MONTRÉAL, Canada - Tadej Pogacar absent, Remco Evenepoel se rêve en patron des Championnats du monde qui commencent dimanche à Montréal par sa discipline de prédilection, le contre-la-montre, et envisage de devenir le premier coureur de l’histoire à gagner la même année le chrono et la course en ligne.
Cinquante-deux ans après avoir accueilli la première édition organisée hors du continent européen, remportée en 1974 par Eddy Merckx devant Raymond Poulidor et Mariano Martinez, le Québec reçoit à nouveau les stars du peloton pour décerner un total de treize maillots arc-en-ciel, la tunique la plus convoitée du cyclisme avec la jaune du Tour de France.
Depuis 1974, la compétition a beaucoup voyagé en allant au Venezuela, au Japon, au Qatar, en Australie et pour la première fois en Afrique l’année dernière au Rwanda.
Le retour au Canada, qui avait également accueilli l’édition 2003 à Hamilton, inspire, après Merckx en 1974, un autre Belge qui veut écrire l’histoire au bord du fleuve Saint-Laurent en réalisant un inédit doublé: le contre-la-montre dimanche et la course en ligne une semaine plus tard.
« Devenir double champion du monde est un objectif dans ma carrière. J’ai réussi à le faire aux Jeux olympiques, mais un Championnat du monde est encore différent, parce qu’on peut ensuite rouler avec ces deux maillots », souligne le Flamand de 26 ans qui avait réussi cet exploit aux JO de Paris il y a deux ans.
À Paris aussi, Pogacar était absent. Il avait boudé la sélection slovène qui avait réussi l’exploit de ne pas retenir sa meilleure coureuse, Urska Zigart, laquelle est aussi sa compagne.
Le champ des possibles
À Montréal, le Slovène, victime d’une lourde chute sur la Vuelta, est cette fois forfait sur blessure, tout comme sa fiancée d’ailleurs qui vient de se casser à nouveau la mâchoire.
L’absence du double tenant du titre ouvre en grand le champ des possibles pour la course en ligne en clôture des Mondiaux.
Sur un parcours difficile se dénouant au Mont-Royal, ils seront nombreux à rêver de gloire: Evenepoel, déjà sacré en 2022 et qui vient de remporter le GP de Québec, bien sûr, Isaac del Toro, vainqueur du GP de Montréal, et Paul Seixas, battu par le Mexicain au sprint, sont les trois principaux favoris.
Mais il ne faudra surtout pas oublier Wout Van Aert, dans une forme éblouissante sur la Vuelta et qui offre au sélectionneur belge une deuxième carte et potentiellement des nœuds au cerveau, Mathieu van der Poel, Tom Pidcock, Mads Pedersen ou encore Richard Carapaz.
Mais d’abord, place au chrono dimanche dans les rues de Montréal et là les choses sont très claires : Evenepoel part ultra favori pour briguer un quatrième titre d’affilée qui serait là aussi un fait d’armes inédit.
Fabian Cancellara et Michael Rogers ont été champions du monde du chrono à quatre reprises mais pas consécutivement.
Vollering pour une première
Evenepoel sera face à des spécialistes comme l’Italien Filippo Ganna et le Suisse Stefan Küng ainsi qu’une curiosité, Paul Seixas, champion du monde juniors de la spécialité en 2024 et qui représentera la France avec Bruno Armirail.
Mais la marge du Belge est telle que tout autre résultat qu’une victoire serait une énorme surprise, d’autant que le Britannique Josh Tarling n’a pas fait le déplacement après le décès en course de son jeune frère Finlay.
Chez les femmes, la Suissesse Marlen Reusser, tenante du titre du chrono, défendra sa couronne face notamment à Demi Vollering.
La Néerlandaise, vainqueur du Tour de France, vise surtout un premier titre sur la course en ligne dont elle sera la grande favorite samedi 26 septembre en l’absence de la Française Pauline Ferrand-Prévot qui a renoncé pour raisons personnelles.
À moins qu’on revive une immense surprise comme celle créée l’année dernière par la Québecoise Magdeleine Vallières qui s’apprête à vivre une semaine intense: « faire les Championnats du monde à la maison, c’est déjà un rêve. Y défendre son titre, c’en est un encore plus gros. C’est la chance d’une vie. »
Entre les deux week-ends, la semaine sera rythmée par les courses juniors et espoirs, ainsi que le relais mixte mardi où la Suisse, la France et les Pays-Bas vont essayer de détrôner l’Australie qui avait devancé les Bleus pour cinq secondes l’an dernier à Kigali.





