Steven Butler l’a rapidement senti. Il n’y avait même pas un round d’écoulé, qu’il savait que son duel contre Ramdam Hiseni se terminerait bien avant les dix assauts qui étaient prévus.
Grâce à sa puissance dont lui seul a le secret, le Montréalais a réussi l’un de ses knock-out les plus spectaculaires depuis le commencement de sa carrière en assommant le Suisse avec une gauche 80 secondes seulement après le début du deuxième assaut, jeudi soir, en finale d’un gala d’Eye of the Tiger tenu à guichets fermés au Cabaret du Casino de Montréal.
Un dénouement qui aurait pu survenir plus rapidement, puisque Butler (38-5-1, 32 K.-O.) est passé près d’arrêter Hiseni (22-3-2) dès le round initial après l’avoir touché au menton avec une droite et lui avoir fait plier les genoux avec une autre droite quelques instants plus tard.
« Quand j’ai commencé à le toucher avec mon jab facilement, je savais que ma main droite allait rentrer et que ça allait lui faire mal, a analysé Butler après sa victoire, sa quatrième de suite depuis son passage chez les poids super-moyens dans la foulée de sa défaite contre Patrice Volny. En plus, mes mains étaient en parfaite santé. Je me sentais très, très bien. »
Mais c’est finalement une gauche lancée sans avertissement qui a eu raison de Hiseni, lui qui n’avait jamais été stoppé avant la limite avant aujourd’hui et qui avait surtout surpris les deux boxeurs d’Eye of the Tiger qu’il avait affrontés à ses deux premières visites au Québec.
« Pour être honnête, j’avais le pressentiment que j’allais l’arrêter. Ce n’était pas un boxeur qui était à mon niveau, a avoué Butler. Et ce n’est même pas une question de poids. Même si nous nous étions battus à 160 livres, je l’aurais arrêté également... mais je suis content.
« Je ne cherche plus le knock-out. Après ça, si le knock-out vient, il vient. Mon but, c’est de performer, de remporter les rounds et le combat. Après ça, je resterai toujours un cogneur. »
Au-delà de l’honneur d’Eye of the Tiger que Butler a pu venger, le Montréalais âgé de 30 ans a surtout montré qu’il est maintenant un aspirant légitime chez les super-moyens, puisque le titre continental de la WBA qu’il a enlevé le propulsera dans le top-15 du classement. Mercredi à la pesée, Butler avait dit que le champion José Armando Reseendiz est battable.
Après avoir échoué à ses deux premières tentatives en championnat du monde – contre Ryota Murata en décembre 2019 et Zhanibek Alimkhanuly en mai 2023 – chez les moyens, Butler était fier d’avoir mis le grappin sur cette nouvelle ceinture, même si elle est mineure.
« Je suis né pour ça, mais durant ma jeunesse, ce n’était pas ma destination, a-t-il rappelé en faisant référence à son enfance plutôt mouvementée. J’ai dû changer de chemin et me concentrer. Aujourd’hui, être en train de soulever cette ceinture, je suis vraiment content. »
« Avec [Christian] Mbilli qui est champion du WBC et [Osleys] Iglesias qui défendra son titre de champion du monde de l’IBF le 9 avril, je suis heureux que Steven ait lancé ce genre de message, a mentionné le promoteur Camille Estephan. La division passe par le Québec. »
Perez fait une bonne première impression, Orobio réussit un knock-out spectaculaire
En demi-finale, le nouveau venu Lenar Perez (16-0) n’a pas déçu à son premier combat sous les couleurs d’Eye of the Tiger, servant une leçon de boxe pendant dix rounds à Isaac Chilemba (27-11-3) avant d’être déclaré vainqueur par décision unanime (100-90, 100-90 et 100-90). Le Russe d’origine cubaine en a aussi profité pour devenir champion continental des lourds-légers de la WBA grâce à cette domination totale et complète du Sud-Africain.
La seule chose que Perez n’a pas réussie, c’est de passer le knock-out au vétéran qui avait déjà croisé le fer avec plusieurs grands noms qui ont boxé chez les mi-lourds dans le passé. Plus grand et plus gros que Chilemba, Perez a souvent été en mesure de marteler le corps et le visage de son adversaire avec des combinaisons qui semblaient souvent très lourdes.
Dans le principal combat de la sous-carte, Jhon Orobio (17-0, 15 K.-O.) a réussi à arrêter Yomar Álamo plus rapidement que quiconque auparavant, passant au Portoricain un spectaculaire knock-out, 45 secondes seulement après le commencement du 5e round.
La pépite colombienne d’Eye of the Tiger, qui avait déjà envoyé Álamo au plancher au 3e round à l’aide d’une rapide combinaison gauche-droite au visage, a terminé le travail en couchant son adversaire avec une puissante droite qui l’a directement atteint au menton.
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— DAZN Boxing (@DAZNBoxing) March 6, 2026
Orobio a ainsi défendu pour la troisième fois sa ceinture continentale des Amériques des super-légers du WBC, ce qui devrait logiquement lui permettre de percer le top-15 du classement lors de sa prochaine mise à jour. Orobio pointe actuellement au 17e échelon.
« Je suis content de ma performance. J’ai travaillé fort [pour en arriver à ce résultat] parce qu’il m’avait manqué énormément de respect à la pesée, a lâché Orobio dans un français étonnamment fluide. Je suis content de lui avoir passé le knock-out! J’ai très bien travaillé. »
Une première ceinture pour Fendero, Claggett remis de sa blessure
En lever de rideau, Moreno Fendero (14-0) a mis la main sur sa première ceinture mineure en carrière en prenant la mesure de Shawn McCalman (17-2) par décision unanime (98-92, 96-94 et 96-94). Le super-moyen français a cependant eu de la difficulté avant de se mettre en marche, son adversaire américain profitant de sa longue portée pour pistonner son jab.
Mais Fendero est parvenu à renverser la vapeur à compter de la mi-combat en parvenant à atteindre McCalman avec plusieurs combinaisons. L’ex-militaire a même réussi à l’ébranler au huitième round, après lui avoir asséné une solide droite au menton suivie d’une gauche.
Dorénavant détenteur du titre continental des Amériques du WBC à 168 livres, Fendero devrait logiquement intégrer le classement lors de sa prochaine mise à jour. À noter que le champion de la division est le Français Christian Mbilli, un autre protégé d’Eye of the Tiger.
« Ça me tenait beaucoup à cœur de faire mieux qu’à mon dernier match. Mon adversaire était meilleur, mais je suis monté [en puissance] au fil du temps, a dit Fendero à sa sortie du ring. J’ai mis moins de coups dans le vide. J’ai pris mon temps. C’est une grande étape, mon plus gros test de ma vie. C’est une première ceinture... mais ce n’est pas celle que je vise. »
Disputant un premier combat en 17 mois, Steve Claggett (40-8-2, 28 K.-O.) a montré qu’il a parfaitement récupéré de la déchirure du tendon de l’épaule gauche qu’il avait subie en ne faisant qu’une bouchée d’Alejandro Frias Rodriguez (21-13-2) avant de l’emporter par arrêt de l’arbitre à 2:13 du 2e round grâce à une série de coups terminée avec une combinaison.
« Mon objectif est d’être le meilleur dans le ring, peu importe, qui se présente devant moi, a déclaré Claggett. Je rêve toujours d’être champion du monde. J’ai goûté à un combat de championnat il y a deux ans et je sais que j’ai tout ce qu’il faut pour éventuellement gagner.
« On dit qu’on ne choisit pas de devenir combattant, que c’est le sport qui nous choisit. Je n’aurais jamais pensé devenir un boxeur, devenir un combattant, mais c’est la vie que je mène. Je n’ai jamais eu un travail aussi gratifiant. Et j’en suis extrêmement reconnaissant. »
Autres résultats de la soirée
Daylan Pépin (2-0) bat Felipe Bocaz (3-3) par décision unanime (40-36, 39-37 et 39-37);
Dante Tice Oliveira (3-0, 2 K.-O.) bat Patrik Velký (2-5-1) par arrêt de l’arbitre à 1:44 du 4e round.






