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La tactique éprouvée de Saúl « Canelo » Álvarez

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« Je laisserai tout ce que j'ai dans le ring » À l'aube de leur « mégacombat historique » au Allegiant Stadium de Las Vegas, les boxeurs Canelo Alvarez et Terence Crawford répondent aux questions des médias.

« Je n’ai jamais dit non à personne ». Saúl « Canelo » Álvarez a beau être le boxeur le plus populaire au monde depuis environ une décennie, il n’est certainement pas le plus intègre.

À deux jours de son affrontement très attendu contre Terence Crawford qui sera présenté samedi soir à l’Allegiant Stadium de Las Vegas et qui sera retransmis en direct sur Netflix, la question de la qualité de son opposition depuis quelques années est revenue sur la sellette lors de la dernière conférence de presse faisant la promotion de l’événement tard jeudi soir.

Ce n’est pas que l’Américain originaire d’Omaha, au Nebraska, n’est pas un adversaire de qualité – son nom se retrouve dans les hautes sphères des classements des meilleurs « livre pour livre » depuis plusieurs années –, mais c’est comme si le Mexicain âgé de 35 ans – champion incontesté chez les super-moyens (168 livres) – empruntait pour une énième fois la voie de la facilité en choisissant un athlète qui monte de deux catégories pour l’affronter.

Une tactique éprouvée dans le monde de la boxe qui permettra à Álvarez (63-2-2, 39 K.-O.) d’obtenir un avantage physique marqué sur Crawford (41-0, 31 K.-O.), qui a livré son dernier combat à 154 livres après des passages très remarqués à 147, 140 et 135 livres auparavant.

Depuis qu’il s’est incliné par décision unanime des juges contre Dmitrii Bivol en mai 2022 à l’occasion d’un duel disputé à 175 livres, « Canelo » s’est rarement mis en danger. Il y a d’abord eu un troisième et dernier choc face à Gennadiy Golovkin, mais par la suite, son tableau de chasse laisse songeur : John Ryder, Jermell Charlo, Jaime Munguia, Edgar Berlanga ainsi que William Scull, qu’Álvarez a tous battus par décision unanime des juges.

Ces six duels se sont déroulés à 168 livres, alors que Golovkin, Charlo et Munguia avaient précédemment évolué quasi exclusivement chez les 160 livres. Quant à Ryder, Berlanga et Scull, ils étaient loin d’être les super-moyens les plus en vus au moment des affrontements.

Le manège se répétera donc samedi avec Crawford, qui espère imiter Roy Jones fils, qui était devenu champion chez les lourds en 2003, alors qu’il régnait toujours chez les mi-lourds. Mais il peut y avoir une limite à étirer l’élastique comme l’a malheureusement appris Jean Pascal cet été, ses coups n’ayant plus du tout le même impact chez les lourds-légers.

Crawford est un formidable boxeur qui a écrasé tous ses contemporains, sauf qu’il est très difficile de prédire comment il se comportera, lui qui pesait 186 livres dans la vie de tous les jours à un certain moment en février dernier. Sera-t-il capable de transposer sa puissance, lui qui était jadis en mesure de changer l’allure d’un combat avec un petit coup de poing?

« Je me sens bien. Je suis prêt à choquer le monde entier, a promis Crawford jeudi soir, après que les inconditionnels d’Álvarez l’eut ponctuellement hué. Mon nom va rester à jamais gravé dans les livres d’histoire. Il n’y aura plus de débat à savoir si je suis le meilleur.

« Je vais simplement faire ce que j’ai toujours fait. Je ne pourrais pas être plus concentré. »

Déjà assuré d’une place au Temple de la renommée, « Bud » espère qu’une victoire samedi lui permettra de devenir un immortel aux côtés de Muhammad Ali, Sugar Ray Leonard, Floyd Mayweather fils et d’autres. Une défaite ne changerait absolument rien à son héritage.

Mais qu’en est-il de « Canelo »? Qu’est-ce qui le motive? « Montrer qu’il est le meilleur », a-t-il répondu. Sauf que ce n’est pas en refusant de croiser le fer avec David Benavidez ou en abandonnant ses ceintures pour éviter Christian Mbilli et Osleys Isglesias qu’il le prouvera.

Cela dit, sa cour semble en faire bien peu de cas. Álvarez a beau répéter qu’il ne dit jamais non à personne, tout le monde sait trop bien que ce qu’il arriverait s’il disait oui : il perdrait.