Un peu plus de trois semaines après son grand complice Wilkens Mathieu, Christopher Guerrero croisera à son tour le fer avec un ancien Olympien, samedi soir à Cleveland, dans une confrontation assurément charnière dans le parcours du poids mi-moyen montréalais.
N’ayant jamais caché ses grandes ambitions, dont celle d’être la prochaine « superstar » du Québec, Guerrero (16-0, 9 K.-O.) mettra sa fiche parfaite à l’enjeu contre Delante Johnson, qui est aussi un espoir invaincu. Ce combat sera le principal de la sous-carte d’un gala qui marque officiellement le retour à la télévision conventionnelle de Top Rank aux États-Unis – sur TNT –, après grosso modo un an d’absence à la suite de la fin du partenariat avec ESPN.
Un duel qui pourrait ainsi le propulser dans la catégorie des aspirants plus que légitimes à 147 livres, alors que son nom vient tout juste d’être retiré du top-15 de l’IBF à cause de son inactivité des derniers mois en raison d’une blessure dont la nature n’a jamais été dévoilée.
« C’est le combat que je voulais! Je suis excité, parce que je le suis depuis plusieurs années. Je savais qu’on se rencontrerait chez les pros, a mentionné Guerrero au cours d’une récente visioconférence organisée par son promoteur Eye of the Tiger. C’est un combat de rêve pour moi! Il va me permettre d’entrer dans le top-10 à l’IBF et surtout faire progresser ma carrière.
« Quand je vais le battre, ça va m’ouvrir toutes grandes les portes pour ensuite affronter les [Conor] Benn, [le champion du WBC Ryan] Garcia et [le champion de la WBO Devin] Haney, les meilleurs boxeurs dans la division. Mais bon, il faut vraiment y aller une étape à la fois. »
En effet, avant de s’imaginer partager le ring avec les plus grands noms d’une catégorie qui a toujours été historiquement relevée, le boxeur âgé de 25 ans devra écarter de son chemin un participant des Jeux olympiques de Tokyo de 2 ans son aîné qui est loin d’être un cancre.
Éliminé en quart de finale du tournoi des mi-moyens au Japon en 2021 par le futur médaillé d’or cubain Roniel Iglesias, « Tiger » Johnson avait précédemment mis la main sur le bronze aux Jeux panaméricains en 2019 – étant battu en demi-finale par ce même Iglesias – en plus de gagner des médailles dans d’autres compétitions internationales de plus faible ampleur.
Inspiré par Sugar Ray Robinson, Pernell Whitaker et Floyd Mayweather fils, Johnson (17-0, 8 K.-O.) a jusqu’ici remporté ses 17 combats depuis son passage chez les professionnels et son nom figure dans le top-15 dans les classements de l’IBF (14e) ainsi que de la WBO (9e).
« Son jab, son jeu de jambes et ses contre-attaques sont les trois éléments à surveiller, a analysé Guerrero. Je ne veux pas trop en dévoiler, mais aucun boxeur n’est imbattable. C’est peut-être un gars qui est particulièrement difficile à toucher, sauf qu’il est très, très facile de le sortir de son plan de match, parce qu’il cherche continuellement à prouver des choses.
« Je trouve qu’il a une tête chaude. Il perd régulièrement son sang-froid et tout son plan de match s’en va ensuite à la poubelle, ce qui fait qu’il oublie ce qu’il doit faire. Il essaie d’être le plus grand dans le ring, mais ce n’est pas vraiment comme ça que la boxe fonctionne! »
En revanche, Johnson pourrait bien être galvanisé par les circonstances, samedi, étant donné qu’il se battra dans la ville où il vit et où il est né pour la première fois depuis le début de son passage chez les professionnels, le Jour de l’Indépendance américaine de surcroît.
Mais cela n’impressionne guère Guerrero, qui n’a cependant jamais vécu pareille situation.
« Je me plais dans le rôle du vilain! Tout est là : le combat est dans sa ville, un 4 juillet. Ça va être explosif, a-t-il prédit. Je me sens de plus en plus confortable à l’approche du combat. Les gens vont se demander d’où je sors après le combat. J’ai l’intention de gâcher la fête!
« Je sais que je vais lui faire mal, sauf que je ne sais pas encore quand je vais lui faire mal! »
Malgré tous les vents contraires, Guerrero rappelle qu’il rêve à ce moment depuis cinq ans maintenant et que l’occasion est trop parfaite pour que la victoire lui glisse entre bêtement entre les doigts. « Je sens en ce moment que je suis meilleur que tout le monde dans la division, a-t-il conclu. Je me suis entraîné avec Wilkens avec cette attitude. Sky is the limit! »






