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Priorité au club pour Dominic Iankov

Dominic Iankov Dominic Iankov - Getty
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MONTRÉAL – Pendant que quatre de ses coéquipiers étaient au Texas pour qualifier le Canada pour la Copa América, qu'Ariel Lassiter visait le même objectif avec le Costa Rica et que George Campbell préparait sa mère patrie pour l'aventure olympique, Dominic Iankov profitait d'un petit congé à Montréal.

Le milieu de terrain du CF Montréal, qui est né à Toronto de parents bulgares, a représenté la Bulgarie 17 fois sur la scène internationale. Ses dernières minutes en sélection remontent au mois de septembre 2023. Il avait été appelé pour deux matchs de qualification pour l'Euro 2024 en novembre, mais n'avait pas été utilisé par le sélectionneur Ilian Iliev.

Écartée du portrait pour l'Euro, la Bulgarie disputait dans les derniers jours des matchs amicaux contre la Tanzanie et l'Azerbaïdjan. Iankov n'y était pas. Était-ce lié à un pépin physique? Ou n'avait-il simplement pas été inclus dans les plans de l'entraîneur?

« J'ai été appelé, en fait, mais on a conclu que c'était mieux pour moi de rester ici, a clarifié Iankov mardi avant l'entraînement. Évidemment, la saison vient à peine de commencer ici. J'aurais dû faire huit heures et demie d'avion pour me rendre là-bas, m'ajuster au décalage horaire. Ça aurait été dur sur mon corps. On a jugé que c'était mieux de rester ici et de me concentrer sur nos prochains matchs. »

À noter que le « on », dans la version de Iankov, implique son entraîneur en équipe nationale et non un membre du personnel du CF Montréal.

Iankov est jusqu'ici intégré avec prudence dans le projet montréalais. Titularisé dans le premier match de la saison à Orlando, une blessure l'a contraint à rater le déplacement à Dallas la semaine suivante. Il a depuis été appelé à quitter le banc pour une vingtaine de minutes à Miami et Chicago. Il a marqué un but de toute beauté, en collaboration avec Josef Martínez, dans le mémorable volte-face de la ville des vents. Il se dit « en santé » et « prêt pour le prochain match ».

L'ancien académicien de Sunderland apprivoise encore le soccer nord-américain après avoir passé les sept dernières années en Bulgarie. Le PFC Ludogorets, le club qui l'avait recruté, est l'un des mieux nantis du pays et offre à ses joueurs des conditions similaires à ce que Iankov connaît à Montréal. Mais il est basé dans une ville de quelques dizaines de milliers d'habitants, au nord d'un pays dont la superficie est inférieure à celle de l'État de New York.

Les défis d'adaptation sont donc bien réels pour Iankov, qui n'a pas vécu dans une métropole depuis qu'il a quitté Toronto à l'âge de 13 ans et qui n'a jamais eu à traverser un continent sur une base hebdomadaire dans l'exercice de ses fonctions.

C'est sans compter les spécificités propres à ses employeurs. Ce que Laurent Courtois et ses adjoints ont demandé à leurs joueurs dans les derniers mois ne correspond pas aux habitudes que Iankov avait développées dans les Balkans, admet-il.

« En MLS, on court beaucoup sur la longueur du terrain et il y a beaucoup d'espaces libres dans le jeu. En Bulgarie, il n'y en avait pas autant. Dans mon ancien club, on gardait plus souvent qu'autrement la balle parce qu'on était les favoris et nos adversaires formaient un bloc défensif compact. C'était difficile de trouver de l'espace. Aussi, on a beaucoup joué avec le ballon en présaison ici tandis que là-bas, on courait beaucoup plus. »

Regard sur juin

La décision de Iankov de prioriser sa vie en club est une bonne nouvelle pour le CF Montréal, dont la profondeur sera mise à l'épreuve dans les prochains mois avec la présentation des compétitions mentionnées plus tôt.

Pour une séquence de quatre matchs à l'horaire entre le 15 et le 29 juin (Real Salt Lake, New York Red Bulls et Philadelphie à domicile, New York City FC à l'étranger), Montréal pourrait être privé de six titulaires sélectionnés pour la Copa América.

La colonne vertébrale de l'équipe risque d'être particulièrement affectée par l'absence probable de Jonathan Sirois, Joel Waterman, Samuel Piette et Mathieu Choinière. Lassiter, qui a obtenu presque toutes les minutes sur le flanc gauche jusqu'à présent, manquera lui aussi à l'appel. L'autre absent potentiel est Josef Martínez, qui pourrait rejoindre la sélection du Vénézuela.

Auteur de 14 buts en 66 apparitions avec son équipe nationale, Martínez a participé à la Copa América à trois reprises en 2015, 2016 et 2019. Il cite son but contre la Jamaïque, lors de l'édition du centenaire, comme son plus beau souvenir de la compétition.

Souhaite-t-il recevoir l'appel de la Vinotinto pour ce rendez-vous estival?

« Mon but est d'être en santé. Mon but est d'essayer de gagner chaque semaine. C'est ça le plus important. L'avenir, je ne sais pas trop. Je ne suis pas le genre de gars à trop y penser. Un jour à la fois », a répondu Martínez à cette question mercredi.

Évidemment, la tenue de la Copa América n'affecte en rien la disponibilité de Iankov. Mais durant la fenêtre internationale du début du mois de juin, la même dont le Canada profitera pour aller disputer un match préparatoire aux Pays-Bas, la Bulgarie jouera deux matchs amicaux contre la Roumanie et la Slovénie.

L'histoire ne dit pas si Iankov aura changé son fusil d'épaule d'ici là. Mais s'il décide encore une fois de rester à Montréal pour prendre un peu de repos, ce n'est pas l'Impact qui va s'en plaindre.