QUÉBEC – À l’image d’un prédateur qui tisse bien tranquillement sa toile avant d’y cueillir sa proie, Osleys Iglesias a complètement dominé le pauvre Oliver Zaren avant de l’arrêter au septième round, jeudi soir, en finale d’un gala d’Eye of the Tiger tenu au Théâtre Capitole.
À la suite d’un début de combat très méthodique au cours duquel le détenteur du titre des poids super-moyens de l’IBF a montré sa supériorité technique et physique, il a envoyé son adversaire danois au plancher à deux reprises à la fin du sixième assaut avant de terminer le travail à 1:31 du septième, après que son coin eut très sagement choisi de jeter l’éponge.
Iglesias (16-0, 15 K.-O.) qui défendait sa ceinture pour la première fois depuis sa victoire décisive sur Pavel Silyagin, en avril dernier, à Montréal, a été supérieur à Zaren (19-1-1) à tous les niveaux. Plus rapide et plus incisif, l’Allemand d’origine cubaine était juste meilleur.
« Je pense qu’il y a encore des petites choses à travailler, ça va prendre une continuité dans le travail, mais honnêtement, je ne vois pas pourquoi on ferait d’autres combats qu’une unification », a lâché son entraîneur, Marc Ramsay, dont c’était le premier combat avec lui.
Après sa victoire, Iglesias a manifesté le désir d’affronter le vainqueur du mégachoc du « 31 octobre » qui opposera Christian Mbilli à Saúl « Canelo » Álvarez, mais Ramsay a refusé de s’aventurer sur ce terrain glissant, étant donné qu’il est l’entraîneur du champion français.
« Ça sera Jaime [Munguía] ou le gagnant de Zhanibek [Alimkhanuly]-[Jacob] Bank (qui a été récemment ordonné par la WBO, NDLR), a déclaré Ramsay. Il faut provoquer les choses. Il faut les achaler sur les réseaux sociaux. C’est certain qu’on risque d’aller au Danemark pour le combat de Zhanibek. L’idée, c’est juste de s’installer “ringside” pour qu’il nous voie.
« Je l’ai vécu avec Artur [Beterbiev]. À un moment donné, tu deviens intéressant : les gens veulent se battre avec toi. Ç’a été le cas avec [Oleksandr] Gvozdyk et avec Joe Smith fils. On va assurément essayer d’être le moins patient possible dans le cas d’Osleys Iglesias. »
Zaren, qui profitait de la présence de l’ancien champion unifié des super-moyens Mikkel Kessler dans son coin, n’a jamais baissé les bras, même s’il n’a pas réussi à remporter le moindre round contre Iglesias et que son œil gauche a été sérieusement coupé au sixième.
« Je pense que j’aurais arrêté Zaren avant, a avoué Ramsay. On voyait que les choses ne s’enlignaient vraiment pas bien. C’est un gars qui finit toujours par prendre un bon coup de poing. On l’avait vu sur vidéo. Ce sont ces gars-là qui finissent par avoir de gros accidents.
« Honnêtement, il n’avait aucune chance de gagner le combat. Il n’allait pas passer le knock-out à Osleys. Il n’allait pas l’“outboxer” non plus. C’était un “no-brainer” de l’arrêter. »
Ramsay n’a pas confirmé si l’association avec Iglesias se poursuivra au-delà du combat de ce soir, puisqu’il n’a « jamais signé de contrat avec aucun boxeur ». Le vétéran entraîneur a cependant exprimé le désir de poursuivre sa collaboration avec le champion. Il a dit qu’il y avait encore énormément de place à amélioration et que ce projet l’emballe énormément.
Une victoire à l’arraché pour Mathieu
Pendant une très grande partie de son combat contre Vladimir Shishkin, Wilkens Mathieu s’est retrouvé le dos contre les câbles en attendant le bon moment pour lancer ses coups.

Heureusement pour le boxeur originaire de la région de Québec, ses contre-attaques se sont avérées suffisamment efficaces pour l’emporter par décision partagée des juges (98-92, 98-92 et 93-97), un résultat qui témoigne de la grande complexité à juger certains duels.
Mathieu (17-0) aurait certainement pu voir la victoire lui filer entre les doigts, tellement Shishkin (17-3) l’a matraqué avec son jab avec la régularité d’un métronome. Mais le favori de la foule est assurément celui qui a asséné le plus de coups en puissance en 10 rounds.
Preuve ultime que le combat était serré : seuls 3 des 10 rounds (le 3e, le 5e ainsi que le 6e) ont été jugés à l’unanimité. À noter qu’en plus d’avoir défendu sa ceinture des super-moyens de la NABF pour la 3e fois, Mathieu a ajouté celle continentale de la WBA à sa taille.
Une autre prestation étincelante pour Beaudoin
Pour la première défense de sa ceinture, la championne intérimaire des super-plumes de la WBA, Leïla Beaudoin, a offert une autre prestation étincelante avant de prendre la mesure de Brisa Abigail Rosario Alfonzo par décision unanime des juges (100-89, 100-89 et 100-89).
De la première à la dernière seconde de 10 rounds de l’affrontement, Beaudoin (16-2) a démontré un large éventail d’habiletés, se servant tantôt de son jab, tantôt de puissantes frappes au corps, sans bien évidemment négliger sa défense grâce à de savantes esquives.
Ne manquant certainement pas de courage, Rosario Alfonzo (9-2-2) s’est rapidement retrouvée mal en point, puisqu’elle a commencé à saigner du nez dès le troisième round avant de se retrouver au plancher à la fin du sixième après avoir encaissé un coup au corps.
Beaudoin a ultimement désespérément tenté d’arrêter son adversaire argentine avant la limite, mais cette dernière a su résister jusqu’à la cloche finale. Il n’est pas impossible que Beaudoin soit prochainement promue championne « régulière » si l’actuelle détentrice du titre, Alycia Baumgarder décide de poursuivre sa carrière chez les légères, catégorie où elle disputera son prochain combat, face à Elif Nur Turhan, le 8 novembre, à Arlington, au Texas.
Khataev expéditif, Asanau-Santana enlevant
Imam Khataev (13-1, 12 K.-O.) a ajouté son nom à liste de boxeurs qui sont parvenus à arrêter Padraig McCrory (20-3) en lui passant un foudroyant knock-out à 1:09 du 1er round.
Le champion des mi-lourds de la NABF n’a toutefois eu besoin que d’un crochet de gauche pour assommer le Nord-Irlandais, qui était déjà tombé sous les coups d’Edgar Berlanga – au 6e round en février 2024 – et Craig Richards – au 8e round en mars 2025 – dans le passé.
Khatavev, qui est classé 5e au WBC, a ainsi enregistré sa 3e victoire de suite depuis sa défaite controversée par décision partagée contre David Morrell en juillet 2025, à New York.
Dans le premier des cinq combats de championnats qui ont été présentés, Dzmitry Asanau (14-0) a remporté sa lutte fratricide contre Luis Santana (16-1), s’imposant par décision unanime des juges (98-91, 98-91 et 97-92), après une confrontation qui a été très enlevante.
Le début de l’affrontement opposant les deux poids légers d’Eye of the Tiger a été extrêmement relevé, Asanau misant davantage sur la vitesse foudroyante de ses mains, alors que Santana choisissait avec soin ses moments pour lancer ses coups en puissance.
L’allure du combat a cependant pris une tangente inattendue, puisqu’Asanau est parvenu à envoyer Santana au plancher à l’aide d’un coup qui ne semblait pourtant pas dangereux. Asanau a ensuite vogué tranquillement vers la victoire, Santana ne parvenant jamais véritablement à reprendre du poil de la bête, à part un très court instant au septième round.
Grâce à sa victoire, Asanau a ajouté la ceinture de la NABF des légers à celles continentale des Amériques du WBC et intercontinentale de l’IBF qu’il possédait déjà. L’Émirati d’origine bélarusse est classé quatrième aspirant au titre du WBC qui est détenu par William Zepeda.
Autres résultats de la soirée
Daylen Pépin (3-1, 1 K.-O.) bat Matias Pinilla (1-3) par arrêt de l’arbitre à 2:59 du 4e round;
Jacob Blais (1-1) bat Yoan Trottier (0-3) par décision unanime (40-36, 40-36 et 40-36).