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Rapport d'espoir : le dernier tour de piste d'Owen Beck dans les rangs juniors

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Nous étions-nous un peu emportés en croyant qu'Owen Beck possède les atouts offensifs nécessaires à pivoter un 2e ou 3e trio dans la LNH? 

C'est une question qui méritait d'être posée durant les premières semaines suivant son retranchement du camp des Canadiens, le 30 septembre dernier.

Beck a amorcé très modestement sa saison dans la Ligue junior de l'Ontario; du moins, au point de vue de la production. Après six matchs dans son rôle de centre no 1 des Petes de Peterborough, il n'avait qu'un but à sa fiche, et n'avait pas encore obtenu de mention d'aide.

Si les chiffres à l'attaque n'y étaient pas, Beck continuait de passer le test oculaire. 

Les données compilées par Sportlogiq abondent dans le même sens que ce qui a été observé : même s'il marque à un rythme inférieur à celui de 2022-2023 (saison passée entre Mississauga et Peterborough), ses chiffres sont à peu près les mêmes en ce qui a trait au maniement de rondelle, et sa part de tirs tentés a explosé, avec en moyenne près de trois tirs de plus dirigés vers la cage adverse par match.

Comment s'explique cette tendance? Surtout par le fait que Beck est l'un des attaquants jusqu'ici dans l'OHL qui défient le plus le gardien adverse à partir du bas de l'enclave. Il est passé à ce chapitre du 124e rang l'an dernier au 7e (de 0,62 tir en moyenne à 1,5).

Si la production n'était pas au rendez-vous initialement, depuis la fin octobre, le centre de 19 ans a pris son élan, ayant noirci la feuille de pointage à la hauteur de six buts et deux aides à sa fiche lors de ses cinq dernières parties.

Au point de vue des buts attendus (expected goals) - une donnée qui tente de prédire le nombre de buts qu'un joueur marquera en analysant la qualité des occasions de marquer qu'il génère - le pivot droitier est passé de 0,33 à sa 2e saison dans les rangs juniors, à 0,41 après onze matchs en 2023-2024. Cela lui confère à ce jour le 32e échelon dans l'OHL.

Il est vrai cependant que deux aides à ce stade-ci, c'est très peu compte tenu du temps de glace que lui alloue l'entraîneur-chef Rob Wilson. On s'attend de sa part à ce qu'il prépare plus de buts pour ses compagnons de trio, qui ont varié quelque peu depuis que les Petes ont échangé l'ailier de 20 ans Connor Lockhart car ils comptaient trop de joueurs de 20 ans au sein de leur formation.

Par ailleurs, les Petes ne représentent pas une formidable machine offensive en dépit de leur solide bilan de 8-2-3.

En fait, ironiquement, ils viennent au dernier rang de leur division pour les buts marqués (40 en 13 matchs), alors qu'ils sont à égalité en 1re place dans la ligue pour les buts alloués (36).

Des détails habituellement réservés aux pros

Si Owen Beck est parvenu à se faire remarquer pour les bonnes raisons à chacune de ses deux invitations au camp du CH, c'est qu'il a déjà assimilé des détails du jeu qui sont normalement réservés à des joueurs ayant du millage chez les pros.

Qu'il ait trouvé le fond du filet ou non, que son club mène 4-0 ou qu'il tire de l'arrière par le même score, les niveaux d'implication et d'intensité déployés par Beck restent inchangés, tout comme son attention aux détails.

C'est l'un des traits de caractère de Beck qui avaient séduit le CH en tout début de 2e ronde du repêchage de 2022.

Que ce soit par un positionnement toujours adéquat, son omniprésence en bas de territoire défensif pour prêter main-forte à ses défenseurs ou un bâton bien placé pour faire avorter un jeu, Beck constitue une valeur sûre pour son entraîneur-chef.

Il n'est pas rare par ailleurs de le voir temporiser le jeu derrière la ligne des buts défensive et permettre d'organiser la contre-attaque. 

Et les tirs bloqués, vous demandez-vous? Beck est 1er chez les attaquants, avec 1,6 lancer bloqué par match, lui qui obtient en moyenne près de 3 minutes par soir en infériorité numérique. 

Les adversaires de Beck qui tentent le fameux jeu renversé en zone neutre à cinq contre quatre ont intérêt à ne pas faire les choses nonchalamment, car le no 16 des Petes, avec son excellent sens de l'anticipation, est toujours à l'affût et prêt à créer un revirement.

Fidèle à son habitude, Beck continue d'être solide au cercle des mises en jeu, comme en témoigne son taux d'efficacité de 66 % en zone défensive, une amélioration de 2 % par rapport à son rendement de 2022-2023.

Ils ne courent pas les rues, les espoirs capables, avant même d'avoir eu 20 ans, de couvrir les 200 pieds de la patinoire en ne sacrifiant pas l'importance qu'ils revêtent pour leur équipe en attaque.

En ce sens, qu'on lui réserve ou non un rôle offensif avec Équipe Canada junior en décembre prochain, une deuxième participation au tournoi semble inévitable pour Beck.

Pour des raisons évidentes, il est plus difficile pour l'amateur moyen de s'enthousiasmer devant le potentiel d'un centre complet qui pourrait plafonner autour de 40-45 points dans la LNH que pour un attaquant au potentiel offensif électrisant.

Beck appartient à la première catégorie d'espoir, et malgré que le facteur « wow » manque au sein de la relève du CH, soyez assurés que l'état-major du CH n'a aucun regret de l'avoir ciblé au 33e rang à l'été 2022.