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RÉSULTATS

Séries LPHF : Au tour de Desbiens d'écrire son histoire

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MONTRÉAL – Les séries éliminatoires, à Montréal, sont souvent une histoire de gardiens. Des carrières y sont nées, des étoiles filantes y sont passées, des questions y ont été laissées éternellement en suspens.

Au tour d'Ann-Renée Desbiens de laisser sa trace dans les archives.

Déjà maintes fois décorée sur la scène internationale, Desbiens s'apprête, comme plusieurs de ses consoeurs, à vivre son premier tournoi éliminatoire tel qu'on les connaît dans le sport professionnel nord-américain. Son duel contre l'Américaine Aerin Frankel sera l'un des points à surveiller dans la confrontation de premier tour entre Montréal et Boston qui prendra son envol jeudi à Laval (match présenté à 19 h à RDS).

La cerbère de Charlevoix est arrivée à cette étape dans une bonne forme. Elle a réalisé au moins 30 arrêts dans chacun des quatre matchs auquel elle a pris part depuis son retour du Championnat du monde à la mi-avril. Son taux d'efficacité de ,931 au cours de cette période a aidé son équipe à récolter sept points sur une possibilité de douze. Elle a au passage signé son premier jeu blanc de la saison dans un gain de 2-0 à Ottawa.  

« Quand tu commences ta saison régulière, ce à quoi tu penses, justement, c'est d'être en séries, a commenté Desbiens après l'entraînement mercredi. Peu importe ce qui se passe en saison, c'est vraiment de te rendre là pour avoir l'opportunité de te battre pour un trophée, pour un championnat. »

« Je me sens bien, a-t-elle enchaîné. Justement, le Mondial, ça m'a fait une bonne pause. Ça m'a permis d'un peu retrouver ma game. Je suis contente, j'ai hâte. Qu'on le veuille ou non, j'aime toujours plus jouer pour un enjeu. »

Pour retrouver quelque chose, il faut d'abord l'avoir perdu. Les mots utilisés par Desbiens pour décrire ses récents résultats permettent de déduire que les statistiques qu'elle a affichées cette saison n'étaient pas, même à ses yeux, sans substance.

Sur un total de huit gardiennes qui ont joué suffisamment de minutes pour être comptabilisées, elle s'est classée au sixième rang au niveau de la moyenne de buts alloués (2,28) et au cinquième rang pour le taux d'efficacité (,923). À titre comparatif, son auxiliaire Elaine Chuli a dominé la ligue avec une moyenne de 1,61 et un taux de ,949 en huit sorties.

Même si elle a obtenu deux fois plus de départs que son adjointe, elle a signé une seule victoire de plus en temps réglementaire.

Elle était où, donc, la game de Desbiens?  

 « Elle était là, rétorque la principale intéressée. C'est juste que c'est différent. C'est de l'adaptation quand tu as joué avec l'équipe nationale pendant trois ans et que tu arrives dans un milieu qui est peut-être un peu moins structuré. Ça change les habitudes, c'est juste différent. Il y a beaucoup d'automatismes que j'avais avec l'équipe nationale que je ne pouvais plus avoir ici. C'était juste de reprendre une routine différente. »

« D'entendre Ann dire qu'elle a trouvé sa game, je pense qu'elle était toujours là, tout au long de l'année, défend Marie-Philip Poulin. Le hockey, c'est un sport très difficile. Que ça soit physiquement, mentalement, il faut toujours que tu sois prête. Et nous, on ne l'a pas nécessairement toujours aidée. Durant des parties qu'on n'a pas gagnées, on l'a laissée à elle-même. »

« Elle est revenue après le Championnat mondial et je pense que tu vois vraiment la confiance qu'elle apporte, comment elle se comporte dans les filets. Tu le sens en tant que joueuse. Elle contrôle ses retours. Tu l'as vu contre Ottawa, comment elle a joué. Pour nous, ça nous fait sourire quand elle fait des gros arrêts comme ça. Ann est un élément très important dans notre équipe. Je ne pense pas qu'elle a très mal joué cette année. Pour nous, ça a été une joueuse très importante, elle a fait sa job. »

« Elle est notre numéro un »

« Chaque joueuse a dû s'ajuster à cette nouvelle saison dans cette nouvelle ligue, rappelle l'entraîneuse Kori Cheverie. Pour elle, ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas joué dans une ligue avec autant de matchs. Même à l'époque où elle jouait à l'Université du Wisconsin, elle avait devant elle une équipe dominante. »

« Dans les quatre ou cinq dernières années, elle avait eu deux entraîneurs de gardiens, poursuit Cheverie. Cette année, elle a dû apprendre à travailler avec quelqu'un qui lui était moins familier, à bâtir de nouvelles relations. Tout ça, ça peut prendre un peu de temps, mais je pense que ‘Deb' a trouvé son rythme. »

Satisfaite de la progression de sa femme masquée, Cheverie assure qu'en aucun temps elle n'a été inquiétée par son rendement. Et bien qu'elle reconnaisse l'apport important de Chuli dans le positionnement de son équipe au classement final, la tacticienne écarte toute possibilité de controverse.

« [Desbiens] est notre numéro un, quelqu'un que tu veux devant ton filet à cette période de l'année. [...] Tu ne peux pas parier contre elle. Elle est là quand ça compte, elle est compétitive, il y a cette confiance qui se transpose dans son attitude et que tous les entraîneurs veulent voir chez leur gardien. Elle va connaître de bonnes séries. »