L’équipe de France féminine de basketball affrontera dimanche les États-Unis de Caitlin Clark en finale de la Coupe du monde à Berlin après avoir tiré parti de l’expérience de ses huit joueuses qui évoluent en WNBA.
Les deux tiers du contingent retenu pour la compétition ont joué cette saison dans la ligue nord-américaine, en pleine expansion sportive, économique et financière. Certaines avec un rôle de premier plan, comme Gabby Williams (Golden State), Dominique Malonga (Seattle) et Carla Leite (Portland).
Les deux premières ont même participé au Match des étoiles en juillet, où Williams a été la première Française retenue après le vote du public. Malonga a ensuite été choisie parmi les remplaçantes.
La pivot, no 2 du repêchage 2025, n’est évidemment plus la même, du fait de son jeune âge, après deux saisons au Storm.
« Je pense que je suis une joueuse complètement différente à tous les niveaux, physiquement, mentalement, même au niveau de mes qualités techniques. J’ai beaucoup plus d’armes, je suis devenue très efficace près du cercle », explique-t-elle.
Pauline Astier (Liberty de New York) met elle de l’avant la « manière différente de jouer ». Plus rapide d’un côté à l’autre du terrain, dans un tempo que les Bleues aiment imposer à leur adversaire depuis le début du Mondial.
Mais l’arrière souligne surtout la « mentalité de penser à la prochaine action et ne pas rester sur les erreurs qu’on a faites, parce que les Américains sont vraiment comme ça ».
Les Françaises décomplexées
Malonga évoque aussi l’état d’esprit rapporté des États-Unis, où « la compétition, c’est tout ».
« Tu joues pour gagner tout ce que tu peux gagner et donc naturellement, ça s’imprègne un peu dans ton ADN », développe celle qui désormais a « vraiment cette rage de gagner » à chaque match.
C’est cet esprit de compétition que la Franco-Américaine Gabby Williams a essayé d’importer en équipe de France dès son arrivée, en 2021. La nouvelle capitaine juge qu’il a désormais mieux infusé dans les veines bleues.
« L’ego est un sujet sensible, mais j’essaie d’expliquer aux filles que c’est une bonne chose de dire “On peut tout gagner, on est les meilleures”. Avant, les filles disaient “Non on ne peut pas dire ça, c’est trop prétentieux, nanana”. Mais en fait, l’ego, c’est top, c’est ça qui va nous aider à gagner. »
Le sélectionneur Jean-Aimé Toupane a de son côté clairement lié, après la qualification en finale aux dépens de l’Allemagne (86-64), l’attitude conquérante de ses joueuses et l’expérience de la plupart en WNBA. « Elles sont décomplexées. Tous les jours, elles sont confrontées aux meilleures, forcément, c’est quelque chose de positif. Certains voyaient (l’exode en NBA) comme quelque chose de négatif. Moi j’ai toujours trouvé qu’à chaque situation, il y avait des opportunités. »
« Je pense que ça aide de jouer contre les meilleurs joueuses du monde, estimait aussi Williams cette semaine. Ça nous montre qu’on peut être compétitive contre ce genre de joueuses (du plus haut niveau mondial). »
Ce sont aussi les meilleures joueuses au monde qui se retrouvent dans le clan américain, adversaire en finale.
Toutefois, Caitlin Clark a obtenu un seul point sur un lancer franc en 16 minutes d’utilisation dans la victoire de 76-66 sur l’Espagne dans l’autre demi-finale.
Clark n’était pas partante, une décision qui est d’ailleurs le sujet de critiques. Elle a une moyenne de 7,0 points par rencontre et une efficacité de 29,4 % aux tirs, dont 22,7 % $ à trois points, depuis le début du tournoi.
C’est plutôt Breanna Stewart qui a mené la charge avec ses 16 points, devant Kahleah Copper (13) et Jackie Young (12).






