MONTRÉAL – Insulter Davis Alexander à propos de la mort de son père, c’est la ligne impardonnable franchie par David Reese des Blue Bombers de Winnipeg, mais Alexander a répondu tel un gagnant.
Des insultes dans le feu de l’action, ça existe depuis toujours dans le monde du sport. D’ailleurs, Alexander ne s’est jamais gêné pour dire qu’il ne craint pas d’embarquer dans ce « jeu ».
Mais il existe tout de même des sujets intouchables et Reese, un joueur recrue, s’est couvert de honte en osant choisir cette insulte.
Ce n’était donc pas pour rien qu’Alexander et lui ont échangé des mots enflammés à quelques occasions.
Après la rencontre, Alexander a jugé que c’était trop déplacé et il a révélé ce qui s’est produit au terme d’une victoire exigeante de 33 à 23.
« Le numéro 45 a parlé plusieurs fois de mon père décédé. Ça m’a secoué, j’étais prêt à me battre », a admis Alexander qui avait raconté les événements à ses coéquipiers qui ont été présents pour le soutenir jusqu’à la fin.
« On était tous prêts à en découdre. Mais ça témoigne de notre progression en tant qu’équipe pour conserver notre sang-froid et surtout le mien. J’ai pris une seconde, je suis allé dans le vestiaire, j’en avais besoin et les gars m’ont soutenu », a poursuivi Alexander qui avait les yeux mouillés en abordant l’incident.
L’entraîneur-chef Jason Maas n’était pas encore adolescent quand son père a perdu la vie.
« Tous les pères sont importants et Davis avait un lien particulier (très fort) avec le sien. Sa ténacité et l’émotion qu’il déploie sur le terrain, il a appris ça de ses parents », a réagi Maas qui ne voulait pas spéculer.
« Je n’ai pas entendu les commentaires non plus. Je sais que nos gars étaient furieux. Au football, on dit souvent des choses sous le coup de l’émotion. Je trouve ça simplement malheureux. Davis, lui aussi, peut s’enflammer et ce qui est dit sert à déstabiliser. Mais c’est regrettable quand on dépasse les bornes », a poursuivi Maas qui ne voulait pas que cet incident minimise la victoire de sa troupe.
Pour les coéquipiers d’Alexander, ça se sentait qu’ils étaient profondément irrités par les paroles de Reese.
« Je suis content que Davis ait réagi à ses propos. C’est un manque de respect total. Ce genre de comportement n’a pas sa place dans notre sport. Davis est un gars fort et authentique, alors c’est juste quelqu’un qui essaie de le déstabiliser. Si Reese se comporte comme ça, il ne mérite pas de jouer », a tranché Tyson Philpot.
« Voilà pourquoi tout le monde ciblait le 45. On devait protéger Davis. C’est ce qu’on fera, on le soutiendra jusqu’au bout », a-t-il ajouté.
Avec autant de témoins, on se demande ce que la LCF fera pour sanctionner Reese.
« Je ne sais pas…, a répondu Alexander. Je me sens mal de raconter ça, mais ce n’est pas arrivé qu’une seule fois, il l’a fait à plusieurs reprises. »
« Je ne crois pas que la LCF puisse y faire quoi que ce soit », a répondu Maas qui laissera les dirigeants de l’équipe gérer ce dossier regrettable.
Durant les jours précédant la rencontre, on avait parlé de l’importance pour les Alouettes de bien contrôler leurs émotions. Cet incident a défi leur caractère, mais ils ont relevé ce défi.
« J’en ai parlé à l’attaque en début de semaine. J’avais rappelé que j’avais un peu perdu le contrôle de mes émotions dans les deux matchs qu’on s’est fait laminer. J’avais prévenu l’équipe que ce match serait intense émotivement. Je trouve qu’on a vraiment bien géré nos émotions », a conclu Alexander qui était heureux de pouvoir participer à la coupe Grey sans être ennuyé par une blessure.