C’est en quelque sorte un retour aux sources pour Damian Warner.
Originaire de London, en Ontario, il est de retour à Glasgow, en Écosse, pour les Jeux du Commonwealth, là où il avait remporté la médaille d’or au décathlon il y a 12 ans. À l’époque, le palmarès de Warner était bien moins impressionnant: depuis, il a remporté une médaille d’or olympique, trois autres médailles aux Championnats du monde d’athlétisme et plusieurs titres nationaux supplémentaires.
« C’est vraiment génial. Je pense que si vous m’aviez demandé en 2014 si je serais encore de la partie en 2026, je ne suis pas sûr que je l’aurais cru, a-t-il déclaré. Mais, en même temps, je suis tout simplement très reconnaissant de pouvoir encore pratiquer ce sport et de continuer à le faire à un haut niveau.
« Ç’a été un très beau parcours. Et je suis vraiment impatient de retourner à Glasgow, une ville où je conserve d’excellents souvenirs de 2014. Ma famille sera à mes côtés cette fois-ci, ce qui change un peu de l’habitude, mais j’ai hâte d’y être », a-t-il reconnu.
Les épreuves d’athlétisme commenceront lundi au stade EDF Scotstoun, et le décathlon, qui se déroule sur deux jours, se mettra en branle jeudi.
Warner fait partie des nombreuses vedettes canadiennes qui se rendront à cet événement, aux côtés notamment des champions olympiques et du monde de lancer du marteau, Ethan Katzberg et Camryn Rogers, du sprinteur Andre De Grasse et de la spécialiste du lancer du poids, Sarah Mitton.
La présence de tant d’athlètes de haut niveau à Glasgow s’explique en partie par l’absence des Championnats du monde en plein air habituels, ceux-ci étant reportés à la saison prochaine, les Jeux olympiques devant suivre en 2028, à Los Angeles.
Mais pour Warner, il ne s’agit pas seulement de rechercher une compétition de haut niveau en décathlon. C’est aussi l’envie de rebondir, après ces deux dernières années, en remportant l’or, afin de montrer qu’il fait toujours partie de l’élite de sa discipline.
Il y a deux ans, l’athlète âgé de 36 ans s’était retiré des Jeux olympiques après avoir été incapable de franchir la barre lors de ses trois tentatives au saut à la perche. Il avait également souffert d’une blessure au tendon d’Achille qui l’avait contraint à se retirer des Championnats du monde de 2025, à Tokyo.
« Après plusieurs années consécutives marquées par des événements malheureux, on a vraiment envie de réussir une belle performance pour montrer qu’on est toujours dans le coup, a-t-il dit. Et je pense que mes adversaires savent que je suis toujours compétitif et que je suis toujours là, et qu’ils doivent s’attendre à ce que je leur donne du fil à retordre.
« Mais on a bien sûr envie de sauter sur la piste et de réaliser un pointage qui le prouve. D’autant plus que le seuil de qualification pour les Championnats du monde est passé à 8620 (points). C’est donc un objectif qu’on souhaite également franchir pour ne plus avoir à s’en soucier à l’approche des Championnats du monde ou d’une année olympique. »
Warner a qualifié cette expérience olympique de période « frustrante », mais a précisé qu’il n’avait eu aucun doute quant à ses capacités ces deux dernières années.
Cependant, les exigences physiques du décathlon ont mis davantage l’accent sur l’âge de Warner et sur la durée pendant laquelle il pourra encore s’exécuter. Warner, qui était le plus vieux champion olympique de décathlon à 31 ans, en 2021, considère cela comme un « signe d’honneur ».
« C’est certainement une question que les gens posent beaucoup plus souvent à mesure que l’on vieillit, a-t-il déclaré. Et à un moment donné, c’était quelque chose qui devenait un peu agaçant… Ce n’est jamais vraiment une question qu’on vous pose quand vous avez la vingtaine, et à juste titre; il n’y a pas beaucoup de décathloniens ni d’athlètes qui ont connu le succès à 36, 37 ou 38 ans.
« Mais en même temps, il y a des gens comme LeBron James et d’autres athlètes qui connaissent le succès; Tom Brady a connu le succès très tard dans sa carrière. C’est donc vraiment une question de volonté, de savoir à quel point on le veut et à quel point on y prend du plaisir. Et j’adore toujours ce sport, et j’ai toujours l’impression d’avoir encore beaucoup à améliorer », a assuré Warner.
Ce dernier adoptera une approche prudente vis-à-vis des Jeux de 2028 à Los Angeles, conscient que le parcours olympique n’est pas facile.
« C’est un peu délicat à expliquer, car mon projet est de participer aux Jeux de 2028, mais en même temps, je me suis laissé une marge de manœuvre après cette année; je veux faire le point avec moi-même et avec ma famille pour m’assurer que c’est la bonne décision », a-t-il expliqué.
« Et si c’est le cas, alors nous irons à Los Angeles. Sinon, nous prendrons la décision difficile de nous retirer. Pour l’instant, je n’ai pas l’intention de me retirer. Mais je dois simplement me donner cette possibilité de prendre cette décision à la fin de cette année », a-t-il résumé.






