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Les yeux rivés sur le Canada et ses boxeurs

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Jake Paul et Tammara Thibeault

En officialisant son union avec MVP Promotions un peu plus tôt cette semaine, Kim Clavel est devenue la 27e boxeuse à joindre les rangs de l’entreprise cofondée par Jake Paul en 2021. En à peine 4 ans, MVP a mis sous contrat plusieurs des plus grands noms de la boxe féminine comme Amanda Serrano, Alycia Baumgardner, Ebanie Bridges et Elie Scotney.

Une suite logique pour la Québécoise, dont l’ancien promoteur Yvon Michel peinait à suivre la cadence dans une industrie où les codes ont résolument changé ces dernières années. Jadis fragmentée, elle est dorénavant regroupée, si bien que les petits promoteurs locaux qui étaient solidement implantés dans leur marché ne peuvent plus lutter avec les géants.

En entrevue à RDS.ca le mois dernier, Michel suggérait que cette division avait plus nui qu’elle n’avait aidé la boxe féminine et voyait d’un bon œil la consolidation qui s’opérait sous le leadership de MVP. En adoptant un modèle qui s’apparente à celui de l’UFC, la boxe féminine pourrait enfin prendre son envol et s’enraciner dans l’univers sportif planétaire.

Comme tout est dans tout, philosophait déjà Aristote il y a plus de deux mille ans, le chef de la direction et cofondateur de MVP Nakisa Bidarian est un ancien directeur de la stratégie de l’UFC et entend utiliser toutes les leçons apprises pour les appliquer à la boxe féminine.

« La raison pour laquelle nous avons investi en boxe féminine dès le départ, c’est parce que j’étais là lorsque l’UFC a mis sous contrat Ronda Rousey, a d’abord expliqué Bidarian en visioconférence jeudi. Elle est ensuite devenue la deuxième athlète américaine la plus populaire de son sport devant son homologue masculin. Il y a eu Serena Williams au tennis pendant un certain temps et Rousey était plus populaire que Conor McGregor en 2015. »

« Elle était notre plus grande star et c’est pourquoi j’ai toujours en cru en la boxe féminine et aux opportunités qu’elle offre », a ajouté le diplômé de l’Université de Waterloo, en Ontario.

À l’heure actuelle, il n’y a pas de boxeuse qui peut se targuer d’avoir atteint le niveau de popularité de Saúl « Canelo » Álvarez, mais le Mexicain n’est pas éternel. Au moment où il décidera d’accrocher ses gants, peut-être qu’une athlète de MVP sera prête à lui succéder.

Il serait évidemment injuste d’exiger de MPV que l’écurie produise des vedettes à la pelletée alors qu’elle est encore une jeune pousse, mais chose certaine, l’entreprise entend prendre tous les moyens pour dénicher le talent et le marché canadien apparaît sur son écran radar.

Son événement de la série « Prospects » du 27 septembre à l’Espace St-Denis sera son deuxième à être présenté en sol canadien, après un premier essai fructueux en mars plus tôt cette année à Toronto. Tammara Thibeault y a livré son deuxième combat professionnel.

Il faut d’ailleurs s’attendre à ce qu’il y ait d’autres galas au pays dans la foulée de l’annonce de l’embauche de Clavel, étant donné que MVP compte maintenant quatre représentants de l’unifolié – Clavel, Thibeault ainsi que les Ontariens Amanda Galle et puis Lucas Bhadi.

D’autres pourraient certainement s’ajouter à la liste dans un avenir plus ou moins rapproché. Le premier nom qui vient en tête est celui de la championne des poids mi-mouches de la WBA Sara Bailey, qui affrontera Evelin Bermúdez – détentrice des titres de l’IBF et de la WBA – dans un mégacombat d’unification le 20 septembre prochain à Ottawa.

C’est pourquoi aux yeux de Bidarian, le marché canadien en est un qu’il faut chouchouter, d’autant plus qu’il a prouvé par le passé qu’il est pleinement capable de supporter ses athlètes et d’assister aux événements. Cela dit, Bidarian a un préjugé très, très favorable.

« Il y a trois raisons à cela. La première, est personnelle, a-t-il avoué. Ayant grandi au Canada et ayant étudié dans une université canadienne, il est important pour moi de développer la boxe ici.

« La deuxième, c’est lors de mon passage à l’UFC, le Canada était un marché très important pour nous avec Georges St-Pierre. La popularité était telle que j’y ai tout de suite vu une opportunité pour la boxe.

« Et la troisième, le Canada regorge de talent. Nous allons y consacrer du temps, encore plus parce que j’ai des atomes crochus avec le pays. C’est tout simplement un endroit logique où consacrer du temps, des efforts et de l’énergie. »

Autre preuve de son engagement, MVP et ses partenaires travaillent d’arrache-pied afin de permettre aux femmes qui le souhaitent de disputer des rounds de trois minutes dans toutes les juridictions. À l’heure actuelle, au Québec notamment, les femmes sont limitées à des rounds de deux minutes. Un dossier qui soulève néanmoins des tonnes de questions.