Les négociateurs pour les joueurs et les propriétaires ont commencé mardi ce qui risque d’être de longues et houleuses négociations en vue d’une nouvelle convention collective pour remplacer celle venant à échéance le 1er décembre prochain.
Les proprios devraient proposer un plafond salarial. Les joueurs ont déjà juré ne jamais y consentir.
Une première session d’environ deux heures a eu lieu dans les bureaux de l’Association des joueurs du Baseball majeur (MLBPA), à cinq minutes de marche des quartiers généraux de la MLB, au Rockefeller Center. Chaque côté devait y aller de sa présentation initiale exposant leur vision du sport et de son économie. Aucune proposition n’a été déposée.
Parmi les joueurs qui ont assisté à cette première rencontre se trouvaient Marcus Semien, membre du sous-comité exécutif du syndicat, en compagnie de ses coéquipiers des Mets de New York Clay Holmes et Austin Slater, selon ce qu’une source a révélé à l’Associated Press. Cette personne a requis l’anonymat puisque l’identité des participants n’a pas été divulguée. D’autres joueurs ont aussi participé via visioconférence.
Le contrat de travail de cinq ans tire donc à sa fin et le commissaire Rob Manfred a répété que les dirigeants préfèrent un lock-out pendant la saison morte à une grève pendant la saison, afin d’empêcher l’annulation de matchs. Le baseball n’a pas annulé de rencontres en saison depuis la grève de sept mois et demi pendant la saison 1994, qui a provoqué la première annulation de la Série mondiale en 90 ans.
Les discussions en vue de la présente convention collective s’étaient amorcées en avril 2021. Une entente avait été conclue le 10 mars 2022, ce qui avait permis de disputer un calendrier de 162 matchs. Manfred avait annoncé l’annulation de 184 rencontres, mais elles ont été remises au calendrier.
Bruce Meyer est le négociateur en chef pour les joueurs, comme il l’avait fait en 2021-22. Il agit cette fois à titre de président intérimaire du syndicat. Le commissaire adjoint Dan Halem fait partie de l’équipe de négociations de la MLB. Il l’avait été lors des deux dernières négociations.
Certains propriétaires d’équipes du Baseball majeur ont dit qu’un plafond salarial associé à un plancher est nécessaire et qu’il améliorerait le sport. La MLB, contrairement à la NFL, la NBA et la LNH, n’a pas de plafond, mais une taxe de luxe destinée à freiner les dépenses depuis 2003.
« Quand je discute avec les joueurs, je ne tente pas de les convaincre qu’un plafond salarial serait une bonne affaire, a déclaré Manfred à l’association des chroniqueurs de baseball d’Amérique l’été dernier. J’identifie un problème dans l’industrie des médias et leur explique que les propriétaires ont besoin de changer pour régler ce problème. J’identifie ensuite un deuxième problème sur lequel nous devons travailler ensemble et c’est le fait que des partisans dans plusieurs de nos marchés estiment que nous avons un problème d’équilibre compétitif. »
La taxe de luxe ne semble pas avoir eu beaucoup d’effets sur les Dodgers de Los Angeles et les Mets de New York au cours des dernières années. Les Dodgers ont fracassé le record de dépenses de la MLB avec 515 millions $ US en salaires et taxe de luxe en 2025, en route vers leur deuxième victoire consécutive en Série mondiale. Les Dodgers devraient être l’équipe qui dépensera le plus en 2026 également.
Le ratio des dépenses des cinq équipes au sommet du classement comparativement aux cinq équipes en queue de peloton est passé de 3,6 en 2021 à 4,7, un record, en 2025.
Le syndicat ne démord pas de sa position, ;à savoir qu’un plafond salarial diminue les dépenses effectuées auprès des joueurs. Les propriétaires prétendent quant à eux qu’un plafond assujetti d’un plancher bénéficierait davantage aux joueurs.
Les joueurs ont engraissé leurs fonds de grève en vue de la ronde de négociations à 415 millions $ au début de 2026. La MLB a fait de même, avec une provision de 75 millions $ par club retenue dans un fonds de redistribution centralisé.





