QUÉBEC – Après avoir vu Wilkens Mathieu battre successivement Shakeel Phinn et Esquiva Falcao, Eye of the Tiger croyait qu’il avait mérité un défi légèrement moins relevé. Le genre de combat qui ne risquerait pas d’effacer les progrès réalisés au cours de la dernière année.
Mais c’était bien mal connaître celui dont le nom figure maintenant dans le top-15 des quatre grandes organisations de boxe internationale. Il souhaitait, au contraire, hausser le niveau de difficulté pour montrer au monde entier qu’il est un pugiliste à prendre au sérieux.
C’est donc pourquoi l’athlète originaire de la région de Québec se retrouvera dans le même ring que l’ancien aspirant mondial chez les poids super-moyens Vladimir Shishkin, ce soir, en demi-finale de l’événement qu’Eye of the Tiger présente au Théâtre Capitole de Québec.
À première vue, Shishkin (17-2, 11 K.-O.) a davantage l’air d’un boxeur en déclin plutôt que d’un rival en mesure de pousser Mathieu (16-0, 11 K.-O.) dans ses derniers retranchements. Il avait subi deux défaites de suite – contre William Scull et Osleys Iglesias – avant de retrouver le chemin de la victoire en knockoutant Bernardo Jiménez Suárez, en mai dernier.
Sauf qu’il ne faut pas commettre l’erreur de se fier aux apparences, a prévenu le Québécois au sujet du Russe, qui profitera encore une fois de la présence du réputé SugarHill Steward – entraîneur du poids lourd Tyson Fury et ex-entraîneur d’Adonis Stevenson – dans son coin.
« C’est de loin le meilleur adversaire que j’aurai affronté en carrière, meilleur que mes deux derniers adversaires, a affirmé Mathieu, en conférence de presse, plus tôt cette semaine. C’est un boxeur qui possède un très gros “background” amateur avec plus de 300 combats.
« Selon moi, il a même battu Scull dans leur combat de championnat (Shishkin s’était incliné par décision unanime des juges, NDLR) et c’est lui qui aurait dû ensuite affronter [Saúl] “Canelo” Álvarez. Jusqu’à récemment, il était encore top-5 dans trois associations. »
Lors de son affrontement contre Iglesias, disputé en septembre 2025, à Montréal, Shishkin n’avait jamais été en mesure de composer avec la pression subtile exercée par l’Allemand d’origine cubaine. Et malgré le fait qu’il était largement dominé, il n’a jamais véritablement cessé d’essayer avant d’être arrêté par une série de coups vers la moitié du huitième round.
« C’est un boxeur qui est expérimenté et qui est intelligent dans le ring, a analysé Mathieu. Il sait exactement ce qu’il fait et il possède de très grandes habiletés pour arriver à ses fins. »
« Il n’est vraiment pas comme tous les adversaires que j’ai eus auparavant, a-t-il continué. Ce n’est pas un gars qui va avancer vers moi sans raison et qui sera agressif. Il sait comment boxer. Il a plusieurs tours dans son sac. Il ne connaît pas juste une façon de boxer. Il sait s’ajuster. Ça va être un jeu d’échecs tout au long de la soirée. Et ça va être de la belle boxe! »
Cela dit, Mathieu, qui est classé 15e à la WBA, 8e au WBC, 14e à l’IBF et 15e à la WBO, ne craint pas un seul instant son rival de 14 ans son aîné. Il le respecte, certes, mais il entend surtout prouver qu’il est plus près que plusieurs ne pourraient le penser d’un combat de championnat du monde. Il souhaite d’ailleurs obtenir sa chance d’ici la conclusion de 2027.
« [Une victoire contre Shishkin] va me permettre de gagner en confiance et d’ajouter de l’expérience, a conclu Mathieu. Je sais déjà ce dont je suis capable, mais il me reste encore à le prouver. C’est bien beau de le savoir, mais le prouver, ça met assurément en confiance.
« Je sais que je suis rendu à ce niveau-là. Je vais avoir la confirmation que je suis capable de battre des gars de l’élite mondiale. Je le répète : l’an passé, il était encore dans le top-5 mondial. »
À noter qu’en plus de la ceinture des super-moyens de la NABF que Mathieu défendra pour la deuxième fois, un titre continental de la WBA, présentement vacant, sera aussi à l’enjeu.
Chabot contraint à se retirer
Thomas Chabot aurait normalement dû effectuer la première défense de sa ceinture continentale des Amériques des plumes du WBC contre José Antonio Sánchez Romero, mais le boxeur de Thetford Mines n’a jamais été en mesure de monter sur le pèse-personne.
Craignant une déshydratation sévère, le médecin de la Régie des alcools, des courses et des jeux a finalement contraint Chabot à renoncer à boxer. Ce n’était pas la première fois qu’il avait de la difficulté à respecter la limite de 126 livres à la pesée, a suggéré Estephan.
Cela avait été notamment le cas lors de son précédent combat contre José Antonio Sampedro Segura, qu’il avait difficilement remporté par décision majoritaire des juges, en juin dernier.
« Nous ne voulions pas prendre de risques, a précisé le promoteur. Quand tu commences à prendre de l’âge (Chabot a 26 ans, NDLR), c’est certain que ça devient de plus en plus difficile. Il y avait malheureusement un titre en jeu, mais l’époque des plumes est révolue. »