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« Souviens-toi qui tu es »

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C’est avec cette phrase que Lewis Hamilton a publié sur son compte Instagram, quelques heures à peine après sa première victoire avec Ferrari.

Une phrase, selon Hamilton, que plusieurs partisans lui ont rappelée pendant la dernière année et demie qui aura été parsemée de déceptions et de doutes. Pendant que certains remettaient en question la décision de Ferrari de se tourner vers Hamilton, d’autres continuaient de le voir comme il est : un septuple champion du monde et l’un des plus grands pilotes de l’histoire du sport.

Cependant, le palmarès et le talent ne sont que la pointe de l’iceberg dans la victoire d’Hamilton à Barcelone. Sous la surface, loin du regard du public, on y retrouve énormément de travail réalisé en coulisses afin de changer les façons de faire au sein de Ferrari.

Une voiture qui porte son empreinte

Après avoir passé 12 saisons avec Mercedes, il était à prévoir que la transition vers une nouvelle écurie ne se ferait pas sans un temps d’adaptation. Clairement, la voiture ne se comportait pas de la façon dont il était habitué chez Mercedes, et les résultats le démontraient.

Plusieurs raisons expliquent pourquoi il se sent plus à l’aise avec sa monoplace qu’en 2025. Premièrement, le changement de règlementation de la F1, laissant tomber les voitures à effet de sol, a permis au septuple champion de retrouver des voitures qui lui conviennent mieux à la base.

Mais surtout, cette fois-ci, Hamilton a pu participer à l’élaboration et au développement de cette nouvelle monoplace. Le Britannique avait indiqué l’an dernier qu’il avait rédigé des pages et des pages de documents destinés à Ferrari sur ce qui devait changer au sein de la Scuderia, autant qu’un point de vue organisationnel que sur la voiture.

Un de ces changements fait grand bruit depuis quelques semaines. À la suite des problèmes de Charles Leclerc avec ses freins, il est maintenant confirmé que Lewis Hamilton a changé le fournisseur de ses freins depuis le Grand Prix du Japon.

Ferrari travaille depuis des années avec Brembo, mais Hamilton a réussi à convaincre son équipe d’utiliser les disques de freins de Carbon Industries, soit la compagnie qui fabriquait ses freins à l’époque de Mercedes.

Les résultats sont concluants, à un point tel que Charles Leclerc a commencé à utiliser les mêmes freins en Espagne. Comment Ferrari pourra conserver son fournisseur historique en Brembo heureux est une autre question, mais pour l’instant, force est d’admettre que les performances récentes d’Hamilton forcent la main de son écurie.

Au final, cette histoire entourant les freins est un exemple parmi d’autres qui démontrent que lentement, mais sûrement, cette Ferrari cadre de plus en plus avec les préférences de Lewis Hamilton. Est-ce pour cette raison que Charles Leclerc traverse une période difficile?

Une plus grande chimie au sein de l’équipe

Au-delà de la voiture, c’est surtout au sein de l’organisation que Lewis a voulu influencer les façons de faire. Un des enjeux les plus visibles pour les téléspectateurs l’an dernier était la collaboration compliquée entre le pilote et son ingénieur de course, Riccardo Adami.

Même si on a tenté de minimiser l’impact de ce partenariat qui battait souvent de l’aile, un changement était nécessaire. Adami a donc été affecté ailleurs au sein de l’écurie, et Lewis Hamilton a pu commencer la saison avec un nouvel ingénieur, Carlo Santi.

Une nomination qui a d’abord été faite sur une base intérimaire. Hamilton et Ferrari ont pris leur temps afin de s’assurer que la chimie entre les deux hommes était présente, et c’est le cas. On l’a bien vu ce week-end alors que l’ingénieur et le pilote étaient sur la même longueur d’onde tout au long de l’épreuve, orchestrant une victorieuse stratégie de trois arrêts.

Santi a maintenant été confirmé comme ingénieur de course d’Hamilton sur une base permanente, et c’est d’ailleurs l’ingénieur italien qui a reçu le trophée du constructeur sur le podium catalan. Un choix loin d’être anodin.

On peut aussi souligner la décision d’Hamilton de ne pas utiliser le simulateur ces dernières semaines dans sa préparation pour les Grand Prix. Le vétéran jugeait que cet outil l’envoyait dans de mauvaises directions quant aux réglages et qu’il avait ensuite besoin de trop de temps une fois au circuit pour s’en défaire et trouver les bons.

C’est un choix stratégique qui s’explique sans doute aussi par le fait qu’Hamilton et ses ingénieurs ont une meilleure communication et se font maintenant davantage confiance. On se connaît mieux, et ça fait en sorte qu’on a moins besoin de se coller aux résultats du simulateur.

Cet outil de développement demeure bien sûr très important pour une équipe de Formule 1 et il y a fort à parier qu’Hamilton sera de retour dans le simulateur plus tôt que tard. Mais pendant qu’on essaie de trouver des solutions afin de mieux le calibrer, l’expérience d’Hamilton fait en sorte qu’il peut s’en passer.

Devant ces différents changements, il faut aussi souligner l’ouverture de Ferrari. La marque est souvent très attachée à sa culture, son histoire… et ses façons de travailler. Cependant, Frédéric Vasseur et son équipe étaient prêts à écouter ce que leur nouveau pilote avait à suggérer et ils n’ont pas hésité à appliquer ses recommandations. Hamilton l’a d’ailleurs souligné après sa victoire au Grand Prix de Barcelone-Catalogne.

« L’équipe était prête à déplacer des montagnes. J’ai changé beaucoup de choses. J’ai changé l’équipe d’ingénieurs autour de moi, montré dans quelle direction développer la voiture. Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais de gagner avec la voiture rouge… wow! J’en rêvais quand j’étais jeune », a-t-il expliqué, visiblement ému.

Pour Ferrari et Hamilton, cette victoire met un terme à une léthargie qui se prolongeait depuis 2024, mais surtout, elle est un témoignage de tout le travail réalisé en coulisses depuis un an et demi.

Désormais, quelle est la suite? Après deux deuxièmes positions et une victoire lors des trois dernières courses, Hamilton figure maintenant au deuxième rang du classement des pilotes, à 41 points de Kimi Antonelli. Peut-il vraiment devenir un prétendant au titre?

Et qu’en est-il de Charles Leclerc? Le Monégasque est considéré comme le joyau de Ferrari depuis son arrivée, un statut qui a été reconfirmé à nouveau il y a quelques semaines à peine avec une prolongation de contrat à long terme. Que se passera-t-il lorsque Leclerc voudra aller dans une direction différente d’Hamilton? Surtout, comment parvenir à lui redonner la confiance perdue lors des trois derniers week-ends?

Cette victoire est un pas dans la bonne direction pour Ferrari, mais une hirondelle ne fait pas le printemps. Il reste encore beaucoup de questions sans réponse au sein de la Scuderia.