MONTRÉAL — À sa première saison dans la toute nouvelle Women’s Pro Baseball League, la Québécoise Andréanne Leblanc n’aurait pu espérer mieux. Autant sur le terrain qu’à l’extérieur de celui-ci.
Sur le terrain, Leblanc a grandement aidé les Firebells de San Francisco à terminer au premier rang du circuit. La baseballeuse de 25 ans de Mont-Saint-Hilaire a terminé dans le top-10 de toutes les statistiques offensives, présentant notamment des moyennes de ,365/,484/,538 avec 19 coups sûrs, dont deux circuits, et 13 points produits en 15 rencontres.
« Je suis satisfaite. En arrivant, je ne me faisais pas trop d’attentes, a-t-elle indiqué en entrevue avec La Presse Canadienne. J’étais tout de même capable de figurer où l’équipe me voyait: j’ai été la seule premier-but repêchée entre la première et la cinquième ronde. C’était clair que les Firebells comptaient sur moi. Je savais que j’allais être là tous les matchs, mais c’est clair que les performances devaient répondre aux attentes. »
La frappeuse ambidextre a justement douté à un certain moment. C’est que celle qui est reconnue pour sa puissance a mis du temps à frapper son premier circuit.
« Après le cinquième ou sixième match sans circuit, je me demandais ce que je faisais encore au quatrième rang du rôle! À un moment donné, toutes les frappeuses de 1 à 9 avaient un circuit, sauf moi. Je me posais beaucoup de questions, surtout que la longue balle, c’est un aspect important de mon jeu, surtout avec des clôtures autour de 300 pieds. C’est difficile quand, dans la pratique au bâton, tu en sors quatre, mais pas dans le match », a-t-elle raconté.
Ce premier circuit a toutefois marqué l’histoire. Il est devenu le premier coup sûr mettant fin à un match — un grand chelem, par-dessus le marché —, pour confirmer la remontée des siennes contre les Heights de New York. Mais elle ne prend pas tout le mérite.
« Mon circuit est un excellent exemple de ce qu’est notre équipe. Toutes les joueuses ont dû bien faire avant que je puisse frapper ce grand chelem. Notre adversaire le plus difficile, c’est nous », a-t-elle dit.
Les Firebells ont amorcé leurs séries éliminatoires mercredi en prenant les devants 1-0 face aux Hunters de Boston, en l’emportant 6-4. Leblanc a produit deux points dans cette victoire.
« Face à Boston, nous sommes 5-0 cette saison. On n’essaie de ne pas y penser, mais c’est clair qu’on ne veut pas leur ouvrir une porte. [...] On sait qu’on a le groupe pour gagner. Pas juste les neuf partantes, mais les 17 joueuses de la formation peuvent contribuer », a résumé la Québécoise.
Un avion qui se bâtit en plein vol
À l’extérieur du terrain, cette première mouture n’est pas venue sans heurt. Mais Leblanc, l’une des quatre Québécoises dans la WPBL avec Maïka Dumais (Hunters), sa coéquipière Ela Day-Bédard et Élodie Ciamarro (Heights), assure que les dirigeants de la ligue ont été à l’écoute des demandes des joueuses.
« C’est juste incroyable! On ne s’attendait pas à grand-chose en arrivant ici, car on n’avait pas beaucoup d’informations. Mais tous les ajustements que les filles souhaitaient voir, la ligue les apportait au fur et à mesure. La ligue s’est vraiment améliorée sur la façon de traiter les joueuses. Tout était à la hauteur de ce qu’on demandait », a-t-elle noté.
« Pour une première saison, avec les investissements que ça demande — on sait ce que ça coûte partir une ligue pro — on n’aurait pas pu demander mieux », a-t-elle résumé.
Leblanc cite comme exemple la sécurité, moins efficace en début de calendrier, alors que les partisans pouvaient se rendre jusqu’aux portes des vestiaires. Elle note également l’ajout de glacières dans l’abri, afin que les filles n’aient pas à retourner au vestiaire pour une collation pendant les matchs.
« Pour la nourriture, également, ils se sont ajustés, a souligné Leblanc. Ils ont adapté les menus aux goûts des filles. »
La renommée de la ligue pourrait prendre un bond de géant dès l’an 2: si jamais le Baseball majeur devait être en lock-out, l’appétit des réseaux présentant du baseball sera grandissant envers la nouvelle ligue.
En attendant, Leblanc a rejoint le programme sport-études des Marquis de Montréal, où elle sera entraîneuse cet hiver. Elle participera aussi à quelques événements internationaux, en plus de devoir négocier son contrat: toutes les joueuses ont signé un contrat d’une saison.
« On ne sait pas quelle mouture prendra la deuxième édition de cette ligue. Il y a plusieurs discussions et plusieurs possibilités », a-t-elle conclu.






