Comme ce fut le cas durant le Circuit mondial cet automne, le 500 m masculin des Jeux olympiques de Milan-Cortina en patinage de vitesse sur courte piste risque d’être disputé sans Jordan Pierre-Gilles, l’un des meilleurs patineurs au monde sur cette distance.
Le Sherbrookois avait terminé au sommet du classement cumulatif de cette épreuve il y a deux ans, puis il avait pris le quatrième rang l’an dernier. Plusieurs fois médaillé sur la scène internationale, il devait faire partie des favoris pour monter sur le podium en Italie, mais un mauvais virage en a décidé autrement.
L’incident est survenu aux Championnats canadiens en août dernier. Compétition qui a servi de sélection en vue des quatre étapes du Circuit mondial, où les résultats allaient ensuite déterminer le nombre de places canadiennes pour chaque épreuve olympique.
Pierre-Gilles a chuté ce jour-là, dès sa première course. Il a glissé jusque dans les coussins entourant la patinoire de l’Aréna Maurice-Richard et a subi une sévère commotion cérébrale. Le Québécois a dû faire un trait sur les épreuves individuelles du Circuit mondial et, du même coup, sur celles des prochains Jeux olympiques.
Il sera seulement du relais, à moins qu’un de ses coéquipiers se blesse d’ici là, ce que personne ne souhaite, comme l’a vite souligné Jordan Pierre-Gilles en entrevue.
« Individuellement, c’est poche. Ça fait quatre ans que je me prépare pour ça et j’ai prouvé à plusieurs reprises que je pouvais faire des podiums internationaux. C’est quand même décevant, mais dans les circonstances, je me trouve privilégié d’avoir cette opportunité-là et je serai là pour l’équipe », a-t-il partagé à Sportcom, quelques minutes après avoir reçu son manteau d’Équipe Canada.
« Ç’a été plus dur en début de saison, mais maintenant, l’équipe olympique est annoncée et j’en fais partie. Je m’en vais à mes deuxièmes JO avec du monde que j’adore. Une équipe spéciale, d’un point de vue personnel et de performances. Je suis extrêmement reconnaissant. »
La commotion cérébrale s’est ajoutée à une blessure à un genou qui a ennuyé Pierre-Gilles tout au long de l’été. Une tendinite au tendon du quadriceps et une fissure cartilagineuse de la rotule qui ont mis du temps à se résorber. Il a enduré la douleur pour les Championnats canadiens, mais les circonstances l’ont incité à se concentrer sur sa guérison dans les semaines qui ont suivi. S’il est pour participer seulement au relais à ses deuxièmes Jeux olympiques, mieux vaut s’y présenter au sommet de sa forme.
« Je voulais m’assurer d’être à mon meilleur quand ça va compter, soit en février, pour aider l’équipe avec ce que je peux apporter habituellement. On a joué de prudence toute la saison, je suis vraiment bien entouré! L’équipe est là pour moi, les coachs ont été là pour me rassurer et prendre des décisions qui, je le sentais, étaient les meilleures pour moi et pour ma santé. »
À défaut de le voir affronter l’élite mondiale de son sport, on l’a plutôt entendu aux abords des pistes en train d’encourager l’équipe canadienne, elle qui, sans surprise, a encore connu beaucoup de succès cet automne. William Dandjinou a défendu son globe de cristal chez les hommes et Courtney Sarault a triomphé du côté féminin. Et pour une deuxième année de suite, les Érables de glace ont reçu le globe de cristal par équipe.
« C’est quelque chose que j’ai de la facilité à faire parce que c’est du monde que j’aime », a tout bonnement lancé Pierre-Gilles. On comprend pourquoi il est perçu comme une pièce maîtresse de la formation canadienne et pourquoi le personnel d’entraîneurs lui a dit qu’il souhaite le voir patiner en Italie.
« Mes coéquipiers, ce sont des gens que j’apprécie et ça me fait plaisir de les soutenir. J’ai aussi eu de bons commentaires à ce sujet, comme quoi mon aide était grandement appréciée. On a une équipe qui se tient, ça donne de l’importance à ce rôle-là et c’est facile pour moi, surtout quand on me dit que je suis bon là-dedans! »
Depuis quelques semaines, les sensations s’améliorent pour Jordan Pierre-Gilles. Il prend plus de plaisir à patiner en étant moins limité dans ses mouvements. En vue des JO, il parle d’un « potentiel incroyable » avec beaucoup d’assurance pour le relais masculin dont il fera partie. L’objectif ne pourrait pas être plus clair : les Canadiens ont un titre olympique à défendre.






