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RÉSULTATS

Pamela Ware et Caeli McKay pansent leurs plaies et rêvent à des jours meilleurs

Pamela Ware - Getty
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MONTRÉAL – Pamela Ware et Caeli McKay partagent très peu de similitudes, outre le fait qu'elles sont des plongeuses au sein de l'équipe canadienne. L'une est au crépuscule de sa carrière, alors que l'autre n'en est encore qu'aux premiers balbutiements. Ça ne les empêche pas de partager un but commun : panser leurs blessures à temps pour participer aux Jeux olympiques d'été de Paris en 2024.

Ware, qui est âgée de 30 ans, doit surmonter des blessures mentales, alors que McKay, qui vient de souffler ses 23 bougies, doit soigner des blessures physiques.

Ware s'affaire à soigner le profond traumatisme qu'elle a vécu aux Jeux d'été de Tokyo en 2021. Les images ont fait le tour du monde : alors en demi-finales, la Québécoise s'élance dans son saut d'appel, avant de figer soudainement et de se laisser simplement choir, pieds en premier, dans la piscine. Résultat : une note de 0, et le 18e rang du groupe.

Un incident qui, croyait-elle, était anodin et qui serait rapidement oublié. Mais ça n'a pas été le cas. Loin de là.

La plongeuse de Greenfield Park est revenue sur cette journée difficile, mercredi, à l'occasion d'un entraînement ouvert aux médias à la piscine du centre sportif du Parc olympique, dans le cadre de la Coupe du monde de plongeon de Montréal.

« Ma dernière compétition à ce niveau-ci, c'était aux Jeux olympiques, et on sait tous ce qui s'est produit là-bas. L'année dernière (2022) a été vraiment difficile mentalement et physiquement. Je n'étais plus moi-même », a d'abord admis la Québécoise.

« Je pensais que j'allais rapidement tourner la page, mais aujourd'hui je me rends compte que ç'a été vraiment, vraiment difficile. Aujourd'hui encore, quand je tombe dans l'eau après un plongeon, j'ai parfois des "flashbacks" de ce qui s'est produit et je dois prendre du temps pour me ressaisir. C'est vraiment difficile, mais j'y arrive tranquillement. »

La principale intéressée assure cependant ne jamais avoir songé à la retraite, même dans ses moments les plus sombres en 2022.

« Je vais être honnête, je pensais sincèrement que Tokyo serait mes derniers Jeux olympiques, a-t-elle évoqué. Mais dès que j'ai touché l'eau (après mon plongeon raté), je me suis dit : "Non, ce n'est pas fini. Ça ne peut pas se terminer comme ça". »

Pour venir à bout de ses démons, Ware a donc consulté des thérapeutes, des préparateurs mentaux, et s'est même résolue à un certain moment à combattre le feu par le feu : elle a de nouveau tenté d'effectuer son fameux plongeon affichant un coefficient de difficulté de 3,5 – le plus élevé chez les dames. Mais voilà, elle a dû se rendre à l'évidence.

« J'ai réalisé que je devais changer ma technique. Je suis maintenant plus stable dans mon saut d'appel, a mentionné Ware. J'ai réessayé ce plongeon, mais mentalement c'est juste trop pour moi, donc j'ai décidé de ne plus le faire. Maintenant, je fais plutôt un de mes anciens plongeons que j'effectuais avec Jennifer (Abel). Et maintenant, ça va vraiment bien. »

D'ailleurs, selon l'entraîneuse de l'équipe canadienne de plongeon Mary Caroll, le déclic qui a permis à Ware de retrouver son chemin s'est produit lors d'une compétition mineure à Bolzano en Italie, l'été dernier. Ware avait alors décroché le bronze au tremplin de 3 m individuel.

« Elle est de retour! Elle a trouvé ça difficile après les JO de Tokyo, mais elle sait qu'elle a le potentiel pour se retrouver sur le podium dans les grands événements. Elle s'entraîne très fort, et elle va se battre contre les Chinoises. Je m'attends toujours à de grandes choses de sa part, car elle est une excellente plongeuse », a résumé Caroll.

C'est dans ce contexte que l'équipe canadienne a choisi de la jumeler avec Mia Vallée au 3m synchro ce week-end. Ware, Vallée et l'Albertaine Margo Erlam – ces deux dernières ont fini au cinquième rang au 3m synchro aux Championnats du monde à Budapest l'été dernier – sont donc impliquées dans une lutte à trois en vue des JO de Paris en 2024, en compagnie de la Québécoise Mélissa Citrini-Beaulieu, présentement blessée.

Ware participera également à l'épreuve individuelle, tout comme Erlam et Vallée.

McKay pas encore à 100 %

À l'instar de Ware, McKay a fait les manchettes un peu partout au pays pendant les JO de Tokyo.

Qui ne se souvient pas de la fameuse photo croquée sur le vif de la Québécoise Meaghan Benfeito – sa partenaire de l'époque au 10 m synchro – qui la transportait sur son dos, quelques minutes seulement après leur improbable quatrième place?

L'athlète originaire de Calgary a plongé aux Jeux olympiques de Tokyo en dépit du fait qu'elle avait – selon ce qu'on croyait à l'époque – des ligaments endommagés dans la cheville gauche. Après des mois de tergiversations, McKay a finalement été opérée en octobre 2022, après que les médecins eurent déterminé que les dégâts étaient beaucoup plus sérieux qu'initialement anticipés.

« Ils ont carrément reconstruit ma cheville, qui est pratiquement neuve. Je ressens encore de la douleur sporadiquement, mais c'est la meilleure décision que j'aurais pu prendre pour poursuivre ma carrière. Je recommence à peine à m'entraîner à fond de train, mais ça s'en vient et je suis optimiste », a dit McKay.

L'Albertaine a néanmoins admis qu'afin d'éviter d'aggraver sa blessure, elle avait dû modifier sa liste de plongeons en vue du week-end. Ce qui signifie qu'elle doit viser dans le meilleur des cas un top-5 au 10 m individuel.

« Mais je devrais être pratiquement rétablie aux Championnats du monde (de Fukuoka, au Japon, qui se dérouleront du 14 au 22 juillet 2023) », a-t-elle ajouté, du même souffle.

McKay plongera également au 10 m synchro en compagnie de Kate Miller, une plongeuse junior qui fêtera son 18e anniversaire le 27 mai prochain.

La Coupe du monde de plongeon de Montréal se déroulera de vendredi à dimanche, à la piscine du centre sportif du Parc olympique.