche. Stroll n'a atteint la Q3 que huit fois, contrairement à 20 pour Alonso. 

Toutefois, il a pu terminer la saison sur une note positive, notamment avec des cinquièmes positions au Brésil et à Las Vegas. Espérons qu'il pourra construire ses ces résultats pour bien commencer la campagne en 2024. 

En terminant, j'aimerais vous remercier une fois de plus d'avoir suivi toute l'équipe de RDS tout au long de cette saison 2023. Merci d'avoir été des nôtres, en espérant que vous avez apprécié ces quelques chroniques. À bientôt!