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Les courses atypiques

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La pratique de la course à pied est en constante évolution en Amérique du Nord. Ce phénomène s'accompagne d'un nombre croissant de courses organisées. Un simple coup d'œil à différents calendriers de compétition de course à pied nous permet de réaliser qu'il y a pratiquement une compétition organisée à chaque fin de semaine au Québec. Et lors des plus beaux mois de l'année, une congestion se pointe puisqu'on peut dénombrer jusqu'à une dizaine de courses lors d'une même fin de semaine.

Pourtant, la plupart des spécialistes qui œuvrent à l'organisation de ces événements vous diront que le point de saturation n'est pas très loin. L'offre est tellement grande que certaines courses enregistrent des baisses de leur achalandage. Au-delà du simple constat qu'il y en a trop se cache l'évidence que l'effet de nouveauté y est de moins en moins présent. Le défi réside donc dans l'originalité et le degré d'attraction de chacune des compétitions à attirer les participants grâce à un petit quelque chose qu'elles sont les seules à avoir.  L'originalité du parcours, les caractéristiques de la médaille, la qualité et la nature du lunch d'après course ou l'originalité du chandail technique sont des exemples qui à première vue, pourraient permettre à une compétition de se distinguer et d'attirer davantage de participantes et participants.

Il existe cependant une catégorie de courses organisées qui est  en pleine croissance : les courses dites « atypiques ».  Par « atypique », il faut entendre les courses qui sortent de l'ordinaire. Cette définition englobe, par exemple,  les courses à obstacles, les courses de sentiers ou les courses ludiques (fun run). Bref, tout ce qui s'éloigne de la course sur route traditionnelle. Vous avez certainement déjà vu des images de coureurs franchissant des obstacles, rampant dans la boue, défiant des sentiers en forêt ou se lançant de la poudre colorée. La liste des défis à relever lors de ces courses atypiques et festives semble infinie.

L'entreprise québécoise Sportera Adrénaline est un des principaux acteurs de ce genre de course au Canada. Œuvrant principalement au Québec et en Ontario,  il s'agit en réalité d'un organisme à but non  lucratif associé à Opération Enfant Soleil. En 2016, elle organisera un peu plus d'une dizaine de courses familiales ludiques ou  de type « fun run » et des courses à obstacles.

Course sac de sable sur le dos

Un des cofondateurs de Sportera Adrénaline, Kevin Pillu, explique que depuis quelques années, les gens ont le goût de se mettre en forme d'une manière différente. De là est venue l'idée de lancer l'entreprise qui propose des épreuves empreintes d'originalité.

« L'origine des courses à obstacles remonte aux années 70. Des gens ont eu l'idée de créer une course basée uniquement sur l'entraînement militaire. Graduellement, des courses plus ludiques se sont imposées en raison d'un essoufflement de la course à pied classique. On a vu apparaitre des obstacles rigolos, de la couleur, de la musique, de la mousse, etc. Toutes des caractéristiques qui font en sorte qu'une course devient un peu plus atypique. »

De grandes différences existent entre les courses sur routes traditionnelles et ces courses hors normes.  Cela revient à l'aspect individuel de l'un par rapport à l'idée de groupe pour l'autre.  L'entraînement d'un marathon se fait de façon très structurée et supervisée  sur plusieurs semaines. Le jour de la course, le coureur doit suivre un rythme précis pour atteindre son objectif.  C'est tout le contraire dans une course à obstacles puisqu'on y participe souvent entre amis ou en famille dans l'unique but d'avoir du plaisir. La performance est secondaire.

Les courses à obstacles et de type  les « fun run » demeurent tout de même un phénomène relativement nouveau au Québec. Pourtant, aujourd'hui, il y a plus d'une soixantaine de courses de ce genre qui sont organisées en province. On prévoit que plus de 100 000 coureurs s'y inscriront en 2016. Des médias spécialisés, des groupes Facebook et même un salon sont déjà uniquement dédiés  à ce genre de courses. On commence à parler d'un phénomène de société.

La Spartan Race

Si plusieurs courses atypiques se déroulent tout au long de l'année en Amérique du Nord, le Québec se démarque par son originalité. « Il y a ici un côté très créatif et festif! Les gens veulent faire des choses différentes. On le voit dans des courses comme Prison Break qui est une course à obstacles avec des gardiens de prison et une quarantaine d'obstacles. Il y a des courses avec des glissades d'eau pour attirer un peu plus les familles ou des courses super difficiles comme la série Spartan Race. Il y a un réel intérêt des gens ici au Québec pour ce type de courses si bien que les organisateurs essaient de se démarquer. C'est donc un marché en pleine évolution comparativement à d'autres régions du Canada ou des États-Unis « où les courses traditionnelles sont pas mal toujours les mêmes », ajoute Kevin Pillu.

Malgré le plaisir qui y est associé, le participant qui s'inscrit à une course non-traditionnelle doit tout de même s'assurer qu'il sera capable de terminer l'épreuve sans mettre sa santé en danger. D'où l'importance de trouver l'épreuve qui lui convient. Monsieur Pillu explique qu'on doit d'abord savoir si on veut faire une course pour le plaisir avec des amis ou une course plus standard  pour performer. Il est également important de vérifier le dénivelé de la course et le nombre d'obstacles. Veut-on franchir ou non des obstacles? Préfèrent-on courir dans de la mousse? Ou au milieu d'une explosion de couleurs? On doit s'informer  sur le nombre de participants car il peut être  inintéressant de se retrouver à une course mal organisée avec seulement une centaine de personnes. La renommée d'une course est très importante.

Le concept de la course « Polar Hero » est des plus originaux

Lorsqu'on lui demande le nom de la course la plus originale qu'il a aidé à organiser, il répond immédiatement qu'il s'agit de « Polar Hero », une course de 5 kilomètres incluant plus de 25 obstacles à franchir en plein hiver à Montréal, Ottawa et Québec! « Ça a frappé très fort lors de la première édition en 2013 car nous avons créé quelque chose qui n'existait pas avant. Plein de gens pensaient que nous étions un peu fous puisqu'au défi d'attirer des gens dans une course à obstacles, nous devions également les convaincre de relever le défi en plein hiver par temps froid.  Lors de la première édition, nous avions attiré 600 participants alors qu'Ils étaient plus de 4 000 en 2016. C'est maintenant la plus grosse course d'obstacles en hiver au Canada. »

Même s'ils ont développé une expertise en courses ludiques, Sportera Adrénaline se fait également régulièrement approcher pour organiser des courses sur route traditionnelles. D'ailleurs Kevin Pillu mentionne de façon évasive qu'avec l'aide de ses associés, il travaille sur plusieurs projets du genre, notamment une très grosse course qui aura lieu au centre-ville  de Montréal l'an prochain dans le cadre d'un festival très connu. Il refuse de donner plus de détails si ce n'est que les distances au programme devraient être un 5 et un 10 kilomètres.

Le 27 août prochain, au Parc Jean-Drapeau, l'entreprise québécoise tentera une autre nouveauté au Canada. Le Big Bubble Tour, un événement qui connait déjà un grand succès aux États-Unis. L'épreuve est composée de cinq stations de mousse colorée et devrait attirer plusieurs familles. La traversée des stations de mousse plait tout particulièrement aux enfants! C'est l'exemple parfait d'une course atypique festive et familiale organisée pour amuser les gens et l'occasion idéale pour découvrir l'univers éclaté qu'est celui des courses atypiques. Avis aux intéressés!